Pauline Etcheverry - Narratrice
Pauline Etcheverry - Narratrice

Sous ce titre, voici ce que vous trouverez :

 

- Les trois "V" : Valises, Voyages, Vacances...(12/07/2018)

- Petites notions de myrmécologie. (13/05/2017)

- Les épines. ( 11/12/2016)

- Lettre à ma mère. (14/05/2016)  

- Le Mystère du cartable. ( 22/01/2015 )

- L'âne, célèbre vedette de la Crèche. ( 10/11/2015 )

- A propos d'Halloween. ( 20/10/2015 )

- Capitales insolites. ( 26/09/2015 )

- Bible et Poésie. ( 02/04/2015 )

- La reine Esther, une star à l'éclat sans fard. ( 28/02/2015 )

- Les Mains d'après Albrecht Durer ( 05/01/2015 )

- L'Amandier, ou "Mémoire d'un veilleur", ( 05/01/2015 )

 

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Les trois V

Valises...Voyages...Vacances.

 

" Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Ou comme celui-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné, plein d'usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

 

   Quand reverrai-je, hélas! de mon petit village

   Fumer la cheminée, et en quelle saison

   Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,

   Qui m'est une province et beaucoup davantage ?

 

   Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,

   Que des palais Romains le front audacieux :

   Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine,

 

   Plus mon Loire Gaulois que le Tibre Latin,

   Plus mon petit Liré que le mont Palatin,

   Et plus que l'air marin la douceur Angevine."

                                                        ( Joachim du Bellay )

 

-"V" comme VALISES : Aventures et Anecdotes liées aux valises.

 

  1° - Linda de Sousa :

 

La chanteuse portugaise bien connue Linda de Sousa a écrit son autobiographie intitulée "La valise en carton". C'est un livre poignant et très réaliste. Je vous livre quelques lignes de cet itinéraire hors du commun :

 

" Le carabinier nous a trouvés. Comme un fait exprès mon petit s'est mis à pleurer, parce que je venais de déraper sur une racine d'arbre... A vrai dire, je commençais à n'en plus pouvoir. Tenir l'enfant dans mes bras et porter la valise en même temps sur ces chemins pas très réguliers... J'étais épuisée. Tellement vidée, qu'au bout d'un moment, je me suis dit : "Tant pis pour la valise, je la laisse là !" Et j'ai jeté ce poids lourd pour mieux continuer ma route. "Nous passerons tous les deux, et peu importe le linge" pensais-je. C'est à ce moment-là que j'ai entendu le douanier. Il m'a vu avec le môme en larmes... Je lui ai expliqué, tant bien que mal, ce que je faisais là. II s'en doutait bien... Je devais avoir une tête terrible, une allure pitoyable... En tout cas, j'ai réussi à provoquer sa pitié.

- Vous n'avez pas de bagage ?

Je lui ai fait comprendre que j'avais jeté la valise à quelques centaines de mètres de là, parce qu'elle me pesait trop et que je ne pouvais plus avancer. Alors il a pris le petit dans ses bras et il a dit :

- Venez, nous allons rechercher votre valise...,

Avec lui, nous sommes revenus en arrière et nous l'avons récupérée. C'est lui qui l'a portée avec le petit. Il ne parlait que l'espagnol mais il était très bon, très humain. Nous nous comprenions sans avoir à parler. Il m'a remise dans la bonne direction :

- Vous n'avez qu'à marcher vers cette lumière qui brille là-bas,..

J'avais l'impression que la lumière qu'il m'avait indiquée était toute proche. Vous savez, lorsque vous voulez absolument aller quelque part, plus la lumière s'approche, plus elle est loin en réalité. C'est une impression d'optique... Alors j'avançais...j'avançais...c'était terriblement loin. Le petit pleurait beaucoup, moi je pleurais aussi... Je ne savais plus quoi faire. J'aurais voulu qu'une bonne fée agite sa baguette magique et nous transporte d'un coup à destination. Je trouve que nous aurions bien mérité ce miracle ! "

 

  2° - Les deux valises de la Tsarine Alexandra :

 

On connaît tous la fin tragique du Tsar Nicolas II et de Tsarine Alexandra. Exilés en Sibérie, ils sont autorisés à emporter deux valises. Elles étaient pleines de pierres précieuses. Tous ces bijoux en disparu, sauf les 19 livres de diamants et autres que l'on trouva sur les corps de la famille impériale après le massacre. Plus tard, on découvrit une des deux valises enterrée sous une cabane, elle contenait 150 pierres précieuses dont une broche de diamant de cent carats et un diadème de diamant de soixante quinze carats. Quant à la deuxième valise on ne sait où elle est.

 

  3° - La malle de Molière :

 

Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, est né à Paris en 1622 et à voyagé à travers toute la France avec sa troupe théâtrale. Il a fait un long séjour à Pezenas, dans l'Hérault. Cette ville l'honore avec sa statue et son musée.

Un article du "Monde Illustré" datant du 3 décembre 1898, relate le fait divers suivant :

" Un paysan conduisant une charrette attelée à un âne, s'arrête à Pezenas, devant la porte de la Bibliothèque Nationale. Il demande à parler au directeur en disant : " J'ai, chez moi, depuis des années, une grosse malle de papiers très vieux. Ce sont les papiers de Monsieur Molière. Il y a des lettres, des comptes, des pièces de comédie. Je viens demander au directeur, parce que cela m'encombre, plutôt que d'allumer mon feu, je viens les lui montrer pour quelques francs..."

La réponse est comique : " Les bureaux sont ouverts le jeudi de 3h. à 5h."

Avec quelque retard, les autorités s'inquiétèrent, et, ne voyant pas revenir le paysan, engagèrent force démarches pour le retrouver. En vain. Tous les documents avaient disparu."

 

- "V" comme VOYAGES :

 

Il existe plusieurs moyens de locomotion pour voyager. Mais parlons des "Chemins de Fer" qui ont défrayé la chronique pendant de longues semaines ce printemps dernier.

 

  1° - Mère Teresa :

 

Mère Teresa raconte une expérience vécue dans un train.

Elle avait déjà reçu un appel à devenir missionnaire et y répond en se rendant à Calcutta. Elle devient enseignante, et fait l'école à plus de 300 élèves. Elle prononce ses vœux définitifs en 1937, devient directrice d'école, et consacre une partie de sa vie aux bidonvilles. Le 10 septembre 1946 elle voyage en train entre Calcutta et Darjeeling, elle reçoit ce qu'elle définit comme "l'Appel dans l'Appel". Pendant qu'elle essaye de dormir, elle entend la voix de Dieu. Le message est clair. "Je devais sortir du couvent et aider les pauvres en vivant avec eux."

Mère Teresa parle de cette journée comme étant le jour de l'inspiration. Et elle ajoute : "Cette expérience est celle de l'Amour de Dieu qui veut aimer, mais aussi être aimé."

 

  2° - Incident survenu au Président Deschanel :

 

Le 25 mai 1920, parti par le train, de Paris pour Montbrison, le président de la République Paul Deschanel a

été victime d'un accident.

" Vers 10 heures, tandis que le train s'approchait doucement de Montargis, le président, que la chaleur incommodait, ouvrit la fenêtre. L'appui de celle-ci était à dessein très bas afin que le président fût aperçu de tous et répondît plus aisément aux acclamations populaires. Pris subitement d'un étourdissement, M. Deschanel, qui se trouvait seul dans son wagon présidentiel, perdit l'équilibre et, chose effroyable, tomba sur la voie !

Après qu'il eut roulé sur le talus, le président se releva, sans perdre, dans d'aussi extraordinaires conjonctures, sa présence d'esprit. M. Deschanel marcha le long de la voie et rencontra, par miracle, deux poseurs de rails:

- J'ai été pris d'une syncope, leur expliqua-t-il tranquillement, et je suis tombé sur la voie, Je vais même vous étonner bien davantage, je suis le président de la République en personne ! "

Stupéfaits, les braves cheminots accompagnèrent aussitôt le président à la maisonnette du garde-barrière de Mignerette. M. Deschanel demanda au chef de gare que l'on fit promptement transmettre à Montargis l'étonnante nouvelle.

Malheureusement, et pour des raisons demeurées encore mystérieuses, ce fut en vain que l'on multiplia les appels téléphoniques. Enfin, après de longues heures, employées en conversations stériles, le sous-préfet de Montargis reçut le télégramme suivant: " Brigadier poseur trouva sur la voie kilométrique 110/900 homme se disant Paul Deschanel, président de la République. »

Dans le train personne ne s'aperçut, puis ne crut, en la disparition du président avant l'arrêt de Roanne. L'accident, qui a failli coûter la vie à notre président, n'a été, par bonheur, que l'émouvante nouvelle d'un péril évité."

 

  3° - Citons deux grands voyageurs et explorateurs que furent Stanley et Livingstone.

 

Chargé de retrouver Livingstone dont on avait perdu la trace, Stanley partit de Zanzibar en janvier 1871.

Il avance péniblement; ni route, ni sentiers, ni ponts. Partout des joncs, des arbustes épineux. L'avant-garde, munie de sagaies, se taille avec peine un passage. L'ennemi guette partout : ici, des serpents venimeux, des scorpions, des moustiques; ailleurs, des tribus cannibales qui obligent Stanley à de longues palabres pour obtenir le droit de passage. Partout, une chaleur humide, étouffante, un soleil de plomb ou des pluies diluviennes, des marécages pestilentiels. Stanley tombe malade, il grelotte de fièvre, perd connaissance à plusieurs reprises. Mais dès qu'il se sent mieux, il fait reprendre la marche. Ses compagnons, découragés, ne veulent pas aller plus loin. Il est obligé de menacer, de se fâcher, de stimuler, d'encourager, de rendre aux autres un espoir que lui-même semble perdre de plus en plus. Rien pourtant ne l'arrête et devant sa fermeté, la troupe reprend sa lente progression. Décimé par la maladie, menacé par les fauves, le groupe poursuit sa mission. Mort ou vivant, Stanley veut retrouver Livingstone. Il continue sa recherche pendant neuf mois, et c'est le 10 novembre 1871 que_Stanley, sur l'indication de caravaniers, arrive avec sa suite à Oudjiji et aperçoit sur la place du village, un vieillard, pâle, épuisé, flottant dans une vieille veste de flanelle rouge et un vieux pantalon gris. Stanley, pâle lui aussi, mais d'émotion, avance lentement vers lui. Il a conscience de la grandeur de cette minute solennelle et émouvante. Il oublie fatigues, dangers, luttes car il a rempli sa mission. D'une voix étranglée il demande alors :

- Docteur Livingstone, je présume ?

- Oui.

- Je remercie Dieu qui m'a permis de vous rencontrer !

- Je suis heureux de pouvoir vous accueillir ici !

 

Ces quatre phrases, échangées entre deux hommes, au cœur de l'Afrique, constituent certainement un des documents les plus profondément humains qui soient; elles ont, lors de leur publication, bouleversé le monde entier. Cette rencontre est certainement l'un des événements les plus sensationnels du XIXe siècle.

David Livingstone meurt peu de temps après, sur cette terre d'Afrique qu'il aimait tant. Il était aussi missionnaire. Il s'efforça de combattre le trafic des esclaves et d'éduquer les populations rencontrées au cours de ses voyages. Il est enterré à l'abbaye de Westminster à Londres.

 

4° - Existe-t-il une façon chrétienne de voyager ?

 

Le Père Christian Delorme, prêtre à Lyon répond à cette question :

" Ils sont quelques couples à avoir l'habitude de voyager ensemble aux quatre coins du monde, ce que leur permet leur retraite d'anciens cadres ou d'enseignants. Je me suis trouvé par hasard à l'une de leurs soirées où ils font mémoire de ce qu'ils ont vécu, se montrant avec joie leurs films et photos. Leur dernière destination était la Birmanie. Je sens l'envie de me faire partager leur enthousiasme.

Pourtant je suis gêné. A aucun moment je ne les entends évoquer la réalité politique et sociale de ce pays, celle d'une des plus terribles dictatures du monde. Ils ont suivi les circuits proposés par l'agence touristique gouvernementale, utilisé les moyens de transports et les hébergements gérés par l’État, et ils n'ont pas eu conscience des violations des droits humains fondamentaux qu'on a bien su leur cacher. Me voilà donc un peu contraint de leur gâcher leur soirée ! Je leur dis ce que je sais de la Birmanie, l'un des pays les plus pauvres de la planète, même s'ils n'ont vu personne mourir de faim sous leurs yeux.

- Surtout je ne cherche pas à vous culpabiliser, leur dis-je, je voudrais seulement que vous ayez le souci, quand vous partez quelque part à l'étranger, de vous informer un peu de la situation réelle du peuple que vous allez rencontrer. Faire du tourisme doit contribuer à la rencontre des peuples, mais on peut aussi, hélas, servir des régimes injustes si l'on n'y prend garde !

 

Pouvoir voyager représente une chance fantastique. Mais il faut le faire intelligemment et, pourquoi pas, chrétiennement, c'est-à-dire en ayant véritablement le souci de faire du bien et non du mal.

Des Occidentaux qui partent dans des pays pauvres, même s'ils s'en défendent, se trouvent toujours dans un rapport de domination avec les « indigènes » qu'ils rencontrent. Il convient donc d'avoir la préoccupation d'alléger ce rapport dominant. En étant attentif à ce que vivent réellement les gens, en payant à un juste prix les services et les produits qu'on achète, en essayant de participer financièrement à telle ou telle Organisation non gouvernementale (ONG) locale de développement ou de solidarité."

 

- "V" comme VACANCES :

 

Chacun sait qu'en France, les premiers congés payés de 15 jours sont décidés par le gouvernement en juin 1936, ainsi que les 40 heures de travail hebdomadaire. Mais déjà, dans les années 1860, en Angleterre, Thomas Cook, créait la première agence en profitant du réseau ferroviaire, car il disait que le tourisme "serait une cure d'oxygène pour les ouvriers rongés par le travail et l'alcool". C'était la naissance du premier Tour-opérator.

Thomas Cook (1820-1890), ancien pasteur baptiste, s'emploie pendant de longues années à écouter et à aider les alcooliques pour faire triompher la tempérance. A l'heure où le chemin de fer révolutionne le monde des transports, Cook y voit un formidable moyen d'améliorer l'hygiène de vie du monde ouvrier, une bulle d'oxygène à la portée des petites bourses :

- Quelle magnifique chose ce serait de mettre le nouveau pouvoir des chemins de fer et des transports au service de la lutte contre l'alcoolisme, se disait-il.

Durant l'été 1841, Cook s'inscrit comme maître d’œuvre du premier voyage organisé. Pour seulement un shilling, 570 personnes prennent place à bord des voitures découvertes de troisième classe de la compagnie du rail du Midland, pour assister à un gala antialcoolique et à un pique-nique.

Cette journée remporte un franc succès. Thomas Cook y voit un encouragement à l'idée, qui, depuis quelques années, germe dans son esprit : la création de la première agence de voyage.

En 1855, grâce à l'Exposition internationale qui se tient à Paris, il atteint à la consécration. Ayant échoué dans sa tentative de négociation avec les compagnies maritimes qui contrôlent le trafic sur la Manche pour obtenir des prix réduits, il ne se démonte pas et organise le premier circuit touristique en Europe via Bruxelles, Cologne, le Rhin, Heidelberg, Baden-Baden, Strasbourg et Paris.

En 1867, 20 000 voyageurs ont eu recours à ses services pour se rendre à l'Exposition universelle de Paris.

 

- "V" comme : Venez avec moi...

 

  " J'ai pris le train ce matin,

    Le train des amis, le train de la vie,

    J'ai pris le train ce matin,

    Le train du bonheur, le train du Seigneur.

 

    Entrez dans la ronde,

   Venez avec moi

   Pour ce tour du monde de la Joie...

 

   Pauvres de la terre

   Ne restez pas là

   Car dans la lumière, ce train conduira...

 

   Laissez vos bagages

   De banalité,

   Pour ce beau voyage vers la Liberté....

 

   Nous aurons la vie

   Éternellement,

   Montez je vous prie, ce train vous attend..."

                                                               ( auteur inconnu )

 

 

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Petites notions de Myrmécologie

 

   Assise sur un banc, une belle soirée d'été, j'observe le va et vient de deux fourmis qui montent et descendent d'une petite plante. Elles font tomber de minuscules graines, les récupèrent au pied de l'herbe, et les transportent à un mètre plus loin, dans leur fourmilière.

Comme elles ont "cueilli" entièrement la petite brindille, je décide de trouver plus loin la même plante et la remets à la place. Le lendemain, toutes les graines avaient disparu. Alors, pour les "aider" un peu, je replace d'autres branches juste à l'entrée de la fourmilière. Ces travailleuses infatigables ont "apprécié" ce geste et ont engrangé toutes les graines mises à leur disposition...

Un soir, en allant vers ma maison, presque à la tombée de la nuit, je suis émerveillée par une procession de fourmis. Chacune, portant un œuf, traversait la route sans crainte d'être écrasées par les voitures, elles allaient jusqu'à un arbre situé de l'autre côté. Alors j'ai voulu en savoir plus sur ces petites "maîtresses" d'école de la vie car je me suis rendue compte de mon ignorance, comme Maurice Maeterlinck, qui a écrit "La vie des fourmis":

" En croyant tout savoir, nous ne savons presque rien, et le peu que nous apprenons nous montre d'abord tout ce qu'il nous reste à apprendre."

Beaucoup de personnes ont écrit sur les fourmis, ce sont des "myrmécologues". Le plus célèbre d'entre eux est Réaumur, naturaliste et physicien, sans oublier Buffon, Montaigne, Michelet, etc.

 

- Généralités:

   Sur tous les continents, on a pu répertorier environ 12000 espèces de fourmis. Elles sont abondantes sous les tropiques, mais absentes en Antarctique. En France on en connaît 2000 espèces.

 

- Les fourmilières:

  Ce sont différentes loges reliées entre elles par des galeries de circulation. Chaque loge est utilisée pour des activités particulières comme chambre d'incubation des œufs et d'élevage des "bébé fourmis". A l'extérieur on peut observer des "dômes" qui sont faits de la terre extraite des galeries creusées. Parfois ces dômes sont faits de brindilles ou d'aiguilles de conifères. Il y a aussi une espèce de fourmi qui "agrafent" des feuilles entre elles pour en faire des nids moelleux. Ce sont les fourmis "tisserandes". Dans les maisons, elles peuvent se loger dans les plafonds, les poutres, etc.

 

- Différentes "castes":

1 - Les gardiennes, ou "soldats": Elles sont un peu plus grandes que les autres, et ont une tête plus grosse, bien qu'issues de la même reine. Elles sont postées à l'entrée de la fourmilière.

2 - Les ouvrières s'occupent de toute les taches matérielles au sein du nid. Elles sont nourrices, récolteuses, maçonnes, nettoyeuses, etc.

3 - Les fourmis volantes : Elles seules sont sexuées et garnies d'ailes. Elles participent au "vol nuptial" et sont chargées de fonder de nouvelles fourmilières. L'accouplement a lieu "en l'air". Les femelles sont les futures reines, les mâles meurent après cet acte "héroïque". Il n'y a pas de roi.

4 - La reine : Elle est seule à pondre les œufs qui seront fécondés dans la fourmilière. Elle est de grande taille, un gros abdomen, et le thorax légèrement bossu.

 

- Nourriture:

   Ce sont les ouvrières qui apportent la nourriture. Chacune doit apporter pour 5 à 10 autres fourmis. Ce sont souvent des graines mais aussi de la viande, du nectar de fleurs, des fruits et des champignons qu'elles cultivent.

Elles se nourrissent aussi du miellat des pucerons qui sont un peu leur "vaches à lait". Ces pucerons qui se nourrissent de la sève de certaines plantes, rejettent un jus sucré dont les fourmis sont friandes. Le jabot des fourmis s'en remplit, et d'autres congénères peuvent s'en nourrir. Ce sont les fourmis "pots de miel".

 

- Que nous enseignent les fourmis ?

   1° - L’entraide: C'est Maurice Maeterlinck qui a écrit: "Si une fourmi découvre un brin de paille qui peut être utile, elle va et vient pour le faire comprendre aux autres." Elles achèvent un ouvrage commencé. Certaines fourmis s'entassent dans le creux d'un chemin pour l'aplanir et permettre aux autres de passer plus aisément. Le grand secret de l'harmonie qu'on admire dans ces "républiques" de fourmis, c'est l'affection réciproque, sans parler de l'amour qu'elles portent à leur larves. C'est la "République des Mères", on ne trouve nulle part ailleurs un amour maternel aussi magnifique.

   2° - Générosité: On a parlé, précédemment, de la "poche" ou jabot social. C'est une outre destinée à la collectivité. Bien que La Fontaine dise que la fourmi n'est pas prêteuse, la fourmi donne, et tout ce qu'elle amasse est pour la communauté.

   3° - Utilité: Il est désagréable d'avoir des fourmis qui entrent par une porte-fenêtre, mais il faut se rappeler qu'elles se nourrissent aussi d'insectes malfaisants et font œuvre d'assainissement et de purification.. Elles complètent donc le nettoyage des os des bêtes qui meurent dans les forets.

 

En conclusion, disons encore que les fourmis possèdent une glande qui fournit l'acide formique. L'homme s'en sert pour préparer d'excellents remèdes.

 

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Les épines, à quoi servent-elles ?

 

Le titre de cette causerie est tiré du livre du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry.

Le Petit Prince demande à l'auteur si les moutons mangent les fleurs et celui-ci lui répond qu'un mouton mange tout ce qu'il rencontre.

- Même les fleurs qui ont des épines? Alors les épines, à quoi SERVENT-ELLES ?

 

Cette causerie va essayer de répondre à cette question.

 

1° - Voici quelques citations ou expressions se rapportant aux épines :

- "Si tu sèmes des épines, évite de marcher pieds nus." (proverbe italien)

- "L'optimiste regarde la rose et ne voit pas les épines, le pessimiste regarde les épines et ne voit pas la rose." (proverbe arabe)

- "La plus belle rose dure un jour, l'épine dure toute la vie." (Alexandre Dumas, père)

- "Il n'y a que la main d'un ami qui arrache l'épine du cœur." (Adrien Helvetius)

- "C'est parfois une épine cachée et insupportable que nous avons dans la chair, qui nous rend difficile et dur avec tout le monde." (Paul Valéry)

 

2° - Anecdote vécue :

Il y a quelques années, j'ai assisté à une fête, en Italie du Sud, dans ma ville natale. C'est la fête de la "Sainte Épine". Pendant quatre jours, un groupe de théâtre met en scène un événement historique. Cela se passe au Moyen Âge, au moment des Croisades. Charles d'Anjou, fils de Louis VIII et de Blanche de Castille, est nommé Prince de la région de Naples. Il se montre d'une très grande cruauté et ses soldats suivent son exemple en usant de violences envers les habitants. Il part ensuite aux Croisades. À son retour, pour se faire pardonner de ses méchantes actions, il aurait ramené de Jérusalem, deux épines de la Couronne du Christ, dont il aurait fait cadeau à la ville d'Ariano. Ces deux épines seraient conservées dans l'évêché de cette ville. Toute la fête, donc, se déroule autour de cet événement.

 

3° - Un peu de botanique :

Les épines sont des feuilles qui ont abandonné leur rôle photosynthétique pour se spécialiser dans la défense de la plante. Elles sont aussi un moyen de protection contre le froid ou la chaleur. Grâce à ses épines la rose possède plus de surface exposée à l'air libre et peut, ainsi réguler sa température et résister aux agressions atmosphériques. Cela est valable aussi pour les ronces, les cactus, les acacias, etc.

Dans un champ inculte ou abandonné, les épines poussent spontanément, ce sont des graines apportées par le vent.

Sur le Causse, on trouve beaucoup de chardons et, en particulier, la cardabelle appelée, aussi "le baromètre du berger" car elle se ferme au moment où il va pleuvoir. Dans cette région, on la trouve parfois sur les portes des fermes en guise de porte-bonheur.

 

4° - Les épines dans la Bible :

Dans le livre de la Genèse, au moment où Adam et Ève sont chassés du jardin d’Éden, Dieu dit: "Le sol sera maudit a cause toi. Il reproduira des épines et des ronces." (Genèse 3:18)

Il y a aussi des prophéties concernant certains pays, ou des sites bien connus, qui étaient très florissants et qui ne sont plus que des ruines actuellement: "Les épines croîtront dans ses palais, les ronces et les chardons dans ses forteresses." (Esaie 34:13)

Nous trouvons deux paraboles qui parlent de ce sujet:

- Une dans le livre des Juges 9: 8 à 15:

" Les arbres partirent pour choisir un roi et le mettre à leur tête. Ils dirent à l'olivier: Règne sur nous. Mais l'olivier leur répondit: Renoncerais-je à mon huile... Et les arbres dirent au figuier: Viens, toi, règne sur nous. Mais le figuier leur répondit: Renoncerais-je à ma douceur et à mon excellent fruit... Et les arbres dirent à la vigne: Viens, toi, règne sur nous. Mais la vigne leur répondit: Renoncerais-je à mon vin... Alors tous les arbres dirent au buisson d'épines: Viens, toi, règne sur nous. Et le buisson d'épines répondit aux arbres: Si c'est de bonne foi que vous voulez de moi pour votre roi, venez, réfugiez-vous sous mon ombrage; sinon, un feu sortira du buisson d'épines, et dévorera même les cèdres du Liban."

Le buisson d'épines est le symbole de la vanité et de la confiance en soi mal placée, et de l'orgueil de certaines personnes qui se lancent dans des taches pour lesquelles elles ne sont pas à la hauteur.

- L'autre est rapportée dans l'Évangile de Matthieu 13: 4 à 9:

  • " Un semeur sortit pour semer. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin: les oiseaux vinrent, et la mangèrent. Une autre partie tomba dans les endroits pierreux, où elle n'avait pas beaucoup de terre: elle leva aussitôt, parce qu'elle ne trouva pas un sol profond; mais, quand le soleil parut, elle fut brûlée et sécha, faute de racines. Une autre partie tomba parmi les épines: les épines montèrent, et l'étouffèrent..."

Jésus parle ici des épines qui étouffent la bonne semence et l'empêchent de se développer. Et il explique qu'elles représentent les soucis de la vie, la course au succès ou à l'argent.

 

Conclusion :

1) - Les épines qui poussent spontanément :

Elles sont semblables à notre propre nature humaine. Saint Paul n'a-t-il pas écrit dans son épître aux Romains, chapitre 7 : "Je trouve en moi cette constatation: quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi, je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas. Mais grâce soit rendue à Dieu qui me donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ."

 

2) - Les épines qui sont apportées par le vent :

Ce sont les préoccupations de toutes sortes, les soucis, la maladie, ou les échecs. Parfois, c'est la négligence.

On raconte une anecdote à ce sujet: Autrefois, dans certains petits villages d'Afrique, les gens allaient à pied à l'église ou dans un lieu de culte. Leur passage fréquent traçait un passage visible. Quand certaines personnes ne venaient plus, les herbes envahissaient le sentier. Alors un frère, bienveillant, venait rendre visite à cet ami en lui disant: "Frère, les épines poussent sur ton chemin !"

 

Comme l'exprime le prophète Jérémie, nous sommes appelés à nous "défricher un champ nouveau et à ne pas semer parmi les épines". ( Jérémie 4:3)

Parfois nos déceptions et nos souffrance se changent en rancunes et il nous est difficile d'oublier et de pardonner. Ce sont autant d'épines qui nous empêchent de nous épanouir et de vivre sereinement. Les soucis de la vie de tous les jours aussi sont bien présents, et nous enlèvent la paix. Alors abandonnons-les, et rejeton les rancunes en accordant le pardon. J'ai souvent expérimenté cette parole de la Bible: "Déchargeons-nous sur Jésus de tous nos soucis car lui-même prend soin de nous."

 

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A l'occasion de la Fête des Mères, il m'a semblé intéressant de partager ces extraits de lettres d'auteurs bien connus qui écrivent à leur mère.

 

Ernest Hemingway - 1918

Ma chère Mère,

Je viens juste de recevoir ta lettre. Mais à présent sèche tes larmes, et rassérène-toi.

Ne te fais pas de mauvais sang. Ne pleure pas et ne te tracasse pas à l'idée que je ne suis pas un bon chrétien.

Je le suis tout autant que toujours : je fais ma prière tous les soirs, et je crois juste aussi dur.

Alors, rassérène-toi.

Le fait que je sois un joyeux chrétien ne devrait pas te tracasser. La raison que je ne vais pas au culte le dimanche est que je veux terminer mes articles, et je travaille jusqu'à 3h ou 4h du matin. Et le dimanche je ne me lève qu'à 12h30. Tu vois, ce n'est pas parce que je ne le veux pas. Je ne parle pas avec enthousiasme de la religion, mais je suis un chrétien aussi sincère que possible. Je crois en Dieu et en Jésus-Christ, et j'espère en une vie future.

Alors, rassérène-toi, car, tu vois, je ne me laisse pas aller comme tu le dis.

Affectueusement,

Erny

 

Antoine de St Exupéry - La Mars a 1943

Maman chérie,

II est tellement, tellement triste ce long hiver. Cependant j'espère si fort être bientôt dans vos bras, ma vieille maman, ma petite maman, ma tendre maman, au coin du feu de votre cheminée, à dire tout ce que je pense, à discuter, en contredisant le moins possible.

Et surtout à vous écouter parler, vous qui avez raison dans toutes les choses de la vie.

Ma petite maman, je vous aime.

Antoine

 

André Gide - Lausanne 7894

Maman chérie,

Je sais que tu es maintenant à nouveau toute seule.

J'ai peur que tu n'aies un peu froid près du cœur, et je veux t'écrire pour que tu sois moins triste, et pour te dire combien je t'aime tendrement.

Il me semble que mon affection me fait si bien comprendre toutes les pensées grises qui doivent te chagriner. Je voudrais que cette lettre les chasse.

Chère maman, au revoir. Je t'aime plus que tu ne saurais le croire.

Je suis ton enfant chéri.

André

 

Arthur Rimbaud - Adieu, Avril 1882

Chère Mère,

Je vois avec plaisir que tu t'es remise, et il faut te rassurer de ce côté. Inutile de se noircir les idées tant qu'on existe.

Quant à mes intérêts dont tu parles, ils sont minces mais je ne me tourmente pas à ce sujet.

Qui pourrait me faire tort à moi qui n'ai rien que mon individu ? Un capitaliste de mon espèce n'a rien à craindre de ses spéculations, ni de celles des autres.

Excuse-moi d'avoir passé un mois sans écrire. J'ai été harassé de toutes sortes de travaux. A l'avenir, je n'oublierai plus de t'écrire par chaque poste. Beau temps et bonne santé.

Tout à toi,

Arthur

 

Charles Baudelaire

Chère Maman,

Je te remercie pour le paquet. Les cinquante francs sont maternels, mais les mouchoirs sont un trait de génie.

J'eusse été bien heureux de trouver dans le paquet un mot de toi. Mais peut-être as-tu voulu me punir et me faire penser que je te négligeais trop souvent ? Je ne veux pas te fatiguer ou t'ennuyer avec mes chagrins. Qu'il te suffise de savoir que jamais une journée ne s'écoule sans que mes yeux se tournent vers ta cabane. Quel vide autour de moi. Quelle noirceur ! Mais quelles ténèbres morales et quelles peurs de l'avenir !

Je t'embrasse et je t'aime.

Charles

 

Hudson Taylor - Mars 1852 (au moment où son projet de partir comme missionnaire en Chine se précise)

Ma chère Maman,

Ne te laisse troubler par rien au monde. Tu serais bien plus inquiète si je me détournais de l'œuvre missionnaire à laquelle le Seigneur m'a appelé.

Quant à ma santé, je pense que jamais de ma vie, je n'ai été aussi bien et plein d'entrain. Le temps froid me donne de l'appétit...

J'ai trouvé des biscuits bruns qui sont aussi bon marché que le pain et bien meilleurs. Le matin, je prends des biscuits et du hareng... A midi, je mange des pommes de terre et de la langue qui n'est pas plus chère qu'une autre viande.

Je m'étends sur ces sujets parce que je sais qu'ils t'intéresseront et te rassureront peut-être.

Continue à prier pour moi, ma chère Maman, il me tarde d'être missionnaire pour apporter la Bonne Nouvelle aux pécheurs qui périssent, et de me dépenser pour Celui qui est mort pour moi.

 

(Lettres extraites de "Ma chère Maman" - Éditions Gallimard)

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Le Mystère du cartable

 

Nous nous souvenons tous de notre joie et de notre fierté lorsque nous arrivions dans la cour de l'école le premier jour de la rentrée, vêtements dernier cri, chaussures reluisantes, et surtout cartable flambant neuf... Mais déballons ensemble tous les objets que nous transportions dans notre mystérieux cartable.

Le cahier :

Nous avons tous tracé nos premiers bâtons et fait nos premières additions sur ces cahiers striés de lignes violettes que l'on ne se résout pas à jeter et que l'on retrouve, des années plus tard, au fond des greniers.

Les plus fameux d'entre eux portent le joli nom de « Claire-fontaine » .

Etival-Clairefontaine est un petit village vosgien. Haut lieu du papier dès le XVème siècle, il est devenu la capitale du cahier d'écolier depuis le XIXème siècle. Les ateliers des papeteries ont été fondés en 1858 par Jean-Baptiste Bichelberger. Dès 1899, une partie de la production de papier est transformée en enveloppes (500 000 par jour) et en cahiers d'écoliers, dont la demande est de plus en plus grande avec l'obligation de l'école primaire pour tous les enfants.

La gamme des cahiers Clairefontaine que nous connaissons aujourd'hui a été créée en 1951 par Charles Nusse. Le format 17 x 22 n'a jamais changé. Le logo, symbole de la maison, était à l'origine orienté sur le thème des fontaines; il a abouti à l'image de « Rébecca versant la cruche » ( La Bible, Genèse 24 / 15 et 16 ) inscrit dans un triangle. Jusqu'en 1954, les cahiers étaient maintenus par trois agrafes: les spirales les ont en grande partie remplacées.

Connaissez-vous l'histoire du crayon ?

Utilisé pour régler le parchemin, le poinçon de mental fut remplacé par une tige de plomb à la fin de l'Antiquité. Au Moyen Age, on se servait encore d'une tige de plomb enrobée de cuir toujours pour régler le papier, usage qui fut abandonné vers 1420.

A la fin du XVème siècle, après la découverte des gisements de plombagine ou graphite dans le comté de Cumberland (Angleterre ), apparurent les crayons de plombagine rendue plus solide en les entourant de bois.

Au XVIIIème siècle, les écoliers devaient avoir « des cahiers propres et réglés avec du plomb ou du crayon ». Sous la Révolution, la plombagine ne pouvant plus être importée d'Angleterre, le Comité de salut public invita le créateur de l'aérostation militaire, Nicolas-Jacques Conté à la remplacer. Il créa le crayon en bois dont la mine était constituée d'un mélange d'argile et de carbure de fer, crayon qui porte toujours son nom.

Les crayons Caran d'Ache :

De son vrai nom Emmanuel Poiré, Caran d'Ache, né à Moscou en 1858, était le petit-fils d'un soldat de Napoléon 1er. Tout jeune, il vient en France réclamer sa nationalité d'origine. Là, il collabore à divers journaux et devient rapidement célèbre pour ses dessins et illustrations: on lui doit en particulier la fameuse « Épopée », récit graphique des victoires napoléoniennes. Il meurt à Paris en 1909.

Son pseudonyme vient du Russe « Karandache », qui signifie... crayon. C'est pourquoi un de ses fervents admirateurs, Arnold Schweitzer, a donné en 1924 le nom de Caran d'Ache à sa fabrique de crayons.

Dès sa première année d'existence, la société Caran d'Ache enregistre un premier succès international avec la sortie des crayons de couleur Prismalo. En 1929, elle dépose le brevet du premier crayon métallique à pince: le fixpencil. Aujourd'hui, la société est toujours spécialisée dans les articles de couleur haut de gamme. Elle fabrique aussi des objets personnels de prestige.

La gomme :

La gomme fut inventée, croit-on, au milieu du XVIIIème siècle par un nommé Magellan (1722-1790), physicien portugais qui a perfectionné de nombreux instruments de physique et d'astronomie.

Préparation à base de caoutchouc servant à effacer les traits de crayon ou de plume, la gomme fut mentionnée pour la première fois par le chimiste anglais Priestley en 1770. Bien que le terme caoutchouc fut couramment employé jusque vers 1850, on trouve déjà mention du mot "gomme" dans une encyclopédie de 1778.

Avez-vous déjà écrit avec une plume d'oie ? Connaissez-vous son histoire ?

Avant d'être en métal, les plumes furent de vraies plumes. Dès le haut Moyen Age, on avait compris que les oiseaux portaient sur eux d'excellents outils d'écriture: pour les traits gras, le vautour et l'aigle, pour les mains lourdes, la dinde et le cygne, pour les tracés fins, le corbeau et le canard...

Seules conviennent dix plumes : cinq rémiges ( ou pennes ) à chaque aile. Point besoin de tuer l'oiseau, il suffit de les arracher et elles repoussent !

Pendant des siècles, la plume d'oie fut dans toutes les mains, simple et résistante, le tuyau bien rond. Issue de la basse-cour, elle était aussi plus facile à récolter. Mais la demande était telle que les oies élevées en Europe occidentale ne suffirent plus. En 1840, il fallut importer jusqu'à cent tonnes de plumes depuis les pays slaves.

Avant d'être trempées dans l'encrier, les plumes d'oie devaient subir un dégraissage dans la cendre ou le sable chaud. Puis elles gagnaient à vieillir un an, pendant lequel elles prenaient une belle teinte jaune. Ensuite venait l'opération délicate de la taille.

Et voici maintenant l'histoire de l'encre :

Écrire implique nécessairement une pointe et un support. Si ce dernier est léger, voire fragile, la pointe devient plume. Pour tracer, elle agit en déposant une matière plus ou moins liquide: l'encre.

Ce sont les Chinois qui ont inventé l'encre, environ 2500 ans avant J-C. Elle était fabriquée à base de fumée, de colle et de substances aromatiques. On a également découvert dans des sépultures égyptiennes, des papyrus couverts d'écriture à l'encre noire ou rouge, tracée au calame (roseau) et même à la plume.

Les scribes se sont ingéniés pendant des siècles à composer des recettes pour conserver le trésor de l'écrit et du savoir. Additionnées de résine ou de gélatine, les encres anciennes étaient plus épaisses. On y mêlait des décoctions d'écorces mélangées, et acides ferreux. Le bistre des manuscrits médiévaux était composé de suie de cheminée broyée dans du vinaigre, puis portée à ébullition et liée avec de la gomme arabique. Quant à la sépia, très en vogue sous la Renaissance, c'est tout simplement de l'encre de seiche.

Au XIXème siècle, pour ne pas corroder ni empâter les plumes de métal, on eut recours à des encres plus fluides, composées de colorants tirés du goudron de houille.

Connaissez-vous la plume " Sergent-Major " ?

Comme on l'a vu, les plumes d'oie sont parfois difficiles à tailler et surtout résistent mal à l'humidité. La révolution industrielle va pallier à ces manques.

C'est à Birmingham ( Angleterre ), que naît, vers 1830, l'industrie de la plume métallique. Après plusieurs décennies de recherches et de perfectionnements, les petits triangles d'acier cambré, fendu et poli, envahissent les bureaux et les écoles pour répondre aux besoins d'une société en pleine mutation.

La France venait d'essuyer la défaite de 1870, et c'est pour encourager les écoliers à ne pas oublier l'armée que la Compagnie Française de Boulogne-sur-mer appela ses plumes "sergent-major" qui furent imposées aux écoles de 1881 à 1950. Ainsi, chaque boite de plumes se trouva décorée d'une scène de bataille illustrant les grandes victoires françaises avec Vercingétorix, Napoléon, Bayard, La Fayette....

D'autres noms et d'autres formes furent inventés, ainsi apparurent les plumes Caporal, Baïonnette, Officier, Gauloise, Cocarde,...En 1966, il existait encore 50 modèles de plumes différents.

Le "stylo-encre" :

Nul ne sait exactement à quand remonte l'idée révolutionnaire d'adjoindre à la plume une réserve d'encre.

Dans ses Mémoires, la Grande Catherine de Russie note qu'elle s'est servie d'une "plume sans fin" en 1748. C'est un courtier en assurance, l'américain Lewis Waterman qui invente en 1884 le premier stylo digne de ce nom. Il obtient le brevet de ce qui va devenir : le Waterman. Pendant la guerre 1914-1918, Waterman lance une publicité baptisant le stylo "l'Arme de la paix" qui va marquer un tournant dans le marché du stylo. Le courrier prend de l'ampleur entre les soldats et leurs familles. Cadeau peu encombrant, rare objet civil que l'on emporte dans les tranchées, il concrétise un lien affectif avec l'extérieur, mais aussi l'évasion, loin de la boue et des obus.

Le système à cartouche d'encre fut inventé par M. Perraud, directeur de Jif-Waterman, et breveté en 1935.

Une invention récente : le stylo à bille.

Le stylo à bille fut inventé en 1938 par le hongrois Laszlo Biro grâce à l'utilisation d'une encre à séchage rapide et d'un système utilisant une bille métallique à la place de la plume. Ce procédé fut vite adopté dès 1943 par les pilotes anglais qui résolvaient ainsi le problème de l'écriture en haute altitude.

En 1953, le baron français Bich met au point à Clichy, un procédé de fabrication industrielle des stylos à bille, faisant ainsi baisser très fortement son coût de fabrication. Le "Bic" venait de naître. Longtemps interdit dans les écoles, et boudé par les puristes qui lui préfèrent la plume, il est entré officiellement dans les mœurs, les écoles, les facultés et même les ministères, depuis de nombreuses années.

 

Extrait du Journal d'Anne Frank ( 1947 ) : " Ode à mon stylo "

" J'ai reçu mon stylo lorsque j'avais neuf ans.

Il est arrivé, enveloppé d'ouate, dans un petit colis postal avec la mention "échantillon sans valeur".

Il a fait du chemin : il venait d'Aix-la-Chapelle, d'où me l'envoyait Grand-Mère, ma bonne fée.

Le glorieux stylo, blotti dans son étui de cuir rouge, faisait l'admiration de toutes mes amies.

Moi, Anne Frank, je pouvais être fière, car enfin je possédais un stylo.

A l'âge de dix ans, on me permit de l'emporter à l'école et l'institutrice consentit à ce que je m'en serve.

A onze ans, mon trésor resta à la maison, car l'institutrice de sixième se tenait rigoureusement au règlement des porte-plume et encriers d'écoliers.

A douze ans, au lycée juif, mon stylo rentrait en fonction avec d'autant plus d'honneur et d'authenticité qu'il était enfermé dans un nouvel étui à fermeture éclair, contenant également un porte-mine.

A treize ans, le stylo m'a suivi à l'Annexe, où depuis lors il a galopé comme un pur-sang sur mon Journal et sur mes cahiers.

Il achève son existence dans ma quatorzième année..."

 

" Mon cartable " par Pierre Gamarra

" Mon cartable a mille odeurs.

Mon cartable sent la pomme,

Le livre, l'encre et la gomme,

Et les crayons de couleurs.

Mon cartable sent l'orange,

Le bison et le nougat.

Il sent tout ce que l'on mange

Et ce que l'on ne mange pas :

La figue, la mandarine,

Le papier, l'argent ou l'or,

Et la coquille marine,

Et le bateau sortant du port,

Le cow-boy et la noisette,

La craie et le caramel,

Les confettis de la fête,

Et les billes remplies de ciel,

Les longs cheveux de ma mère

Et les joies de mon papa,

Le matin dans la lumière,

Et la rose et le chocolat. "

 

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L'ANE, célèbre vedette de la Crèche

 

Quelques expressions familières :

- Le Bonnet d'âne : C'est un bonnet de papier qu'on mettait sur la tête des mauvais élèves pour leur faire honte.

- Faire l'âne pour avoir du son : C'est faire le niais pour obtenir satisfaction

- Il y a plus d'un âne à la foire qui s'appelle Martin : plusieurs personnes qui portent le même nom ( Allusion à l'évêque Martin dont l'âne portait le même nom que son maître )

- Méchant comme un âne rouge : Être très méchant.

- Pont aux ânes : C'est une difficulté qui n'arrête que les ignorants.

- On ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif : On ne peut forcer quelqu'un à faire quelque chose contre son gré.

- Tomber de son âne : Découvrir des choses évidentes ( expression basque )

Deux pensées :

" Un âne qui travaille est une majesté en comparaison d'un homme qui ne fait rien." (Pasteur Charles Wagner )

" Un âne à deux pieds peut devenir général et rester un âne " ( Comtesse de Ségur )

Petites anecdotes :

- Poppée, la femme de Néron, avait, dit-on un caractère épouvantable et des exigences draconiennes pour ce qui concernait sa beauté. Ainsi, elle exigeait qu'on lui prépare chaque jour un bain de lait d'ânesse pour lequel il fallait traire trois cents de ces animaux.

- On raconte que le roi Louis XI estimait beaucoup cet animal et que, mécontent des fausses prédictions de ses astrologues, il voulait les remplacer par celles d'un âne !

 

I - Faisons connaissance :

L'âne, c'est d'abord un regard doux, attentif, confiant. Les ânes ont toujours été les serviteurs fidèles de l'homme, que ce soit au fond des mines, à la campagne, ou dans les pays les plus pauvres.

Il y a une dimension tragique dans le destin de l'âne, comme si toujours, et de tout temps, on l'avait comparé au cheval, son éternel rival.

Les ânes, malheureusement, ont peu à peu disparu de nos campagnes. Ils ont sombré dans l'oubli au cours du XXème S. Fort heureusement, des associations se sont créées, et des éleveurs passionnés se sont battus pour sauver des races en voie d'extinction, comme l'âne du Poitou, ou le grand noir du Berry. De même on découvre les promenades à dos d'âne pleines de charmes et d'imprévus.

1°) - L'ânon :

Aussitôt né, l'ânon est reniflé et léché par sa mère. Par ces premiers signes elle va l'aider à se mettre sur ses pattes. Puis, le nouveau né cherche lui-même la mamelle pour boire le colostrum, un premier lait riche en anticorps. Doué d'un gros appétit, l'ânon boit 3 à 6 litres de lait par jour.

Jusqu'au sevrage, mère et petit forment un couple inséparable. Elle le guide et lui apprend, à son contact, les plaisirs de brouter. Le sevrage se fait vers 6 mois, âge où l'ânon peut se débrouiller tout seul.

A peine levé, l'ânon est prêt à prendre la fuite. Cette précocité remonte à la nuit des temps, quand ses ancêtres africains devaient prendre la fuite devant les prédateurs.

L'ânon est très joueur, curieux et insouciant.

2°) - L’Âne :

De grandes oreilles, un long museau, des jambes robustes, donnent à l'âne une anatomie unique.

Ses oreilles couvertes de poils et particulièrement mobiles, sont de formidables récepteurs et témoignent de sa vigilance. Un long nez, des naseaux serrés, une tête allongées propre à de nombreux équidés, ne se confond pourtant avec aucun autre. Ses membres secs et solides sont parfois marqués de zébrures horizontales (Une fantaisie de la nature sans doute).

Le poids de l'âne peut varier de 70 Kg pour l'espèce naine à 480 kg pour un baudet du Poitou.

Sa colonne vertébrale lui fait un dos saillant idéal pour le bât.

3°) - Caractère :

Têtu ? Ce qualificatif est un peu court pour parler du caractère de l'âne. Il est paisible par nature, s'éduque mais ne se dresse pas à la différence du cheval. Il est entier, et les facettes de son tempérament sont diverses. L'odorat et l'ouïe constituent ses meilleurs atouts. Il est émotif. Un bruit inhabituel, un geste brusque, un éclat de lumière, et l'âne va se figer. Mais il est aussi obstiné, et ce trait de caractère le prédispose à l'endurance, qualité propre à

un champion. Ne dit-on pas "Un âne ne trébuche pas deux fois sur la même pierre" ?

L'âne a un solide appétit. Sa bonne dentition lui permet de faire bombance de chardons et de ronces. Quatre à cinq ânes peuvent se partager un pré de 10 000 m2, et chacun peut brouter en moyenne 8 kg de verdure par jour.

Il aime la compagnie de ses semblables. Il est arrivé que des ânes pouvaient mourir de solitude.

4°) - Ses origines lointaines :

Même si leur origine commune est très lointaine, l'âne de Nubie, celui de Somalie, l'hémione, l'onagre, le kiang et le koulan, continuent à partager des horizons semblables : ceux de l'Afrique pour les uns, les steppes de l'Asie pour les autres. De récentes études attribuent aux ânes de Nubie et de Somalie la paternité des ânes européens.

5°) - Les ânes des provinces françaises.

- Le grand noir du Berry doit son nom à sa grande taille et à son élégante robe unie. Il ne ressemble à aucun autre.

- Le bourbonnais a longtemps trottiné sur les chemins de l'Allier, et porte une bande cruciale de poils foncés dite Croix de St André.

- L'âne des Pyrénées, appelé aussi "Le Catalan" est très bon trotteur.

- L'âne corse peut être gris ou noir, réputé très têtu.

- Le baudet du Poitou, ancêtre des races asines, se reconnaît à ses longs poils broussailleux. On dit qu'il est le "Roi des ânes".

- Le Gris de Provence bénéficie depuis peu de la reconnaissance des haras nationaux. Cette reconnaissance est intervenue deux ans après le premier rassemblement des ânes à St Rémy de Provence en 1993.

- L'âne Normand, à la robe foncée, présent aussi dans les pays de la Loire, vient de se voir reconnu par le Ministère de l'Agriculture.

 

II - L'Âne en vedette :

1°) - La légende des ânes qui volent :

Cela se passe dans un village du Var : Gonfaron.

En 1645, Saint Quinis visita le village. Ordre avait été donné à chacun de nettoyer le devant de sa porte pour le passage du Saint. Un habitant du village refusa de balayer les ordures accumulées devant sa maison, et décréta que le Saint homme devrait voler au-dessus de ses immondices. Puis il monta sur son âne et s'en alla dans la montagne avec mépris. L'âne glissa, fit un vol-plané, et atterrit dans le fond d'un ravin. Tout le village prit cet incident comme une punition du Saint. Depuis, Gonfaron est réputé pour être le village où les ânes volent.

2°) - Récit authentique du voyage au travers des Cévennes avec un âne, par Stevenson.

En 1875, un ingénieur écossais du nom de Stevenson, entreprend de faire un voyage à travers les Cévennes avec son âne. Il cherche à mettre une distance entre le monde et lui. Étant d'origine calviniste, il choisit cet itinéraire qui l'amènera sur les pas des camisards. Comme bagages, il emportera un revolver, un réchaud à alcool, un bonnet de fourrure, un sac de couchage et un fouet pour battre les œufs. Pour porter tout cela, une gentille ânesse : Modestine. Il part de Monestier-de-Clermont dans la Haute-Loire le 22 septembre et arrive le 4 octobre à St-Jean-du-Gard après avoir fait 190 km à travers les montagnes cévenoles. Le récit est amusant et pittoresque, ponctué d'étapes auprès des paysans cévenols, et rythmé par l'allure lente et sereine de Modestine.

3°) - Présence de l'âne dans la crèche de Noël :

Le premier document connu montrant un âne dans la crèche date de l'an 340. Au Moyen Age, la foi populaire attribuait à St Augustin, dans son sermon de Noël, une louange à l'âne, et l'idée naquit de l'associer à la célébration de la nativité. A Rouen, et dans bien d'autres villes, un âne faisait triomphalement son entrée dans l'église la veille de Noël.

A Beauvais, c'était une très belle jeune fille, portant un enfant dans ses bras qui pénétrait dans l'église sur un âne. La messe commençait et le premier hommage commençait. Les prières se terminaient toutes par "Hi-han !", et à la fin de l'office le prêtre lançait trois "Hi-han !" auxquels les fidèles répondaient par "Déo Gratias, Hi-han !". A force de Hi-han, la messe n'avait plus la dignité requise. Certains s'en offensèrent, tant et si bien que l’Église interdit cette célébration qui partait pourtant d'un bon sentiment.

4°) - L'âne dans les saynètes de Noël.

C'est en 1223 que St François, célébrant dans les bois la fête de la Nativité, songe à y convier l'âne et le bœuf.

Depuis, de nombreuses saynètes mettent l'âne en vedette. Parmi les plus connues citons :

 

a) - " L'âne qui est arrivé en retard " d'Henri Ghéon :

C'est la nuit de Noël. L'Enfant Jésus va naître. Un ange parcourt la campagne pour annoncer la grande nouvelle. Il rencontre l'âne et le bœuf et leur dit de se dépêcher car le moment de la naissance est arrivé, et il faut que tout le monde soit à la crèche pour accueillir l'Enfant. Le bœuf court de toutes ses forces et arrive tout essoufflé juste au moment de la naissance. Il est très fier. Il est là, lui au moins, pour représenter la Création ! Il fait remarquer qu'un âne avait aussi été averti de cette bonne nouvelle...mais il ne sait pas ce qu'il est devenu. C'est alors que retentit un gros "Hi-han !". C'est l'âne qui, effectivement, est en retard... Il est confus, mais heureux, car, avant de venir, il a voulu avertir tous les autres ânes...

- Jugez-moi, si vous voulez, dit-il à la Bonne Mère, mais je suis très heureux !

- Brave et bonne bête ! répondit tendrement Marie.

 

b) - La Pastorale des santons de Provence :

Les personnages pittoresques de la Provence se mêlent harmonieusement avec les personnages de l'évangile dont personne ne s'étonne qu'ils parlent avec l'accent de Marseille :

C'est la nuit de Noël. Il fait un vent à "décorner tous les bœufs de Camargue". Joseph, la barbe agitée par le vent comme une bannière, essaye de protéger Marie contre le froid. Ils arrivent à l'étable. L'âne et le bœuf sont là et leur souhaitent la bienvenue en s'excusant de ne pas avoir mis un peu d'ordre. Marie entre dans les douleurs. Joseph, inquiet demande un coup de main.

- Je ne sais pas quoi faire ! dit l'âne, je ne suis qu'un âne, mais on pourrait peut-être faire une prière...!

- Mais écoutez-les, ces fadas ! répondit Joseph, les prières ne sont pas encore inventées, c'est justement pour cela que le "petit" va venir sur la terre !...

5°) - Une histoire pour conclure :

Un fermier avait un vieil âne, très vieux et bien faible. Un jour, il trouva la pauvre bête qui était tombée dans un trou profond.

- Mon pauvre vieux, lui dit-il, que vais-je faire de toi ? Jamais je ne pourrai, à moi seul, te tirer de là ? Chercher du secours ? Ce serait bien difficile et bien coûteux, plus que tu ne vaux ! D'ailleurs, même si on t'en tirait, tu ne vivrais plus bien longtemps... Non décidément, il n'y a qu'une chose à faire : je vais tout simplement t'enterrer là au fond !"

Sur quoi le fermier prit une pelle et se mit à jeter de la terre dans le trou.

Il était vieux lui-même, un peu sourd, et plus très robuste: il pelletait sans regarder le trou, car cela lui faisait tout de même un peu de peine d'enterrer son âne. Et la terre tombait, pelletée après pelletée.

De temps en temps, le fermier s'arrêtait pour s'éponger le front. Le tas de terre diminuait peu à peu. Enfin, il s'arrêta et se retourna pour voir si le trou était bien rempli... Quelle ne fut pas sa stupéfaction de se trouver nez à nez avec son âne qui le regardait paisiblement. Il n'avait, pour finir, plus qu'un petit effort à faire pour gagner la surface, car chaque fois qu'une pelletée tombait, il la secouait et la piétinait.

A méditer : C'est ainsi que nous devons faire. Au lieu de se laisser accabler et ensevelir peu à peu sous les attaques, critiques, difficultés et épreuves que les autres s'efforcent de lancer pour nous faire taire, et sous lesquels nous ne manquerions pas d'étouffer, marchons dessus ! Laissons-les tomber à terre.

Et voilà qu'au moment où on nous croira écrasé par toutes ces épreuves, on nous trouvera debout, libre et fortifié par l'exercice même de notre foi.

 

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A  PROPOS  D'HALLOWEEN

 

Manifestement, en France, on aime les fêtes et les occasions de s'amuser. La récente introduction de la fête des Grand-mères en est la preuve, sans parler des festivités événementielles que l'on ne manque pas de mettre en place, à l'occasion d'un Mondial ou d'une Techno Parade. Depuis quelques années maintenant, en écho à ce qui se passe aux USA, ( comme toujours ! ), l'introduction d'une nouvelle occasion de délires massifs est effective, prenant de plus en plus d'ampleur et devenant une révolution quasi culturelle : Halloween. Cette fête d'un goût douteux, est même encouragée par des sociétés importantes.

 

La légende :

Retracer l'historique de cette fête druidique d'outre-Manche et montrer l'aspect païen de cette fête de la peur et de l'horreur, n'est pas inutile :

Le seigneur de la mort, "Samain", avait sa fête le 1er novembre et les druides pensaient que, pour participer à cette fête, les morts revenaient dès la veille sur terre. Pour ne pas les décevoir, on préparait des offrandes à leur intention, et on allumait des feux pour les tenir tout de même à distance. Les druides allaient de maison en maison pour récolter de l'argent pour le dieu Samain. Quand une maison refusait de donner, les prêtres maudissaient et jetaient des sorts sur ses habitants.

Cette croyance celte a pris racine en Irlande et, lorsque poussés par une famine terrible, des milliers d'Irlandais sont partis chercher fortune en Amérique, ils ont emporté avec eux certaines de leurs coutumes dont la fête des morts avec Samain.

Il faut enfin ajouter que le nouvel an des devins et sorcières n'est pas au 31 décembre, mais au 31 octobre de chaque année. Dans ce contexte, il faut ajouter l'intervention d'un personnage vedette, Jack O'Lantern :

Ce brave forgeron, au moment de sa mort, et toujours selon la légende, aurait été refusé au Paradis, et le diable lui aurait aussi fermé la porte de l'Enfer, tout en lui donnant, pour le consoler, une petite flamme tirée de la fournaise ardente dont il est le gardien. Dès lors, Jack erre, cherchant son chemin. Pour s'éclairer, il aurait creusé une citrouille pour y placer sa flamme et en faire une espèce de lanterne. D'où son nom de "Jack O'Lantern" et la citrouille creusée aujourd'hui.

 

Confusion :

C'est l'église catholique d'Angleterre des premiers temps qui, comme en d'autres lieux et d'autres occasions, a cherché à gommer les fêtes païennes en les christianisant, au moins un peu. C'est ainsi que le calendrier chrétien a introduit la "Toussaint", la fête "All Hallow's Eve" ( littéralement "La veille de tous les saints" ), en lieu et place de celle de Samain et des défunts. Mais la tradition païenne n'a pas été ôtée définitivement des esprits et c'est pourquoi la confusion demeure toujours entre la fête de la Toussaint et celle des morts.

L'aspect moderne et américain de la fête de Halloween date de moins d'un siècle et la peur, comme la menace d'une malédiction s'il n'y a pas d'offrande, s'inscrit de mieux en mieux dans nos sociétés où l'on n'en est plus à un anachronisme près : Les enfants sont encouragés à se déguiser en monstres effrayants, et en fantômes, avant d'aller de porte en porte réclamer de menus cadeaux. Les donateurs, en échange de friandises, ont l'assurance d'être laissés tranquilles par les garnements qui les visitent.

Mais ce ne sont plus seulement les enfants qui se déguisent, les adultes sont trop heureux d'entrer dans la danse macabre; les défilés de mode honorant l'horreur sont de plus en plus courus, jouant du morbide autant que de l'hémoglobine. Immense exutoire où la débauche est totale.

- Ce n'est qu'un jeu, un divertissement, une occasion de s'éclater et de contrarier les peurs de toute sorte, dira-t-on, rien de très méchant donc !"…

Mais alors, il faut oublier le sens premier et rigoureusement païen, voire occulte, de cette fête, et le racket sophistiqué qu'il engendre.

 

Etrange comportement :

Ce qui est remarquable dans cette affaire qui devient un phénomène de société, c'est de constater, encore une fois que : " la peur est attrayante ". Les films qui mettent en scène des vampires, des fantômes, ou les puissances démoniaques passent en séries télévisées très prisées. Les maisons d'éditions complètent et enrichissent leurs collections "Suspense" et "Mystères" à qui mieux mieux, et font des tirages dignes des meilleurs Goncourt. Même dans les livres pour enfants, le phénomène est largement visible. La collection "Chair de poule" est une mine financière pour l'éditeur qui vend chaque titre à des milliers d'exemplaires.

Nous sommes à l'aube d'un millénaire nouveau, et tout le monde se félicite de ce que nous ne tombions ni dans la folie furieuse, ni dans l'angoisse panique qui ont précédé l'an mille.

Mais aujourd'hui, si nous sommes guéris de cette attitude, nous alimentons mille petites peurs dont nous pensons garder le contrôle, peut-être pour nous rassurer, pour conjurer les autres, et donner ainsi l'illusion d'une maîtrise des éléments et des événements. Mais il faut se méfier lorsqu'on plaisante avec les forces des ténèbres.

 

Derrière les masques :

Il faut reconnaître qu'en jouant avec les images de fantômes et en se moquant d'un au-delà incertain, on peut croire maîtriser ses peurs jusqu'à considérer Halloween comme un exorcisme nécessaire et efficace. Cependant, en se cachant derrière des masques et en jouant au mort-vivant, on n'interdit pas à la réalité de continuer à exister. Or, la réalité, c'est que la mort nous fait peur tant que nous n'avons pas vraiment compris le sens de la vie, et de l'après-vie.

Le déguisement effrayant et morbide, c'est une façon de "se cacher", tout en extériorisant nos angoisses et fantasmes dans une espèce de conjuration festive. L'aspect psychologique des comportements autour de cette fête façonnée de toute pièce, n'est qu'un élément.

Il faut y ajouter l'opportunité de vivre, l'espace d'une folle nuit, toutes les perversions et braver tous les interdits.

Le deuxième élément est de nous faire nous approcher du diable, de s'habituer à lui, et ainsi, d'en avoir moins peur. Ainsi, petit à petit, on se familiarise à sa présence, et au monde des esprits, et on en a moins peur. Mais la Bible affirme qu'il sera jugé et jeté dans l'étang de feu avec tous ceux qui lui appartiennent.

 

Oser la vérité :

Il est dommage que nous soyons obligés de passer par ces substituts et par ces subterfuges lorsque la vérité est nettement plus simple que ces étranges fictions.

La superstition est un écho déformé de la spiritualité; elle n'est donc ni vraie ni fiable. Le croyant ne peut trouver son équilibre dans un ersatz quelconque, fut-il une bonne imitation.

Si vous souhaitez savoir ce qu'il en est vraiment de la vie et de la mort, du présent et du futur, du Paradis et de l'enter, de Dieu et du diable, de l'en-deçà et de l'au-delà, pourquoi ne pas chercher là où tout est déjà dévoilé ?

Halloween n'est qu'une singerie qui tente de conjurer les esprits, et les peurs, en nous faisant oublier le Jugement, et nous faisant croire que l'on s'amuse bien en enfer.

 

La Bible est le Livre qui remet tout en place et propose une autre fête, celle de la résurrection du Christ qui a vaincu la mort. C'est de là que nous vient le message de paix, d'amour et de Vie et c'est la bonne nouvelle de Dieu pour les hommes.

(Avec le support d'un texte écrit par Eric Denimal )

 

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CAPITALES INSOLITES

 

La France qui gagne n'est pas seulement sur les stades. Elle est aussi dans toutes les communes, petites ou grandes, où des artisans, des entrepreneurs, des producteurs, ont conquis le titre de n° 1 national, et même international, dans leur spécialité.

Ce sont des capitales en tous genres dont le nom est souvent inconnu du grand public parce qu'elles sont nichées dans des lieux retirés, mais qui font triompher, à leur façon, les couleurs nationales.

Voici un bref aperçu de quelques capitales insolites.

 

Capitale de l'Artichaut : Saint-Pol-de-Léon ( Finistère )

C'est le plus breton des légumes qui est produit à 45.000 tonnes dans ce seul village, avec plus de cent exploitations familiales réparties sur plus de 30.000 hectares.

L'artichaut est pourtant un légume méditerranéen qui craint le froid. S'il se plaît en Bretagne, c'est grâce à l'influence du Gulf Stream, ce courant chaud venu de l'Atlantique sud et qui assure un climat doux et régulier à toute la zone côtière autour de Saint-Pol-de-Léon, qu'on appelle "La ceinture dorée".

Comme toute capitale qui se respecte, Saint-Pol-de-Léon a sa confrérie de l'Artichaut, créée en 1999.

 

Capitale du Bavoir : Saint-Oradoux-de-Chirouze ( Creuse )

Une capitale de 74 habitants ? Et oui, avec 40 salariés seulement, l'entreprise C.S.O. détient 90% du marché français du bavoir. Elle en fabrique plus de 6.000.000 par an, imprimés, brodés ou jacquards. Dernière création : le "bavoir renforcé" qui devrait permettre d'augmenter les exportations en Europe.

 

Capitale du Boudin : Mortagne-au-Perche ( Orne )

On fabrique le boudin un peu partout en France, mais Mortagne-au-Perche s'est imposée depuis plus de 30 ans comme capitale de cette spécialité charcutière.

Le concours international du meilleur boudin qui se déroule chaque année au début mars, réunit 600 à 700 concurrents, tous artisans charcutiers venus de toutes les régions de France, et même d'Europe.

Le boudin traditionnel de Mortagne est composé de gras de porc, d'oignons et de sang.

On en consomme plus de 6 tonnes pendant la foire, dans les stands tenus par les 5 charcutiers de la commune, ce qui nécessite un approvisionnement de plusieurs milliers de litres de sang.

Les membres de la confrérie du "Goûte Boudin" qui ont intronisé plus de 2.000 "Chevaliers du Boudin" depuis 1963, et qui organisent le concours du meilleur boudin, sont amenés à consommer eux-mêmes une grande quantité. Ils ont dégusté, depuis la création de la foire, plus de 20.000 échantillons de boudin.

 

Capitale du Cercueil : Jussey ( Haute-Saône - près de Vesoul )

Ce village est fier de posséder la plus ancienne statue de la République qui date de 1849.

Mais Jussey à une autre particularité moins glorieuse. C'est sur son territoire que se trouve la plus importante fabrique de cercueils d'Europe...

Cette entreprise appartient aux Pompes Funèbres générales de France et qui ont été récemment rachetées par le groupe américain S.C.I. spécialisé dans le funéraire, un groupe côté en Bourse qui contrôle le tiers du marché français avec 185.000 cercueils par ans pour 550.000 décès.

50.000 cubes de chênes sont débités chaque année à Jussey, car la quasi-totalité des clients exigent le "meilleur" pour la dernière demeure de leurs disparus. Le sapin est aujourd'hui réservé à la crémation.

 

Capitale du Chapeau de Mariée : Flée ( Sarthe - près du Mans )

Créée au début de ce siècle, la Chapellerie du Loir, à Flée, est la dernière fabrique française de chapeaux de mariées.

Une vingtaine d'ouvrières, au savoir-faire unique, confectionnent 40.000 chapeaux par an, en se servant de moules et de machines d'un âge vénérable dont certains sont encore chauffés au gaz.

Chaque année, la chapellerie présente une collection de 400 modèles parmi lesquels on trouve aussi toutes sortes de chapeaux et de capelines pour le cortège de la mariée, des chapeaux de Catherinettes, etc...

Le magasin fournit aussi bien les magasins Tati que les grandes maisons de couture, et exporte en Hollande, Allemagne, Espagne et jusqu'en Amérique du Sud.

 

Capitale du sac plastique : Sainte-Sigolène ( Haute-Loire )

Cette petite commune nichée sur le plateau de la Haute Loire à 850 mètres d'altitude, apparemment peu favorisée, a toujours été la première sur le plan économique, dans le secteur qu'elle s'est choisi.

Elle a d'abord été la capitale du ruban. On y fabriquait au mètre, celui qu'on accroche à la boutonnière, lorsqu'on est décoré de la Légion d'Honneur. On y tissait aussi, autrefois, les ceintures d'ecclésiastiques, et la légende veut que la ceinture blanche des papes vienne de Sainte-Sigolène.

En 1906, le nombre des métiers à tisser atteignait 3.000 pour une population de 6.000 habitants : la plus forte concentration du monde.

Et puis, la crise du textile est arrivée, les tisseurs se sont reconvertis et se sont orientés vers la production de films plastiques destinés à l'emballage et, en quelques années, Sainte-Sigolène est devenue la championne du sac plastique avec 30% de la production mondiale.

Chaque année, 160.000 tonnes de films plastiques, soit 500 millions de mètres carrés sont convertis en plusieurs milliards de sacs en tous genres, y compris les sacs poubelle.

Mais les patrons sigolénois ne s'endorment pas sur leur succès. Sensibles aux reproches des écologistes à l'encontre du sac plastique, ils ont commencé à se lancer dans le sac publicitaire en papier. Cette industrie, selon eux, devrait reprendre une place de plus en plus importante. Ils sont prêts, encore une fois, à négocier le virage. Sainte Sigolène veut continuer à faire la course en tête.

 

Capitale du Flacon de parfum : Mers-Les-Bains ( Somme - près d'Abbeville )

Dior, Chanel, Guerlain, Patou, Carou, Rochas, quelle que soit la marque de parfum que vous utilisez, il y a de fortes chances pour que son flacon vienne de la vallée de la Bresle, en Picardie.

La Vallée du Verre, comme on l'appelle, assure 80% de la production mondiale dans ce domaine. On y trouve la plus grande usine de flaconnage du monde.

Saint-Gobain Desjonquières, à Mers-les-Bains, emploie 1.350 personnes. Elle voisine avec quatre autres entreprises importantes, et au total, la production de verre creux fait travailler 12.000 personnes dans cette vallée de 50 km, qui ne vit, pratiquement, que de cela.

A Blangy-sur-Bresle ( Seine-Maritime ), un musée de la verrerie évoque l'histoire de cette très ancienne industrie, dont les origines remontent à l'époque gallo-romaine. On peut y admirer une collection des plus

beaux flacons de parfums du monde.

( Extraits du livre de Pierre Bonté " Bonjour la France" - Editions CPE )

 

Une autre capitale insolite dont je voudrais vous parler c'est Jérusalem : La Capitale de la Foi

Jérusalem n'est pas une ville d'origine Israélite. Diverses traditions parlent de sa fondation. La seule indication sûre est celle des Tablettes de Tell al Amarna, qui mentionne "le roi Abdi-Khiba de Urusalim".

Jusqu'à l'époque du roi David, cette cité est aux mains des Jébusiens, et porte alors le nom de Jébus. David s'en empare par ruse et investit tout particulièrement la citadelle appelée "Forteresse de Sion" et en fait sa résidence. Grâce aux initiatives intelligentes de David, et aux qualités remarquables de son fils Salomon, Jérusalem devient la cité la plus importante de Palestine. Mais en 597, l'invasion des armées de Babylone entraînent son effondrement, la destruction du Temple et la déportation des populations vers la Chaldée. Au retour de l'exil, Jérusalem parvint à se relever, et sous l'impulsion de Néhémie, redevient le centre politique et religieux du pays.

A l'époque du Christ, la ville occupait une vaste surface, et les palais d'Hérode trônaient sur les hauteurs occidentales. Jérusalem comptait, en ce temps-là 100.000 hab. et était le centre d'attraction de milliers de pèlerins qui "montaient à Jérusalem" pour les fêtes pascales, en particulier.

D'après les textes des Évangiles, le mont Golgotha, appelé aussi "Lieu du Crâne", est situé au nord de l'ancienne

Jérusalem. Aujourd'hui on peut y visiter le fameux sanctuaire du Saint Sépulcre dont l'une des chapelles protège le rocher même du Calvaire.

C'est Eusèbe de Césarée qui raconte ( vers le 3eme S. après J.C. ) comment fut découverte d'une façon inespérée la "Grotte du Salut".

Mais pour nous, les chrétiens, Jérusalem reste l'endroit où Jésus a exercé son ministère, parlant aux disciples, à la foule, aux pharisiens... C'est sur elle qu'il a pleuré, souffrant de l'indifférence et de son rejet.

C'est de Jérusalem que Jésus, portant sa croix, est amené jusqu'au Calvaire pour y être crucifié.

C'est depuis là, que par sa mort, il accomplit, presque mot à mot, les prophéties d'Esaïe 53: "Nous l'avons considéré comme puni, frappé de Dieu et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris."

Jérusalem est l'endroit où le salut de Dieu s'est concrétisé, non seulement pour les Juifs, mais pour toute personne qui s'empare, par la foi, de cette certitude, en affirmant avec Saint Paul : "Je n'ai point honte de l'Evangile, c'est une puissance de Dieu pour le Salut de quiconque croit." ( Rom. 1/16 )

Jérusalem c'est enfin la ligne de mire vers laquelle se porte notre regard d'espérance et de foi. Car nous savons que c'est là que Jésus reviendra. Nous pouvons l'affirmer grâce à la parole de Dieu qui précise au moment de l'Ascension : "Ce Jésus qui vous a été enlevé du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel." ( Actes 1/11)

Nos cœurs sont remplis de gratitude en pensant à cette ville et au salut que Dieu a réalisé pour nous.

 

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A l'occasion du Printemps des Poètes, je partage avec vous une de mes causeries sur le thème "BIBLE ET POESIE".

 

Nous avons tous en tête quelques vers appris sur les bancs de l’école :

"Mignonne, allons voir si la rose... "Les sanglots longs des violons... "Souvent, à la montagne, à l’ombre d’un vieux chêne... "Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines..."

 

Ces poèmes qui nous ont enchantés, ou parfois "pris la tête" car ils étaient difficiles à retenir, ont pris leur inspiration dans la nature, dans les saisons, dans la mélancolie des jours, ou les événements historiques de l’époque. De nombreux poètes ont puisé leur inspiration dans les récits bibliques, et mon propos est de mettre en exergue les plus connus d’entre eux. Jean Giono a dit "le poète doit être un professeur d’espérance". Nous verrons que Charles Péguy a tout à fait concrétisé cette définition. Mais procéderons légèrement par ordre chronologique, bien que cette liste ne soit pas exhaustive.

 

Marqué par l’héritage médiéval, Clément Marot (1496-1544) a été un des premiers grands poètes français qui imprègne vraiment l’histoire de notre poésie. Protégé par Marguerite de Navarre, sœur de François Ier, ses sympathies marquées pour la Réforme et pour Luther, lui ont valu cependant la prison et l’exil en Suisse et en Italie.

Le nom de Marot, dit "Laharpe", est la première époque vraiment remarquable dans l’histoire de notre poésie. Son talent est infiniment supérieur à tout ce qui l’a précédé, et même tout ce qui a suivi jusqu’à Malherbe. De nombreux Psaumes écrits par Clément Marot font partie de l’hymnologie protestante, et sont d’une richesse poétique et spirituelle remarquable. Je cite ici le Cantique de Siméon, extrait de l’Évangile de Luc, chapitre 2 :

"Laisse-moi désormais,

Seigneur aller en paix

Car selon ta promesse

Tu fais voir à mes yeux

Le salut glorieux

Que j’attendais sans cesse.

Salut qu’en l’univers

Tant de peuples divers

Vont recevoir et croire,

Ressource des petits

Lumière des gentils

Et d’Israël, la gloire."

 

De quelques années son cadet, Théodore de Bèze, théologien protestant est né a Vézelay en 1519. C’est en 1550 qu’il écrivit un drame biblique "Abraham sacrifiant". Cette pièce qui opposait catholicisme et protestantisme, reçut un bon accueil. En 1551, il ajouta des psaumes que Marot avait commencé à traduire en français et qui connaissaient beaucoup de succès. Plusieurs des psaumes de Théodore de Bèze figurent en bonne place, encore aujourd’hui, dans l’hymnologie réformée.

 

En 1562 les guerres de Religion éclatent, et certains poètes prennent parti. Ils se font alors témoins de leur temps. Agrippa d’Aubigné (1552-1630) est l’un d’eux. Il peint dans les "Tragiques" (Livre VI) le tableau d’une France déchirée par la guerre civile, et s’inspire de l’histoire de Caïn et Abel.

 

Contemporain d'Agrippa d'Aubigné, François Malherbe (1555-1628), poète officiel à la cour de Marie de Médicis, pratique d'abord une poésie baroque, puis s'oriente vers une épuration de la langue et du style. Il se considère comme un "ouvrier du verbe". On connaît de lui une paraphrase du Psaume 146 :

"N'espérons plus, mon âme, aux promesses du monde;

Sa lumière est un verre, et sa faveur une onde

Que toujours quelque vent empêche de calmer.

Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre.

C'est Dieu qui nous fait vivre,

C'est Dieu qu'il faut aimer."

 

Parmi les poètes classiques, Pierre Corneille (1606-1684) est issu d'une famille bourgeoise de Normandie.

Il fait de sérieuses études de Droit, et exercera pendant plus de vingt ans la profession d'avocat au Palais de Justice de Rouen. Très intéressé par le théâtre, il écrit quatre comédies, et ses œuvres attirent l'attention de Richelieu qui le prend sous sa protection et l'introduit à l'Académie Française qui vient d'être fondée.

Mais le célèbre auteur du "Cid" est aussi un chrétien convaincu. Nous retrouvons un de ses poèmes qui a été repris presque tel quel dans le recueil "Les Ailes de la Foi" avec la musique d'A. Bost. Ce poème nous renvoie au jeune Samuel (1 Samuel ch. 3) qui entend la voix de Dieu, et y répond:

"Parle, parle, Seigneur, ton serviteur écoute ;

Je dis ton serviteur, car enfin je le suis ;

Je le suis, je veux l'être et marcher dans ta route

Et le jour et la nuit."

 

Dans cette classification, Jean Racine (1639-1699) fait figure de proue. Protégé et encouragé par Louis XIV, il fréquentera les salons royaux pour faire la lecture de ses poèmes. On connaît l'immortel chef d'œuvre inspiré de l'histoire d'Israël, en particulier "Athalie" et "Esther" qui seront présentés en 1689 par des jeunes pensionnaires de St Cyr. C'est ici un court extrait de la pièce "Esther", où Mardochée enjoint Esther de se rendre devant Assuérus pour plaider la cause des Juifs en soulignant que c'est dans ce but qu'elle est devenue reine.

 

Alfred de Vigny (1797-1863): Déçu de ne pouvoir mener une brillante carrière militaire, Alfred de Vigny démissionne de ses fonctions et seconsacre à la littérature. Il participe au mouvement romantique dès 1828.

C'est après sa mort que parut le recueil de ses plus beaux poèmes "Les Destinées" où figurent deux poèmes tirés de la Bible : "Moïse" et "Le mont des Oliviers" dont voici un extrait :

" Alors, il était minuit, et Jésus marchait seul,

Vêtu de blanc, ainsi qu'un mort dans son linceul.

Les disciples dormaient au pied de la colline.

Parmi les oliviers qu'un vent sinistre incline,

Jésus marche à grands pas, en frissonnant comme eux ;

Triste jusqu'à la mort, l'œil sombre et ténébreux,

Le front baissé, croisant les deux bras sur sa robe

Comme un voleur de nuit cachant ce qu'il dérobe

Connaissant les rochers mieux qu'un sentier uni,

II s'arrête en un lieu nommé Gethsémani,

II se courbe à genoux, le front contre terre

Puis regarde le ciel en appelant : "mon Père ! "

Mais le ciel reste noir, et Dieu ne répond pas."

 

Victor Hugo (1802-1885) : Doué d'un grand talent, Victor Hugo est précoce et se consacre à la littérature où il connaît un immense succès, et s'engage en politique. Il reçoit la légion d'honneur, entre à l'Académie Française et est nommé Pair de France en 1845.

Parmi son œuvre colossale, ses recueils poétiques sont nombreux: "Lesfeuilles d'automne","Lescontemplations", et "La légende des Siècles". C'est dans ce dernier recueil que nous trouvons le célèbre poème "Booz endormi" qui nous plonge dans l'ambiance des moissons dans les champs de Bethléem et décrit magnifiquement l'idylle pittoresque entre Booz et Ruth la moabite:

"Ruth songeait et Booz dormait, l'herbe était noire.

Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement.

Une immense bonté tombait du firmament ;

C'était l'heure tranquille où les lions vont boire.

Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth ;

Les astres émaillaient le ciel profond et sombre,

Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre

Brillait à l'occident et Ruth se demandait,

Immobile, ouvrant l'œil à moitié sous ses voiles,

Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été

Avait, en s'en allant, négligemment jeté

Cette faucille d'or dans le champ des étoiles."

 

Paul Claudel (1868-1955): Élevé en dehors de la foi chrétienne, et poursuivant à Paris des études de Sciences Politiques, il est marqué en1886 par deux expériences qui décideront de sa vie et de sa vocation littéraire: la lecture des poèmes deRimbaud, et sa conversion à la foi chrétienne, le jour de Noël en l'église Notre-Dame de Paris.Après 1930, et surtout après sa retraite à Brangues, Claudel, sans abandonner l'écriture, se consacre surtout à laméditation et aux commentaires de textes bibliques.

Une traduction de la grande majorité des Psaumes vient d'être rééditée chez Gallimard. Voici ce qu'en dit, enbref, son fils Pierre Claudel :"Paul Claudel a fait des Psaumes de David sa nourriture. Il ne s'en lassait pas. Il voyait dans ces textesadmirables, l'archétype de toute bonne prière."

 

Charles Péguy (1873-1914): D'origine paysanne, orphelin de père, il fait de solides études jusqu'à l'École Normale Supérieure.Il fait retour à la foi chrétienne en 1908. Il oriente sa pensée et son écriture vers uneexaltation de la terrefrançaise et des vertus chrétiennes qui l'ont nourrie au cours des siècles. Voici ce poème bien connu où ilmagnifie les trois vertus théologales (1 Corinthiens 13) et qui illustre bien les mots de Giono cités au début dece propos : "Le Poète est un professeur d'espérance."

 

"...Ce qui m'étonne, dit Dieu, c'est l'espérance.

Et je n'en reviens pas.

Cette petite espérance qui n'a l'air de rien du tout.

Cette petite fille espérance.

Immortelle.

Car mes trois vertus, dit Dieu,

Les trois vertus mes créatures,

Mes filles, mes enfants,

Sont elles-mêmes comme mes autres créatures,

De la race des hommes.

La Foi est une Épouse fidèle.

La Charité est une Mère.

Une mère ardente, pleine de cœur

Ou une sœur aînée qui est comme une mère.

L'Espérance est une petite fille de rien du tout

Qui est venue au monde le jour de Noël de l'année dernière,

Qui joue encore avec le bonhomme Janvier

Avec ses petits sapins en bois d'Allemagne couverts de givre peint

Et avec son bœuf et son âne en bois d'Allemagne. Peints.

Et avec sa crèche pleine de paille que les bêtes ne mangent pas

Puisqu'elles sont en bois.

C'est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes,

Cette petite fille de rien du tout.

Elle seule, portant les autres, qui traversera les mondes révolus."

 

En conclusion :

Des poètes modernes continuent aujourd'hui à puiser leur inspiration dans l'Ecriture Sainte. Ce sont des messagers fidèles et subtils de l'harmonie divine qui émane de ses pages.

 

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La Reine Esther, une star à l'éclat sans fard.

 

Introduction :

Parmi toutes les reines de la Bible, Esther est d'une majesté exceptionnelle, dans sa beauté, sa simplicité, son courage, son héroïsme, son tact et son amour pour son peuple.

Son nom signifie en persan "Étoile", "Star" en anglais.

C'est une jeune juive orpheline qui vit en captivité à Babylone, élevée par son cousin Mardochée et faite reine par le roi Assuérus pour remplacer la reine Vasthi.

Nous allons voir dans le développement de cette courte étude, qu'elle est la femme envoyée par Dieu pour un temps de crise. ( lire Esther 4 /14 à 16 )

 

I - Auteur, message et thème principal du livre d'Esther :

L'auteur du livre est inconnu, et bien que certains chrétiens aient hésité à insérer ce livre dans le canon des livres sacrés, il a toujours été reconnu par les Juifs, non seulement comme parfaitement authentique, mais comme un livre des plus parfaits. En effet, le nom de Dieu n'y apparaît pas, et le livre ne fait aucune allusion à la prière, mais parle du jeûne.

Toutefois, il ne fait aucun doute que ce livre occupe sa place dans la Parole de Dieu en raison de son enseignement caché sur la Providence protectrice qui vient au secours des enfants de Dieu, et la certitude du jugement de leurs ennemis.

Le thème principal du livre est donc : " La délivrance des Juifs par la reine Esther."

Le verset-clé est au chapitre 4 /14 :

" Si tu te tais maintenant, le secours et la délivrance surgiront d'autre part. Et qui sait si ce n'est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? "

 

II - Vue d'ensemble du livre :

Les événements principaux sont centrés sur trois festins :

Remarque : Le mot "festin" est employé 46 fois dans la Bible, et 20 fois dans le livre d'Esther.

 

1- Le festin d'Assuérus ( ou Xerxès )

Ce festin était donné en l'honneur de la noblesse et du peuple, et durait 180 jours pour les nobles et 7 jours pour le peuple.

- Au cours de ce festin le roi convoque la reine Vasthi qui refuse de se présenter devant lui et ses convives. (Esther 1 / 1 à 12)

- Le roi offensé prend conseil de ses sages et répudie la reine (Esther 1 /13 à 22)

- Après la recherche d'une nouvelle reine, à l'échelle nationale, le choix se porte sur une jeune juive, Esther, (Esther 2 / 1 à 17) qui va, toutefois, cacher son identité juive sur l'injonction de son cousin Mardochée, jusqu'au jour où elle pourra se dévoiler, ce qui amènera le dénouement de l'histoire.

Esther est très belle, elle a un corps splendide, et va vivre avec sept jeunes filles qui prendront soin d'elle pendant douze mois de préparation avant de paraître devant le roi et de l'épouser. Elle va disposer du meilleur appartement, et son temps sera occupé à se préparer en se parfumant, six mois avec de l'huile de myrrhe, et six mois avec d'autres parfums.

Dans cette préparation, Esther ne demande que ce qui est désigné par le gardien des femmes.

Elle est très sobre et très simple. Elle trouve grâce aux yeux de tous.

Le roi l'aima plus que toutes les autres femmes, et elle obtint grâce et faveur plus que toutes (Esther 2 /17). II mit la couronne sur sa tête et la fit reine à la place de Vasthi.

 

2- Le festin d'Esther :

Avant ce festin, il y a toute une série d'événements importants :

- Mardochée, qui vivait aux alentours du palais royal, a connaissance d'un complot qui se prépare contre le roi. Il en informe Esther qui, à son tour, le communique au roi qui punit les eunuques félons. Cette attitude de Mardochée aura plus tard une répercussion considérable.

- Haman, le premier ministre du royaume est honoré et adulé, sauf par Mardochée qui refuse "de lui faire des courbettes". Cet outrage le met dans une grande colère, et il décide de tout faire pour anéantir le peuple juif. (Esther 3 /1 à 15)

- Mardochée appelle tous les juifs à un grand jeûne quand il découvre le projet d'Haman.

- Esther décide, à ce moment-là, d'une manière très héroïque, de comparaître devant le roi, avec un plan très précis pour faire échouer les dessins d'Haman. (Esther 4 / 5 à 17)

- Le roi accueille très favorablement la demande d'Ester d'assister à un grand festin qu'elle veut donner en son honneur.

- De son côté, Haman, dans sa haine, fait dresser une potence pour y faire pendre Mardochée.

- Pendant une nuit d'insomnie, le roi découvre que Mardochée n'a jamais été récompensé pour sa diligence à déjouer le complot. Le roi décide donc de rattraper le retard et de le récompenser (Esther 6 / l à l3)

- La vanité et la méchanceté d'Haman sont mis à jour, et le conduisent à sa perte (Esther 6 / 4 à 11)

- Le festin d'Esther est le cœur de toute l'histoire. Ici, elle va révéler son identité, parler au nom de son peuple opprimé, et réaliser pleinement la parole qui avait été prononcée par Mardochée au chapitre 4 :

"Et qui sait si ce n'est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? "

A ce moment aussi, le complot d'Haman est déjoué, le roi le fait pendre à la potence préparée pour Mardochée, lequel est élevé en dignité (Esther 7 /1)

 

3 - Le festin du Pourim :

Le roi Assuérus autorise les juifs à se venger de leurs ennemis, et une fête est instituée par Mardochée (Esther 9 / 20 à 31). Cette fête est toujours célébrée de nos jours le quatorzième et le quinzième jour du mois d'Adar ( février - mars ) pour commémorer la délivrance et le repos après tout ce temps d'humiliation et de souffrance. Ce sont des jours de grandes festivités et de partage les uns avec les autres.

Esther et Mardochée envoient un édit contenant "des paroles de Paix et de fidélité" (Esther 9 / 30) au sujet de cette fête de Pourim.

Mardochée, honoré par le roi Assuérus, termine sa vie dans la dignité et la reconnaissance des siens car "Il avait recherché le bien, et avait parlé pour le bonheur de son peuple." (Esther 10 / 5)

 

III – Conclusion:

Notre conclusion sera centrée sur le verset-clé qui est une parole prophétique de Mardochée :

" Et qui sait si ce n'est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? "

Discerner l'heure de Dieu dans notre vie, c'est la démarche que nous pouvons faire aussi.

Esther en fait la découverte dans un temps de jeûne et de prière, et c'est à ce moment-là quelle se décide à se présenter devant le roi. Elle ne compte ni sur son charme, ni sur sa sagesse, mais sur la réflexion et la prière, aussi elle peut déclarer, le regard clair : " Si je dois périr, je périrai, mais j'irai devant le roi." (Esther 4/16)

Esther devient ici l'actrice principale, la " Star ", "l’Étoile" qui se lève pour annoncer un jour de délivrance.

Enfin, on peut dire que dans la personne de l'ennemi des Juifs, il y a l'ennemi de Dieu : Satan qui brûle de haine pour la Création et les créatures.

La personne d'Esther représente les enfants de Dieu qui, par leur fermeté et leurs prières, permettent la victoire de Dieu dans les cœurs.

 

Quant à Mardochée, il préfigure le rôle de l’Église qui, par ses sages conseils, permet à chacun de se situer dans la volonté de Dieu.

Quelle différence pourtant entre le cérémonial perse où le roi doit tendre le sceptre d'or pour donner le droit de se présenter devant lui, et la simplicité de l'Audience que nous accorde Dieu à qui nous pouvons présenter nos prières :

" Puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle inaugurée pour nous dans sa chair, approchons-nous donc avec assurance du trône de la Grâce, dans la plénitude de la foi." (Hébreux 10 719)

 

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 LES MAINS " d'après Albrecht Dürer

 

Ces mains jointes dans l'acte de la prière figurent parmi les œuvres les plus connues du célèbre peintre allemand Albrecht Dürer.

Sur l'origine de ce tableau, une histoire touchante est venue jusqu'à nous.

Dürer, qui vivait au temps de la Réformation, n'eut pas l'existence facile; au contraire, dans sa jeunesse, il mangea le pain de misère qui est si souvent le lot des artistes.

Il abitait alors avec un ami qui maniait également la palette et les pinceaux. Tous deux avaient le vif désir de parfaire leur formation, étant doués l'un comme l'autre.

L'argent faisant défaut, ils décidèrent que l'un travaillerait pour gagner le pain des deux, pendant que l'autre vaquerait à ses études; après quoi, les rôles seraient inversés jusqu'à ce que tous deux aient atteint le perfectionnement désiré. Ainsi l'ami d'Albrecht Dürer céda le pas au jeune artiste encore inconnu et chercha un travail manuel. Il n'avait appris aucun métier et dut se contenter d'un emploi de domestique dans une auberge: couper le bois, porter l'eau, balayer les planchers, étriller les chevaux, telles étaient quelques-unes de ses tâches qu'il avait à accomplir tous les jours et par tous les temps.

Les mois et les années s'écoulèrent; les deux amis étaient reconnaissants des modestes ressources que leur valaient ces humbles travaux. Déjà le compagnon d'Albrecht se réjouissait à la perspective de cultiver à nouveau l'art qu'il affectionnait. Enfin, le succès parut couronner leurs efforts: Dürer put vendre certaines de ses œuvres à un prix avantageux. A son tour, l'ami allait avoir son occasion...

Tout joyeux, il exhuma son attirail de peintre, tailla ses crayons, apprêta ses couleurs, prépara ses pinceaux. Hélas! une tragique déception l'attendait: ses doigts gourds refusaient de se prêter au délicat labeur d'artiste. Ces mains qui avaient autrefois tenu et dirigé le pinceau avec tant de finesse et de sûreté, se révélaient inhabiles et impropres au même service. Une trop longue pratique des gros travaux les avait rendues massives et raides, au point que l'artiste voyait se fermer devant lui la carrière à laquelle il aspirait de toute son âme. Quelle détresse, quelle souffrance ! Avoir le regard et l'âme d'un peintre, et être privé des moyens d'expression propres à cet art ! Un soir que Dürer arrivait à leur modeste logement après sa journée de travail, il entendit des murmures par la porte entrebâillée. Il l'ouvrit doucement et vit son ami à genoux qui étendait vers Dieu ses mains jointes, ses mains noueuses et engourdies qui faisaient son désespoir. Ce spectacle toucha l'artiste au plus profond du cœur.

- "Le monde doit savoir ce que mon ami a fait pour moi", pensa Dürer. Aussitôt, il esquissa sur sa toile les mains qui s'étaient sacrifiées pour gagner sa subsistance au travers des années difficiles, afin de lui frayer la voie vers la maturité artistique.

Aujourd'hui, après plus de quatre cents ans, ces mains émouvantes vivent encore sous nos yeux et sont un moyen de bénédiction dans le monde entier. Elles nous encouragent à remettre à Dieu nos découragements, nos échecs, nos épreuves, nos insatisfactions. Si nous nous laissons pénétrer par l'esprit de prière, il tirera parti même de ces circonstances et de ces moments où nous nous heurtons brutalement au mur de l'impossible.

( Auteur inconnu )

 

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L'Amandier ou " Mémoire d'un veilleur "

 

En Palestine, et dans tout le pourtour méditerranéen, l'Amandier est le premier arbre à fleurir de la fin janvier à la mi-février.

En Hébreu, l'amandier se dit "chequed" ce qui signifie "le veilleur".

Cet arbre symbolise, par sa précocité, la vigilance de DIEU, sa fidélité dans le renouvellement des saisons, et le gage indubitable de l'accomplissement de ses promesses.

D'autre part, les pétales blancs à base rosée, donnent au globe de l'arbre l'apparence frappante d'une belle tête blanche de vieillard.

C'est ce qu'exprime le verset de l'Ecclésiaste 12/7 " Souviens-toi de ton Créateur au moment de ta jeunesse, avant le temps où l'amandier fleurit... "

 

Les caractéristiques de l'amandier

 

1° - L'arbre antique et voyageur :

II nous est venu d'Asie centrale, il y a plus de 5000 ans, en passant par l'Asie Mineure qui fut toujours un carrefour.

En 96 av. J.C. on découvre une épave de navire qui avait 10 000 sacs d'amandes à son bord.

En Grèce, l'amandier devient un mythe, on l'appelle "amygdalos" c'est-à-dire : "la noix grecque".

En France, dans les années 800, Charlemagne préconise la culture de l'amandier dans les terres propices de son empire ( les Alpilles, et la Haute Provence )

Au 16ème s. le célèbre médecin Ambroise Paré proposait de l'huile d'amande douce pour guérir les blessures occasionnées par les flèches et la poudre à canon.

 

- L'arbre provençal :

L'amandier ne craint qu'une chose : le froid. C'est pourquoi sa région de prédilection est la Provence.

C'est là que se trouvent les fameuses "plantado", genre d'exploitations familiales. La cueillette se déroule aux alentours du 15 août; ensuite vient l'écalage, c'est-à-dire le nettoyage de l'enveloppe, le calibrage et le dorage (passage à la fumée et au soufre).

 

3° - L'arbre exigeant :

II faut savoir que la pollinisation de l'amandier est très difficile.

La plantation de chaque arbre doit se faire avec un intervalle de 6 mètres.

Après la plantation et la greffe, il faut attendre 5 ans pour avoir la première récolte.

L'amandier a besoin de beaucoup de chaleur et de grand air, mais ne craint pas le froid provençal, bien que les gelées lui soient néfastes.

L'amandier doit être taillé comme les autres arbres, il nécessite beaucoup d'eau, et vit entre 60 et 80 ans.

 

4° - L'arbre généreux :

On constate une grande progression dans la production depuis cette dernière décennie grâce à tous les efforts faits par diverses associations pour réhabiliter l'amandier. En particulier l'association "Les Amis de l'Amandier" qui a son siège à St Rémy-de-Provence, et qui a remis en valeur cet arbre si attachant. Aujourd'hui, l'amandier produit 1100 tonnes pour 1000 hectares.

La production mondiale peut se classer comme suit :

- Californie: 134 000 tonnes

- Espagne: 35 000 tonnes

- Italie : 18 000 tonnes

- Grèce: 10 000 tonnes

- Iran-Turquie : 10 000 tonnes

- Israël : en plus petite quantité.

La France, n'en produisant pas en quantité suffisante, doit en importer des pays cités plus haut.

 

5° - L'arbre des artistes :

Les peintres ont trouvé dans l'amandier, maintes sources d'inspiration, en particulier :

- Van Gogh qui a peint 7 tableaux. On peut lire un extrait d'une lettre adressée par l'artiste à sa mère le 15 février 1890 : " Je me suis tout de suite mis à faire un tableau pour Théo, une toile à suspendre dans sa chambre à coucher; quelques branches fleuries d'amandier blanc sur fond de ciel bleu."

- Pierre Bonnard, dont le dernier tableau "L"amandier" qui date de 1947, se trouve actuellement au centre Georges Pompidou à Paris.

 

L'amandier et son fruit sont présents aussi dans l'architecture. En effet, dans tout l'art roman, on retrouve la fameuse "mandorle", peinte ou sculptée : c'est l'ovale dans lequel sont les personnages du Christ, de la Vierge, des Saints..., et cette mandorle leur confère une "gloire immortelle", c'est pourquoi on l'appelle aussi "la gloire".

De plus, l'amande ayant la forme d'un losange aux angles adoucis, on l'appelle aussi " rhombe": elle représente la matrice de la vie, vrai symbole de féminité.

Ce motif a été repris pour toute la décoration des tissus. On peut retrouver sur le tissus provençal toutes sortes d'impressions, grandes ou petites, ayant la forme d'une amande.

 

6° - L'arbre délicieux et utile :

L'amande est bonne :

- En médecine pour l'estomac, l'anémie, la constipation, la toux; également adoucissante pour la gorge et les poumons...

- En cosmétologie : Toutes les douceurs de l'amande sont bonnes pour la peau.

- En confiserie : les nougats de Montélimar sont les plus réputés. Il faut 1 kilo de miel mêlé à 1 kg 250 d'amandes pour obtenir ces délices dont les drômois ont le secret.

- Les dragées : Il en existe une douzaine de variétés. Depuis l'époque des croisades, elles avaient une réputation médicale. Louis XIV en faisait distribuer aux enfants des écoles. Aujourd'hui, elles restent réservées aux grandes occasions (baptêmes, mariages...)

L'amande fut souvent remplacée par du chocolat. La vraie dragée en sachet et boite décorée vient de Metz, Nancy, et surtout de Verdun.

Le calisson d'Aix-en-Provence est plus mystérieux. Le provençal le nomme "canisson" mot qui vient de "canisse", c'est-à-dire une claie de roseau servant de plateau aux confiseries faites en pâte d'amande douce, relevée d'amandes amères, agrémentée de fragments de fruits confits et recouverte d'une fine pellicule de pain azyme. Les 13 desserts l'ont adopté.

La praline : En 1649, Le duc de Choiseul comte du Praslin, est chargé par le roi de mener la guerre devant la ville de Bordeaux. Ne pouvant pénétrer dans la ville, le duc organise un grand banquet pour créer un climat favorable aux négociations.

A la fin du repas les serviteurs passent un immense plat garni d'une multitude de bonbons. Les convives n'ont jamais goûté de friandises aussi délectables et tous complimentent le duc. Curieuses comme elles le sont très souvent, les dames lui demandent la recette de cette délicieuse friandise. Le duc de Praslin appelle son chef. Celui-ci explique qu'il s'agit tout simplement d'amandes rissolées dans du sucre. Un invité suggère alors d'appeler ces bonbons « pralines », du nom de leur hôte. Le nom est resté et, aujourd'hui encore, les pralines, surtout celles de Montargis, sont hautement appréciées.

 

7° - L'arbre universel :

Actuellement de nombreuses associations se sont formées autour de l'amandier et organisent de grandes fêtes internationales.

Il y a des fêtes de l'amandier en Espagne, en Allemagne, en Italie, en Suisse. Tous les ans, au début de mars, à Gimmeldenguien, en Allemagne, on célèbre la fête de l'amandier depuis 70 ans, avec l'élection de "la Reine des Amandiers en Fleurs". Cette ville a envoyé une délégation à St Rémy-de-Provence. Le but est de promouvoir "La route internationale de l'Amandier" qui relierait tous les pays intéressés. Quelle belle chaîne cela créerait grâce à l'amandier !

 

- Conclusion :

Comme on le disait en introduction, l'amandier se dit "chequed" en hébreu, ce qui signifie : "Veilleur".

Dans la Bible, le prophète Jérémie, au début de son ministère, a la vision d'une branche d'amandier.

Par une sorte de jeu de mots, DIEU rappelle à Jérémie qu'il "veille" sur sa Parole, et que ce sera cette Parole que Jérémie devra annoncer, sans crainte, sans complexe, sans fioriture, car c'est cette Parole qui s'accomplira : DIEU y veillera !

D'ailleurs Jérémie recevra cette Parole telle qu'elle dans son cœur avant de la transmettre, et il écrira plus de 500 fois : " La Parole de DIEU me fut adressée en ces mots..." ou " Ainsi parle l’Éternel..."

C'était, soit une parole de jugement (arracher, démolir...), ou une parole de grâce (planter, reconstruire...).

Laissons agir cette Parole en nos cœurs : elle nous rappelle la fidélité de DIEU et l'accomplissement de ses promesses envers nous. Et cette branche d'amandier entrevue par Jérémie dans sa vision sera encore aujourd'hui pour nous, symbole de beauté, de renouveau, et de fidélité de l'Amour de DIEU.

 

(Bibliographie : Mémoires de l'amandier de Paulette Bécher - Éditions Équinoxe)

 

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© Pauline Etcheverry - Auteur