Pauline Etcheverry - Narratrice
Pauline Etcheverry - Narratrice

Dans cette rubrique vous trouverez :

 

- " Les victorieuses " ( Laetitia Colombani )

- Dans la paix des saisons ( Christian Signol )

- " Tes Oeuvres sont admirables " ( Dr Paul Brand et Philip Yancey )

- Sur la route du papier ( Erik Orsenna )

- " Mimosa " ( Alexandre Najjar )

- La Solitude ( Elisabeth Elliot )

- Grands-parents, à vous de jouer ( Marcel Rufo )

- Les quatre saisons de la Bonne Humeur ( Michel Lejoyeux )

- Le dictionnaire de ma vie ( Michael Lonsdale )

- Les oiseaux nous enseignent ( John Stott )

- Tomber sept fois, se relever huit ( Philippe Labro )

- Propos sur le Temps ( André Adoul )

- Coquelicot par Anne Sylvestre

- Mes petites France  par Pierre Bonte

- Michel Delpech - J'ai osé Dieu (Chemin faisant) 

- Parole aux femmes ( Gabrielle Desarzens )

- Les anges, agents secrets de Dieu ( Billy Graham )

- Comment devenir un optimiste contagieux...

- André Chamson, académicien cévenol.

- Du Massacre à la délivrance, un témoignage vivant.

- "En toute liberté" de Roland Giraud - paru aux Éditions Le Passeur.

- Vincent Van Gogh

- Je sonne "quand même", d'Ernest Christen.

- "Moi, Malala, Je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans."

- Jacqueline de Romilly, passionnée d'amandiers,

- Une biographie d'Aimé Boisson, le vagabond devenu "marcheur du Salut" (par Gilbert Abadie - Éditions Altis )

- "Prends mes mains" ( de Dorothy Clarke Wilson - Editions Labor et Fidès )

 

+++++++++

 

" Les Victorieuses

( Lætitia Colombani – Éditions Grasset )

 

Lætitia Colombani est romancière, cinéaste et comédienne. Son premier roman, " La tresse " s'est vendu à un million d'exemplaires en France et traduit en 35 langues.

Ce nouveau roman, " Les Victorieuses " a pour cadre le Palais de la Femme à Paris, cet immense foyer de l'Armée du Salut :

 

Introduction :

   Brillante avocate, Solène tente de se reconstruire après un burn out. Acceptant une mission bénévole d'écrivain public, elle est envoyée au Palais de la Femme. Les résidentes s'appellent Binta, Salma ou Renée, et viennent du monde entier. Lorsqu'elles voient arriver Solène, elles se montrent méfiantes. Solène vacille mais s'accroche, bien décidée à trouver sa place auprès de ces femmes aux destins tourmentés…

   Un siècle plus Blanche Peyron œuvre en faveur des démunis. Elle a voué sa vie au service de Dieu dans l'Armée du Salut. Son but : offrir un refuge à toutes les exclues de la société. Le chemin est ardu, mais Blanche ne renonce pas…

 

  Extraits :

   Écrivain public. Les mots sont puissants. Ils sont des bombes à retardement. Solène reste longtemps devant l'intitulé de l'annonce. Un lien renvoie au site d'une association, La Plume solidaire. Sur la page d'accueil, la fonction d'écrivain public est détaillée : Professionnel de la communication écrite, il ou elle répond aux demandes d'aide à la rédaction. Celles-ci peuvent être de différentes natures, concerner aussi bien des lettres personnelles que des courriers administratifs. Les compétences requises sont les suivantes: être polyvalent, maîtriser les règles de syntaxe, d'orthographe et de grammaire, avoir une aisance rédactionnelle, une bonne connaissance des instances administratives, maîtriser Internet et les logiciels de traitement de texte. Une formation juridique et économique est recommandée.

Les compétences, Solène les a. L'annonce lui correspond en tout point. À l'université, ses professeurs louaient la fluidité de son style, la richesse de son vocabulaire. Au cabinet, il n'était pas rare que ses confrères viennent lui demander conseil pour rédiger leurs conclusions. Tu écris bien, lui disait-on.

Mettre ses mots au service de ceux qui en ont besoin, l'idée lui plaît. Elle saurait faire cela. Oui, elle saurait ...

 

Solène quitte le foyer, un peu rassurée. L'endroit est plus agréable qu'elle ne l'imaginait. Il est lumineux, vivant. Ce n'est peut-être pas si terrible, après tout, une heure de bénévolat par semaine. Elle rédigera quelques lettres et le tour sera joué. Elle pourra dire au psychiatre « je l'ai fait ». L'exercice lui coûtera moins qu'elle ne l'avait pensé.

Elle regagne son appartement d'un pas plus léger. Ce soir-là, elle s'endort sans médicament.

Elle n'a, en vérité, aucune idée de ce qui l'attend ...

 

Paris 1925… Blanche vient de sortir dans le froid glacial de novembre, malgré les protestations d'Albin. Il soupire, impuissant, tandis que son regard se pose sur la photo en noir et blanc encadrée au-dessus du buffet. Un cliché pris il y a presque quarante ans, par une après-midi de printemps. Blanche et Albin se tiennent l'un près de l'autre, en costume salutiste. Pas de robe blanche ici, pas de dentelle ni de traîne en mousseline. Blanche a tenu à se marier en uniforme. Comme un soldat. Elle fixe l'objectif, droite comme un i, le regard fier. En observant ses traits, Albin songe qu'elle n'a pas changé. Les années et la maladie n'ont guère entamé sa force de caractère. Sa Blanche n'a rien perdu de l'inépuisable énergie qui l'animait lorsqu'il l'a rencontrée.

   À peine engagée dans l'Armée, « la petite mondaine » se fait remarquer par sa hiérarchie. On apprécie son zèle,

sa détermination, son inventivité. Pour plaider la cause des démunis, Blanche ne recule devant rien. Elle s'improvise journaliste, chanteuse de rue, oratrice. Elle déambule en femme-sandwich pour vendre la revue de l'Armée, dont elle devient rédactrice. Elle joue de la guitare, du tambourin sur les boulevards. Elle multiplie les appels, mendie les dons en nature : linge, vêtements, denrées, chaussures. On a besoin de tout, et tout de suite ! Elle prend la parole dans les réunions, les assemblées. Elle alpague les passants, arpente les restaurants, les cafés.

La Maréchale, qui l'avait interpellée quelques années plus tôt à Glasgow, allumant le feu de sa foi salutiste, lui propose d'intégrer sa garde rapprochée. Blanche devient son aide de camp et sa secrétaire. Promue capitaine d'état-major le jour de ses vingt et un ans, elle l'accompagne désormais dans ses déplacements. C'est à la faveur d'une tournée en Suisse que son chemin croise celui d'Albin ...

… Leurs efforts finissent par payer. Après des années de disette et de récession, l'Armée connaît une flamboyante envolée. Sous le règne des Peyron s'ouvre une ère de grandes constructions, d'ambitieux projets. Blanche et Albin fondent le Palais du Peuple dans le quartier des Gobelins à Paris, un hôtel social pour les hommes sans abri, ainsi que le Refuge de la Fontaine-au-Roi pour les femmes. Sous leur impulsion, des hôtelleries et foyers fleurissent un peu partout en province, à Lyon, Nîmes, Mulhouse, Le Havre, Valenciennes, Marseille, Lille, Metz, Reims... Ils créent l'Armoire du Pauvre qui distribue meubles et vêtements, et la Soupe de Minuit, dont le chaudron sillonne les rues de Paris pour offrir à manger aux plus démunis.

   Ils sont nombreux, ce soir-là, à se presser autour de l'énorme marmite norvégienne calée sur une charrette à bras. Ils font la queue dans le froid pour quelques lampées de bouillon qui constituent parfois leur seul repas de la journée. Les officières de l'Armée font circuler des couvertures, des corbeilles de pain. Deux cents soupes, pour deux cents estomacs. C'est trop peu, Blanche le sait. Ils sont des milliers à souffrir de la faim. Nous n'avons pas d'argent, murmure un sans-logis en refusant le bol qu'on lui tend. " Nous ne vendons pas la soupe, nous l'offrons " répond Blanche, en soufflant sur ses doigts bleuis...

 

++++

 

 

 

 

« Dans la paix des saisons »

Roman de Christian Signol

( Editions Albin Michel )

 

« Avec ce beau livre, véritable hymne à la vie, Christian Signol s’affirme une fois encore comme un des grands romanciers de la consolation. Chez lui, l’espoir, le combat, et la victoire sur le destin qu’ils autorisent, sont toujours magnifiés par la splendeur du monde. »

   Dans « La paix des saisons » il nous présente Mathieu qui cherche à surmonter les séquelles d'une grave maladie. À sa sortie d'hôpital il n'a qu'une idée en tête, quitter Paris, se réfugier dans le Quercy, auprès de ses grands-parents qui l'ont élevé jusqu'à l'âge de 12 ans.

Mathieu retrouve, petit à petit, la force et l’apaisement qu'il était venu chercher au pays de son enfance. L'amour et la sagesse de ceux qui lui sont chers, vont lui permettre d'entrevoir la promesse d'une existence différente plus féconde, d'un bonheur qu'il croyait à jamais perdu.

 

Extraits :

 

« … Matthieu sourit, hocha la tête, puis se pencha pour humer le pain à croûte noire cuit dans du bouillon qui était mélangé à des pommes de terre, des poireaux, de la citrouille : une soupe épaisse dont Louise avait le secret. Il avala une bouchée et toute une somme de sensations lui revint brusquement, faisant naître une émotion qu'il ne put dissimuler. Il songea en même temps que ni Paul ni Louise ne lui faisaient le moindre reproche de n'être plus venu les voir depuis longtemps. Et, comme il sentait les deux regards dardés sur lui, il murmura subitement :

- Je suis malade.

- Comment ça, malade ? fit Louise avec un air de réprobation.

- Une tumeur aux poumons. On vient de m'opérer. Voilà, c'était dit, et il s'aperçut qu'il était venu aussi pour ça : s'en délivrer, poser ce fardeau, trouver de l'aide, enfin, dans les yeux des deux vieux qui ne se détournaient pas, et dans lesquels passait une surprise douloureuse, certes, mais pas la moindre commisération.

- Tu as d'autres nouvelles comme celle-là ? demanda Louise.

Elle ajouta pour cacher son émotion :

- Tu dois reprendre des forces ! Il faut que tu manges !

Le regard de Matthieu ne pouvait échapper à celui de Paul qui lui faisait face. Il avait brillé un instant, puis il était devenu dur, plein de colère et de refus.

- C'est pas une raison pour se laisser aller, dit-il.

Puis, en versant un peu de vin dans le verre de Matthieu :

- T'as bien fait de venir. Ici, tu vas te requinquer.

 

   Elle se tourna vers Matthieu, qui souriait à la confiance que Louise lui témoignait, puis elle reprit :

- Notre corps se rebelle quand notre esprit souffre trop. Peut-être faut-il que tu fasses comme moi : trouver une autre vie qui te guérira.

- Est-ce qu'il n'est pas trop tard ?

- Trop tard ? À quarante ans ? Tu te moques de moi ?

Matthieu ne répondit pas : il se demandait comment il était possible de changer de vie, n'apercevait aucune échappatoire à celle qu'il menait.

- Je vais te dire un secret, murmura Louise. Il m'a été confié par un vieux médecin de campagne avec qui j'ai beaucoup travaillé. Il m'a dit la chose suivante : les hommes et les femmes qui souffrent le plus à la fin de leur vie, c'est-à-dire au moment de mourir, sont ceux qui ont vécu malheureux parce qu'ils n'ont jamais pu réaliser leurs rêves. Les autres s'en vont sans douleur.- Qu'est-ce que tu es en train de me dire ? fit Matthieu. Que je devrais venir habiter ici ?

- Non, mon homme ! On ne peut pas vivre tourné vers le passé. Ce qu'il faut, c'est construire une vie que son esprit puisse habiter, c'est-à-dire un foyer où il se sente bien. Tu comprends ?

 

- Oui, je crois que je comprends, répondit Matthieu après un moment de réflexion. Mais ce n'est pas facile.

...

 

   Ce long soir de juin, comme les précédents, paraissait ne jamais devoir finir.

Il était dix heures, et pas la moindre étoile ne s'allumait là-haut, au-dessus des collines. Des souffles chauds arrivaient par vagues, qui empêchaient Matthieu de respirer à son aise. Sa cicatrice le démangeait de nouveau atrocement, mais la douleur le laissait en paix. Les grillons s'étaient mis à chanter et c'était le seul bruit de la vallée. Pourtant on sentait palpiter la vie comme du sang dans les veines après un effort soutenu, et cette vie-là avait une force, une densité, qui donnait l'impression de ne jamais devoir s'éteindre. Elle était reposante et rassurante à la fois. Et ce jour qui durait si longtemps, ce temps qui se prolongeait indéfiniment, suscitait chez Matthieu l'intuition de ce qui était peut-être - pensait-il avec un ravissement dont il ne songeait même pas à se moquer - les rivages d'une possible éternité…  »

 

+++++++

 

 

«  Tes Œuvres sont admirables »

( Dr Paul Brand et Philip Yancey )

Éditions Ligue pour la Lecture de la Bible

 

   Le titre de ce livre est inspiré d'un verset de la Bible, au Psaume 139, où le roi David s'émerveille devant les merveilles de la nature et plus spécialement sur la complexité et la beauté du corps humain, en reconnaissant qu'il est l' œuvre du Grand Créateur.

  Les auteurs de cet ouvrage nous conduisent dans l'exploration du fonctionnement du corps humain, composé de cellules différentes et complémentaires. Ils nous entraînent aussi dans une passionnante étude comparative entre le fonctionnement du corps humain et celui de l’Église.

Voici quelques extraits relevés pour vous :

 

... «  Le corps humain se forme à partir de la fécondation d'un œuf unique. Dans son livre, La Méduse et l'Escargot, Lewis Thomas médite avec humour sur les raisons qui ont poussé les gens, en Angleterre, à faire tant de bruit autour du « bébé-éprouvette ». Le vrai miracle, affirme-t-il, c'est l'union normale d'un spermatozoïde et d'un ovule par un processus qui, à la fin, produit un être humain. « La seule existence de cette nouvelle cellule, écrit-il, devrait être l'objet de tous les étonnements de la terre. On devrait faire le tour de la ville, depuis le matin jusqu'au soir, pour appeler les gens à s'émerveiller sans fin, et à ne parler de rien d'autre que de cette cellule... Si quelqu'un parvient à expliquer ce phénomène durant le cours de mon existence, eh bien, je suis prêt à affréter un avion, peut-être même toute une escadrille, pour aller là-haut tracer de grands points d'exclamation les uns après les autres, dans toute l'étendue du ciel, et ceci jusqu'à épuisement de mon argent. »

 

..." La cellule noble entre toutes, celle à laquelle j’ai consacré une grande partie de ma vie, c'est la cellule nerveuse. Celle-ci possède une aura de sagesse et de complexité. Telle une araignée, elle se ramifie et met le corps en contact avec un réseau d'ordinateurs d'une sophistication éblouissante. Ses axones, ou «fils » conducteurs, qui transmettent au cerveau humain des messages depuis les parties les plus éloignées du corps, et vice versa, peuvent atteindre une longueur de près d'un mètre.

Je ne me lasse jamais d'examiner ces échantillons si variés, ou de feuilleter les livres qui leur sont consacrés. Individuellement, ils paraissent bien petits et curieusement faits, mais je sais que ces éléments invisibles contribuent largement au phénomène de la vie. A chaque seconde, les cellules élastiques de mes muscles règlent la grosseur de mes vaisseaux sanguins, poussent en douceur les matières de mon intestin, ouvrent ou ferment la canalisation de mes reins. Quand tout va bien - que mon cœur se contracte régulièrement, que mon cerveau bourdonne de toutes ses connaissances et que la lymphe baigne les cellules fatiguées de mon corps - j'accorde rarement une pensée à ces cellules, ne serait-ce que pour un bref instant.

   Néanmoins, je suis persuadé que les cellules de mon corps peuvent m'aider à comprendre le fonctionnement d'organismes plus grands tels que la famille, le groupe, la communauté, le village, la nation - et principalement la communauté d'individus bien spécifique que le Nouveau Testament compare plus d'une trentaine de fois à un corps. Je veux parler de l'Église, du Corps de Christ, ce réseau d'individus dispersés sur la surface de notre planète, et qui n'ont guère en commun que leur appartenance à la multitude qui suit Jésus-Christ.

  Mon corps emploie une variété étonnante de cellules, dont pas une seule, individuellement, ne lui ressemble. De la même façon, le Corps de Christ est formé d'une multitude d'humains dissemblables. Dissemblables est bien le terme car nous sommes incontestablement très différents les uns des autres, et de Celui que nous suivons.

   Qui peut bien avoir été le dessinateur de ces formes humaines dérisoires qui reflètent si mal la perfection et la plénitude du Corps ?...

 

… " Qu'est-ce qui anime les cellules pour qu'elles fonctionnent toutes ensemble ? Qu'est-ce qui introduit, par la coordination de trois milliards de cellules, les fonctions supérieures spécialisées du mouvement, de la vue et de la conscience ?

   Le secret de cet accord demeure enfermé au plus profond du noyau de chaque cellule, chimiquement torsadé en une double hélice d'ADN. Dès que l'ovule et le spermatozoïde ont mis en commun leur héritage, l'hélice d'ADN éclate au centre de chaque gène, un peu comme le feraient les dents d'une fermeture à glissière quand on l'ouvre. L'ADN se reforme chaque fois que la cellule se divise : 2, 4, 8, 16, 32 cellules, chacune avec le même ADN. En se divisant, les cellules se spécialisent, mais chacune porte les instructions complètes de cent mille gènes. On estime que si ces instructions étaient écrites, elles pourraient remplir mille volumes de six cents pages. Ainsi, une cellule nerveuse pourrait fonctionner d'après les instructions du volume quatre et une cellule rénale d'après celles du volume vingt-cinq, mais toutes deux portent le compendium intégral. Chaque cellule possède ainsi le sceau de son appartenance au corps. Chacune détient un code génétique si complet qu'on pourrait réassembler entièrement le corps en fonction des informations contenues dans n'importe laquelle, ce qui constitue la base des spéculations en matière de clonage.

   Mais le Créateur de l'ADN est allé plus loin. Il a lancé à la race humaine un défi, l'entraînant vers des desseins nouveaux et plus élevés : devenir membres de son propre Corps. Et cette appartenance commence, pour chaque cellule nouvelle du Corps, par un échange de matière analogue à une inoculation d'ADN. La communauté appelée « Corps de Christ » diffère de tout autre groupement humain. A la différence d'un corps politique ou social, l'adhésion à cette communauté comporte quelque chose d'aussi radical qu'un nouveau code imprimé à l'intérieur de chaque cellule. En réalité, je deviens génétiquement semblable à Christ lui-même parce que j'appartiens à son Corps. »

 

 

+++++++

 

 " Sur la route du papier "

Par Erik Orsenna de l' Académie française

( Éditions Stock )

 

" Un jour, je me suis dit que je ne l'avais jamais remercié. Pourtant, je lui devais mes lectures. Et que serais-je, qui serais-je sans lire et surtout sans avoir lu ?

Pourtant, c'est sur son dos que chaque matin, depuis près de soixante années, je tente de faire avancer, pas à pas et gomme aidant, mes histoires.

Et que serait ma vie sans raconter ?

Je n'avais que trop tardé.

L'heure était venue de lui rendre hommage. D'autant qu'on le disait fragile et menacé. Alors j'ai pris la route. Sa route.

Cher papier !

Chère pâte magique de fibres végétales ! "

 

Ainsi commence ce livre d' Erik Orsenna. Avec sa faconde habituelle, légèreté et précision, il nous entraîne sur la longue route du papier.

De la Chine à la forêt canadienne, en passant par la Finlande, l’Ouzbékistan, la France. Il a rendu visite aux souvenirs les plus anciens du papier et nous étonne en nous affirmant que le chiffre d'affaires du papier dépasse celui de l’aéronautique !

 

Voici quelques extraits :

 

   " D'après mes souvenirs d'école, nous devons à la Chine quatre inventions majeures : la poudre à canon, la boussole, l'imprimerie ; et le papier. C'est donc là-bas que devait commencer ma route. Mais la Chine est vaste. Je me suis renseigné.

Par une sorte de paradoxe fréquemment constaté, le plus grand connaisseur de ces antiquités asiatiques habitait... l'Ouest. Peut-être pour se remettre d'avoir dirigé longtemps l'École française d'Extrême-Orient.

C'est ainsi qu'un matin pluvieux d'octobre, je me retrouvai derrière l'église de Plogonnec, petite localité discrète située, si vous voulez savoir, entre Quimper et Douarnenez (Finistère Sud). Rue de la Presqu'île, dans l'ancienne maison du notaire, un chat noir et Jean-Pierre Drège m'attendaient.

J'espère que M. Drège ne m'en voudra pas mais au premier regard, je nous ai trouvé, lui le savant et moi l'ignorant, certaines ressemblances physiques : même taille modeste, mêmes lunettes, même rondeur de la tête et semblable calvitie... Sans plus tarder, l'animal et son maître me donnèrent leçon.

Contrairement à ce qu'on avait longtemps cru, Cai Lun, chef des ateliers impériaux et mort en l'an 121 de notre ère, n'était pas l'inventeur.

Des archéologues avaient, dans des tombes ou dans des tours de guet, découvert des papiers bien plus anciens. Quelques-uns remontaient à deux siècles avant Jésus-Christ. Pauvre Cai Lun dépossédé de sa gloire par la vérité des dates !

- Ces ancêtres de notre papier, en connaissons-nous la composition ?

- Ils étaient faits de fibres végétales broyées, principalement du chanvre. Il y avait aussi du lin, du bambou, de l'écorce de mûrier. Certains parlent de vêtements usagés et même de filets de pêche pourris... Mais ce n'est pas à vous que je vais l'apprendre, il ne faut pas toujours faire confiance à l'imagination.

- Et savons-nous dans quel endroit de Chine fut produit le premier papier ?

- Sans doute un peu partout dans l'Empire. Et si toutes les découvertes se concentrent dans le Nord, aux abords des déserts Taklamakan et Gobi, le long de la route de la Soie, c'est que, par définition, le climat y est sec. Le papier est un faux fragile : il résiste à presque tout. Il n'a qu'un ennemi : l'humidité.

Depuis l'enfance, je rêvais de prendre un jour cette fameuse route.

Le papier allait-il me faire ce cadeau ?..."

...

   " La passion du Japon pour le papier a commencé ici, vers l'an 600 après Jésus-Christ.

Un village de l'Ouest, au pied de la montagne. La Corée est proche, de l'autre côté d'un bras de mer. Des commerçants ont dû venir un jour de ce pays des matins calmes présenter cette invention chinoise...

Mon professeur a pu passer à la deuxième leçon :

- Qu'est-ce que le mucilage ? J'ai avoué mon ignorance.

- Alors peut-être avez-vous entendu parler de viscosité ?

J'allai chercher dans ma mémoire de vieux souvenirs de physique-chimie. Un liquide visqueux n'était-il pas celui dont l'écoulement est freiné par un certain frottement entre les molécules le constituant ? Quel rapport avec le papier ?

- Le mucilage consiste à donner de la viscosité à notre mélange. Elle permet la suspension des fibres dans l'eau, elle ralentit la vitesse de l'égouttement et facilite l'étalement régulier sur le tamis. Les meilleurs alliés du mucilage sont des racines d'hibiscus. Vous m'avez suivi ?

Une fois bien expliqués ces préliminaires, M. Sugihara m'a résumé la longue histoire du papier japonais.

Apprenez que le papier fut d'abord utilisé pour des raisons religieuses. Un million de rouleaux recopiant des textes sacrés bouddhiques furent enfermés dans un million de toutes petites pagodes en bois et envoyés par tout le pays. Puis le gampi connut son heure de gloire. On aimait son raffinement pour y calligraphier l'amour. Puis vint l'ère des samouraïs. Ils voulaient une matière plus solide, plus épaisse : le kozo..."

...

   " Nous repartons sur la pointe des pieds.

- Il y a beaucoup de chansons du papier, dit M. Sugihara. Je crois qu'on chante celle-ci depuis le XVIIIe siècle.

Et à son tour il fredonne. Mais du bout des lèvres, intimidé. Shoko traduit. Elle, d'ordinaire si joyeuse, on dirait qu'elle pourrait pleurer :

Résiste,

Ça vaut de l'or !

L'argent fleurira à l'arbre de la résistance

Si tu prends une femme

Choisis-la bonne travailleuse

Et la peau claire

Mais surtout

Qu'elle sache faire le papier !

Utilise de l'eau pure

Et toujours avec un cœur pur,

Ressemble à la blancheur du papier bien séché !"

...

   " La mer apprend à vivre.

À qui s'embarque, elle a vite fait de rappeler quelques vérités de base. Notamment l'humilité face à plus fort que soi. Et le respect des cycles, ne serait-ce que pour tenir compte des marées et des courants.

Aux marins à voile, elle enseigne en outre à économiser. Le vent est fantasque. Qui sait combien de temps durera le voyage ? Et quand on veut avancer, autant se faire léger.

Écoutons Ellen MacArthur, cette toute petite dame magnifique qui remporta la Route du Rhum en 2002, l'une de nos idoles à nous, navigateurs du dimanche.

Elle rencontre Francis Joyon qui vient de lui ravir son record du tour du monde en solitaire.

Elle visite le trimaran géant IDEC qui ressemble tellement au sien. Seule vraie différence : Francis, pour sa production d'énergie, s'est contenté d'une pile à combustible, d'éoliennes et de panneaux solaires. Pas de gasoil. Gain de poids : une demi-tonne.

Depuis, Ellen MacArthur a quitté le monde de la course. Elle a créé sa fondation qui œuvre pour un nouveau développement de notre économie, pas moins dynamique mais plus soucieuse d'utiliser au mieux nos ressources.

Jean-Luc Petite-nièce tient le même langage :

- Le recyclage est notre avenir ! La seule vraie réponse à ceux qui mettent en avant l'épuisement des ressources pour en appeler à la décroissance.

Le recyclage ne redonne pas seulement vie aux matières premières déjà utilisées, il permet d'économiser de l'énergie. Savez-vous qu'il en faut dix fois plus pour changer du sable en verre que pour recycler du verre ? Et puisque vous vous intéressez au papier, l'année 2010 est à saluer: pour la première fois, la moitié du papier produit dans le monde est venue... de vieux papiers..."

...

   " À cet instant, un vertige m'a pris : et si je n'étais, moi, Erik Orsenna, qu'une sorte de papier ?

Quelles sont les étapes de la création romanesque ?

D'abord, sans bien s'en rendre compte, l'écrivain trie entre toutes les informations reçues : entre tous les souvenirs engrangés il choisit ceux qui pourront lui servir.

Ensuite, et toujours dans le même état de demi-conscience, il récupère, c'est-à-dire qu'il commence à constituer à partir de ce magma un bloc à peu près homogène, en d'autres termes l'esquisse d'une histoire.

Enfin, il recycle. Il mélange ces éléments disparates, il les triture, il unit, il fabrique une pâte qu'il étire, qu'il étend, qu'il apprête... Ne parle-t-on pas de la «pâte romanesque » ?

Le romancier est un papetier qui s'ignore, un recycleur instinctif.

Ainsi, le roman et le papier, l'histoire et son support seraient-ils de même nature ?

Inséparables. Chacun l'écho de l'autre. Et se répondant sans fin et leurs fibres mêlées.

Je comprends mieux pourquoi j'appartiens au dernier carré des irréductibles, ceux qui n'écrivent leurs livres qu'au crayon (bois et carbone) sur des feuilles (de papier).

Dieu sait si j'aime mon ordinateur, mon bateau pour naviguer dans les savoirs, l'irremplaçable postier de mes correspondances lointaines. Mais j'ai la conviction que si je l'employais pour l'écriture véritable, je romprais l'intimité précédemment décrite.

S'ensuivraient des déchirures, des solitudes que je devine insupportables..."

 

 

+++++

" MIMOSA " par Alexandre Najjar

( Paru aux éditions Les Escales - Domaine Français )

 

   Né en 1967 à Beyrouth, Alexandre Najjar est l'auteur de trente livres, en particulier le Dictionnaire amoureux du Liban. Avocat, il est aussi responsable de l'Orient Littéraire.

Dans cet ouvrage, Alexandre Najjar écrit à sa mère malade, pour lui rappeler les jours heureux de l'enfance, la tendresse familiale, les épreuves et les espoirs du Liban.

   Au travers de cette figure inoubliable de "Mimosa" ce sont toutes les mères qui sont honorées.

 

   « Tu es née le 17 janvier 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale, à la Maternité française de Beyrouth. Le Liban n'a pas encore accédé à son indépendance obtenue le 22 novembre 1943. Placé sous Mandat français par la Société des Nations, il sera bientôt le théâtre d'une lutte fratricide entre les forces gaullistes, soutenues par les Alliés, et les vichystes qui contrôlent le pays. Ton père, médecin réputé et directeur au ministère de la Santé, assiste à ta venue au monde. Lui qui désirait un garçon après la naissance d'une première fille, prénommée Mona, fut sans doute un peu déçu, mais il garda le silence pour bien montrer au gynécologue et aux infirmières qu'il était ouvert d'esprit, et qu'il ne ressemblait en rien à ces rustres capables de prénommer leur fille « Kafa » (ou « Ça suffit ») dans l'espoir d'arrêter une série féminine en cours, ou de bouder leur épouse pendant trois mois pour noyer leur chagrin de ne pas avoir obtenu l'héritier mâle tant attendu...

...

   Docile, tu ne le fus pas toujours, je crois. Comme tous les jeunes des années 1960, tu eus ta période de rébellion. Tu lisais Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, jugés « subversifs » par la société bien-pensante de Beyrouth ; tu écoutais les chansons grivoises de Brassens et les textes engagés de Léo Ferré ou de Jean Ferrat quand d'autres ne juraient que par Tino Rossi et Edith Piaf. Sans être marxiste comme la plupart des intellectuels libanais de l'époque, tu te positionnais du côté de la liberté et revendiquais les droits de la femme, trop souvent bafoués dans le monde arabe. Les idées et les livres en provenance de France t'aidaient à te forger des opinions hardies, loin du conformisme ambiant.

   À une époque où les jeunes filles qui travaillaient étaient vues d'un mauvais œil, tu te mis en tête de trouver un emploi, moins par nécessité que pour t'affirmer et t'émanciper. Tu présentas, à l'insu de tes parents, le concours d'entrée dans l'Administration libanaise... Un matin, tu fus réveillée par la sonnerie du téléphone. Ton père décrocha le combiné :

- Quoi ! Ma fille ? Admise au concours ? Quel concours ? Non, monsieur, non, vous vous trompez, ana ma aandé banét byetwazzafo, il est hors de question que ma fille devienne fonctionnaire !

...

   La guerre a fait irruption dans ta vie comme une tornade, dévastant tout sur son passage. Toi qui nageais dans le bonheur, tu as vu tous tes rêves s'écrouler en un jour : ce funeste 13 avril 1975 où le mitraillage d'un bus a mis le feu aux poudres. T'y attendais-tu ? As-tu vu dans les tensions confessionnelles, les débordements des milices et l'impuissance de l'État les germes possibles d'un conflit généralisé ?

   Cette guerre t'a fait vivre dans l'angoisse et la peur, t'a obligée à réorganiser la vie de tes enfants - qui changeront dix fois d'école en fonction des «événements» -, t'a séparée de tes amis, partis vers des cieux plus cléments. Elle a causé des milliers de morts et de blessés, jeté sur les routes de l'exode des centaines de familles. Elle a détruit tes deux maisons, ravagé l'étude de ton mari et la clinique de ton frère, situées sur la ligne de démarcation, balayé les souks et le centre-ville de Beyrouth, fermé les cinémas et les théâtres, opposé les frères d'autrefois, coupé Beyrouth en deux, isolé des régions entières... A ma question : «Quel est ton meilleur souvenir ?», tu as répondu un jour : « La naissance de chacun de vous six.»

...

   Un soir, alors que tu prépares une escalope cordon bleu à la cuisine, une volée d'obus s'abat sur l'immeuble situé à cent mètres de chez nous. Les fenêtres de notre maison vibrent mais ne se brisent pas.

— Nous devons sortir ! dis-tu à mon père. La prochaine salve sera pour nous.

— Patientons un peu, pas de panique !

— Non, non, sortons tout de suite.

Ton instinct maternel a parlé. Tu rassembles toute la famille et nous courons jusqu'aux abris. Il était temps : cinq minutes plus tard, treize obus s'écrasent sur notre demeure et dévastent le jardin.

Cet épisode t'a traumatisée : tu n'as plus jamais cuisiné d'escalope cordon bleu.

...

   Même malade, tu te soucies des autres : « N'oubliez pas le salaire du jardinier, téléphonez à votre tante, ne vous surmenez pas, mangez bien et à heures fixes...» Tu appelles ton amie Rosette, qui s'est fracturé la jambe, ou l'ancienne secrétaire de papa, qui a subi une opération délicate, pour t'enquérir de leur état de santé. Ton abnégation est infinie. Étrangement, tu te focalises parfois sur des broutilles : « Le sol est mal nettoyé, il y a une tache sur le fauteuil, la garde de nuit ronfle, sa collègue empeste le tabac... » C'est ta façon à toi de distraire ton esprit, de faire diversion. Tu émets le souhait de subir l'opération de la cataracte pour mieux voir, comme si cette intervention était une priorité ; tu me demandes de résilier l'abonnement au club où tu es inscrite depuis cinquante ans :

-Je ne pourrai plus y aller, soupires-tu pour justifier cette démarche.

Je m'y refuse. Dans ce club, on est membre à vie. Or, tu es toujours en vie.

Tu n'es pas une malade difficile. Le contraire m'aurait d'ailleurs étonné. Les infirmières t'ont même décerné, pour plaisanter, le titre de « meilleure malade de l'hôpital ». Tu as désormais tes habitudes dans l'établissement : tu poses ton chapeau à l'intérieur de la penderie, les dragées à offrir aux visiteurs sur la table basse, ton sac à main dans la commode, le missel à côté du verre d'eau... Tout doit être ordonné, comme à la maison...

...

   « Dans le langage des fleurs, le mimosa exprime la sécurité, l'amour inconditionnel, la sensibilité et la délicatesse. Symbole de l'or et du soleil, il est, en raison de la dureté de son bois, l'image de la vie triomphante et de la victoire sur les forces du mal. Décidément, maman, ce surnom te va si bien. »

 

+++++

 

                           La SOLITUDE

                     Elle peut être un désert.

             Elle peut être un chemin vers Dieu.

       Par Elisabeth Elliot - ( Paru aux Editions Farel )

 

Élisabeth Elliot est veuve deux fois. Elle connaît bien la solitude. Cette solitude s'apparente à un désert. Pourtant, en l'acceptant, et en la présentant à Dieu dans la confiance, elle peut devenir source de paix, et de rapprochement des autres.

Voici quelques extraits de cet ouvrage que j'ai beaucoup aimé :

 

".... Je voyage seule. Je suis veuve. Je revois encore une autre main, légèrement plus forte que celle de mon voisin, avec des doigts vigoureux pour lutter et travailler le bois, des doigts sûrs pour dessiner, tendres pour caresser. Je revois aussi les ongles coupés courts, et le dos velu de cette main. L'homme à qui elle appartenait s'en est allé il y a plus d'un an. C'est déjà si lointain que j'ai du mal à me souvenir de ce que j'éprouvais quand sa main me touchait, ou quand je mettais ma main dans la sienne.

J'appuie mon front contre le hublot situé au-dessus de l'aile de l'avion; une vague puissante déferle sur moi et m'engloutit, comme elle l'a fait des centaines de fois au cours de l'année écoulée. Il y a cependant tant de personnes qui sont plus à plaindre que moi ! C'est ce que je me dis dans ces moments-là. Combien j'ai été heureuse d'avoir été femme, même pour une brève période ! Malgré cela, il arrive qu'au moment où je me rends à mon travail, généralement sereine, parfois même joyeuse, ce flot m'envahit soudain, de la manière la plus inattendue, aux endroits les plus imprévisibles et pour les raisons les plus absurdes. Cette marée qui déferle, c'est le sentiment de solitude...

 

"... Quand nous parlons de notre solitude, nous sous-entendons généralement qu'il n'y a personne à des lieues à la ronde. Personne à nos côtés, personne à qui parler. Ou alors, nous voulons dire que personne ne se trouve sur la même « longueur d'ondes » que nous, que personne ne nous comprend, ce qui peut être une solitude pire que l'absence de tout être humain. Ma solitude n'est pas atténuée simplement par la présence de quelqu'un. Il faut que ce soit quelqu'un de très particulier, quelqu'un qui me comprenne, quelqu'un qui m'écoute et se tienne à mes côtés quand j'ai besoin de lui. C'est ce dernier aspect qui m'a poussée à sonder les profondeurs de ma solitude. De tous mes amis, aucun ne pouvait être en tout temps avec moi. Et même s'ils avaient pu l'être, aucun d'eux n'aurait eu le pouvoir de modifier ma situation en quoi que ce soit. C'était mon problème, en définitive...

 

"... Ce qui est vrai de la vie de disciple l'est aussi de la vie conjugale. La solitude est une des surprises que réserve le mariage à de nombreux époux. On attend généralement du conjoint quelque chose de déraisonnable : qu'il comble le vide laissé par tous ceux sur qui on comptait auparavant : père, mère, frères, sœurs et amis. Le fait de tomber amoureux de quelqu'un est un phénomène exclusif qui brûle toute l'énergie et dévore tout le temps disponible, de sorte qu'il peut nuire aux autres relations, qui d'ailleurs ne semblent plus nécessaires. Mais l'expérience est là pour nous enseigner que le meilleur des conjoints ne peut à lui seul répondre aux attentes les plus intimes du cœur. Nos cœurs éprouvent une certaine solitude aussi longtemps qu'ils ne se reposent pas en Celui qui les a créés pour Lui-même.

Au cours d'une réunion d'échanges et de questions, on me demanda ce que je dirais à ma fille si elle m'annonçait son intention de divorcer sous prétexte que son mari ne satisfait pas tous ses besoins. Un rire déferla dans l'auditoire. Quelle exigence insensée ! Je répondis que je m'efforcerais de montrer à la pauvre fille qu'elle attendait de son mari ce que personne ne peut exiger de qui que ce soit. Ayant été mariée successivement à trois hommes très différents, tous d'excellents maris chrétiens, je suis néanmoins obligée de confesser qu'aucun des trois - et même les trois réunis si j'avais été polyandre - ne pouvait satisfaire tous mes besoins. La Bible me dit que c'est Dieu, et non mon mari, qui pourvoira à tous mes besoins...

 

"... Lorsque Maria von Trapp était encore une jeune femme, elle aimait beaucoup les montagnes de son Autriche natale. En les contemplant, elle tressaillait de joie, et les considérait comme un cadeau de Dieu pour son bonheur. « Si Dieu m'a fait don de tout cela, disait-elle, que puis-je Lui donner en retour ? »

En réfléchissant à tout ce qu'elle pouvait offrir au Seigneur, elle se rendit compte combien ces choses étaient de peu de valeur. Elle savait qu'elle devait tout sacrifier, ce qui pour elle signifiait donner sa vie au sens le plus littéral, c'est-à-dire entrer dans un couvent, devenir nonne, et ne plus jamais abandonner le voile. Comme beaucoup de disciples l'ont constaté, la volonté de Dieu s'avère souvent très différente de ce que l'on s'imaginait. Maria entra au couvent, mais elle en sortit bientôt, chargée de diriger une maison où l'on recueillait les enfants d'hommes veufs. Ce fut l'origine de l'histoire très connue : « La Mélodie du Bonheur »...

"... Un don c'est quelque chose qu'on reçoit et qu'on accepte. Mais un don, cela peut aussi être quelque chose qu'on offre. Maria von Trapp a commencé par offrir à Dieu le don de sa personne. Commençons par là, nous aussi. Ce faisant, nous n'enrichissons pas le Seigneur, car toutes choses viennent de Lui et nous ne faisons que rendre ce qui Lui appartient. Nous n'avons rien qui n'ait d'abord été à Dieu."

 

 

++++++++++

 

 

 

 

 

 

 

" Grands-Parents, à vous de jouer "

du Professeur Marcel Rufo

( paru aux Éditions Anne Carrière )

 

   Voici la nouvelle rentrée des classes. Beaucoup de grands-parents reprendront le "chemin de l'école pour attendre "les petits" à la sortie des classes, les conduire à la maison, les aider à faire leurs devoirs, jouer avec eux en attendant le retour des parents.

   Étant grand-mère moi-même de cinq petits enfant dont je suis très fière, et qui ont bien grandi, j'ai beaucoup apprécié cet essai du Professeur Rufo, longtemps chef de clinique à l’hôpital Ste Marguerite de Marseille et auteur de plusieurs ouvrages.

Dans une première partie, le professeur Rufo se plonge dans le souvenir de sa grand-mère Eugénie, d'origine italienne, qui, dit-il "avait ceci de singulier, c'est qu'elle croyait en moi et à mon avenir. A ses yeux, j'étais porteur d’espérance pour un avenir qu'elle ne vivrait pas... C'est quelque chose que je garde en moi lorsque je pense à elle."

   Ainsi, au cours des pages l'auteur égrène tout plein de tendres souvenirs sortis de sa mémoire; son voyage en Italie avec cette chère grand-mère, la vie sur le marché de Toulon où sa mère vendait des légumes, etc.

   Je vous invite vraiment à parcourir cette "plongée dans la mémoire" avant de lire son livre et de suivre ses conseils de pédopsychiatre, professionnel de la petite enfance, "professeur de vie".

   En voici quelques extraits :

 

La frustration nécessaire :

" Les grands-parents ont aussi pour mission de transmettre la politesse, une notion qui semble tombée en désuétude de nos jours. Tenir bon sur l'éducation, la bienséance, les principes de vie en famille fait partie de leur rôle. De façon courageuse, ils doivent proposer des frustrations qui organisent et équilibrent l'existence de leurs petits-enfants. Ils les aideront ainsi à se rassurer, car l'interdit est tout aussi important que l'acceptation.

Les parents d'aujourd'hui cherchent à comprendre plutôt qu'à éduquer. Il est vrai que l'on éduquait trop autrefois, tandis que maintenant on comprend trop. La bonne attitude, plus nuancée, se situe à mi-chemin entre la compréhension et l'affirmation de sa position. Il faudrait retrouver une radicalité qui rassure, une attitude permettant aux enfants de se construire.

Entre l'âge de deux et trois ans, l'enfant croit qu'il est le plus fort, qu'il domine tout. Puis, peu à peu, après son entrée en maternelle, il s'aperçoit qu'il côtoie vingt-cinq enfants tout aussi intéressants que lui. C'est l'apprentissage de la vie en société qui lui permet de l'accepter..."

 

Génération "Y " :

" Ils sont insupportables avec leurs casques sur les oreilles. On leur parle, mais ils écoutent de la musique ou téléphonent à un ami qu'ils viennent de quitter. Leur ordinateur est une seconde peau. On a l'impression d'avoir un « ordi » à la maison plutôt qu'un petit-fils ou une petite-fille. Comment, quand on est grand-père, peut-on s'adapter aux nouveaux moyens de communication et être dans le même monde que la génération « Y » ? Faut-il se brancher des écouteurs, leur envoyer des SMS, utiliser Skype ? Peut-on rester classique ? Les lettres ont-elles encore un intérêt ?

Écrivez des lettres à vos petits-enfants. Restez fidèles à ce que vous êtes : le passé fonde l'avenir, continuez à écrire. Grands-parents, à vos plumes !..."

 

Lettre à ma petite-fille imaginaire

" Si je t'écris, c'est que je compte sur les filles pour maintenir cette belle habitude d'écrire des lettres et, bien sûr, des lettres d'amour. Je me colle à l'exercice d'une lettre d'amour destinée à ma petite-fille - avec toute la pudeur requise concernant tes vraies amours, que je n'ai pas à connaître.

Je vais commencer par une critique. La dernière fois que tu es venue, tu as ôté tes écouteurs douze minutes. Tu semblais pendue aux conversations avec tes amis grâce au petit micro accroché à ton col. Si j'étais comme toi, si je me retournais vers ta grand-mère alors que tu me parles, et si je ne t'écoutais même pas, que dirais-tu ? Tu quitterais la table en claquant la porte. Je le sais car tu es impulsive, ce qui fait ton charme et ta fragilité.

Tu es belle comme le marbre de Carrare, et je préfère ta blancheur à la couleur beige de ton iPhone. Voilà la lettre d'amour qui recommence ! Sache que l'écoute est supérieure au discours, car écouter quelqu'un, c'est lui permettre de penser qu'il est intéressant..."

 

++++++++++

Je partage avec vous aujourd'hui quelques extraits du livre de Michel Lejoyeux qui m’a beaucoup intéressé :

 

" Les quatre saisons de la Bonne Humeur "

 

   Après "Tout déprimé est un bien portant qui s'ignore", le professeur Michel Lejoyeux propose, pour chaque âge de la vie, un programme précis et pratique pour faire, saison après saison, le plein d'optimisme et d'énergie. Une «ordonnance» pour toute l'année à partir des principes de vie qu'il utilise dans sa pratique quotidienne de la médecine, et pour lui-même.

Michel Lejoyeux est professeur de psychiatrie et d'addictologie à la Faculté de médecine Paris-Diderot, et chef de service dans plusieurs hôpitaux parisiens.

 

   Bonnes recettes pour l'hiver : Les cornichons et la choucroute comme antidépresseurs naturels :

En regardant un bocal de cornichons, vous êtes loin d'imaginer combien ces petits légumes verts peuvent changer votre vie. Et pourtant, si vous saviez ! La découverte du pouvoir du cornichon et de la choucroute vient de deux observations. La première est que les hommes et les femmes de bonne humeur ne mangent pas les mêmes aliments que celles et ceux qui sont moroses. Il y a des régimes créateurs de bonne humeur et des régimes démotivants ou attristants. Aussi étonnant que cela puisse paraître, celles et ceux qui mangent trois fois par semaine des aliments stimulant l'intestin comme les cornichons, les pickles ou la choucroute ont un meilleur moral. Une vaste enquête auprès de milliers d'étudiants américains a démontré une corrélation entre ce que ceux-ci mangeaient et leur bonne humeur...

 

   Marcher dans le froid pendant six minutes :

La psychologie moderne vous fait un peu réfléchir et surtout beaucoup marcher, courir et danser. Sachez que dès que vous quittez votre fauteuil trop moelleux, vous ressentez du bien-être et des émotions positives. Le plus grand danger de l'hiver, c'est la flemme. Ce que l'on prend à tort pour de la déprime hivernale ou un manque d'énergie n'est souvent qu'un manque d'activité physique. La météo invitant moins à l'action, on se laisse un peu aller. Les sédentaires sont des déprimés en puissance.

 

   L’effet coquelicot au musée :

II fait froid ? Il pleut ? Partez donc vous promener au musée. La peinture est une source inépuisable d'émotions positives. J'en prescris une consommation régulière comme antidépresseur naturel. Prenons un exemple: Comment le peintre Claude Monet transforme-t-il une banale promenade à la campagne en source de stimulations. Le tableau que je vous propose de travailler s'appelle Les Coquelicots. Claude Monet l'a peint en 1873 et il est maintenant exposé au musée d'Orsay. Une femme portant un canotier et une ombrelle se promène avec un enfant dans un champ de coquelicots. Vous le trouverez au musée ou à défaut sur Internet.

Pour que le tableau exerce son action positive, il faut lui laisser le temps d'entrer en communication avec vous. C'est une histoire qui se joue à deux. Vous entrez dans le tableau et le tableau entre en vous. En lâchant prise devant la toile, vous vous préparez à apprendre une nouvelle manière de vivre la peinture...

 

   Profitez du printemps pour devenir "néophile" :

La capacité à tolérer et même à aimer le changement est une grande qualité. Les néophiles vont mieux que les néophobes qui ont peur de toute nouveauté. Cette aptitude au changement est tellement importante que l'on met au point des techniques pour cultiver sa néophilie. Les petits changements du printemps, dans le ciel, dans vos vêtements et dans votre assiette sont des occasions à ne pas laisser passer. Ils vont donner un nouveau souffle à votre vie quotidienne et à votre cerveau. L'un des domaines dans lesquels la néophilie s'exerce le plus facilement est l'alimentation. Les fruits et les légumes nouveaux arrivent. Testez-les !...

 

   En été, remplacez les contacts en ligne par des vraies rencontres :

L'été, il est plus facile de prendre un peu de distance avec les réseaux sociaux. Il est grand temps de renoncer à une illusion moderne : plus on a d'amis en ligne, plus on est entouré socialement et protégé. Essayez de vous déconnecter pendant quelques jours ou quelques semaines, et vous verrez que rien de grave ne se passera. Des psychologues du Massachusetts aux États-Unis et de Louvain en Belgique viennent de s'apercevoir que les hommes et les femmes qui ont le plus d'amis sur les réseaux sociaux et le moins d'amis dans la vraie vie sont les plus déprimés. Le score de mauvaise humeur est même corrélé au nombre d'amis qu'ils ont sur les réseaux sociaux. L'explication est simple. Plus on se sent triste, plus on a besoin de se rassurer en multipliant les contacts en ligne. Par contre les hommes et les femmes de bonne humeur communiquent avec des amis plus exigeants, rencontrés dans la vie réelle. Ils ont moins besoin d'être rassurés par une multitude de like ou un grand nombre de personnes qui les suivent. L'amitié en ligne est devenue un vrai sujet d'étude...

 

   Enfin pour l'automne, les bienfaits de la chorale :

Chanter est un vrai traitement antidépresseur naturel. Nous l'avions vu avec le karaoké. Nous retrouvons ses bienfaits avec la chorale. Si vous apercevez des annonces de chorales qui se créent à la rentrée, de groupes qui se constituent, n'hésitez pas. Vous allez prendre une décision importante pour votre moral et votre santé en vous y inscrivant.

L'Université de Londres vient de confirmer l'action bénéfique du chant. D'après cette étude, chanter en groupe est une source inépuisable d'euphorie et a, en plus, un effet antidouleur.

Vous hésitez entre petite ou grande chorale ? Choisissez librement. Les deux font autant de bien. Vous ressentirez autant d'émotions positives et augmenterez vos endorphines en chantant en groupe ou en chœur. Quelle que soit la taille de la chorale, vous serez de meilleure humeur et moins sensible à la douleur.

La musique fait du bien quand on la pratique seul et elle fait encore plus de bien en groupe. Elle stimule le cerveau et fait partager des moments agréables.

Si vous n'êtes pas encore tout à fait prêt à vous inscrire dans un chœur, commencez par chanter seul sous votre douche ou ailleurs. Vous stimulez votre cerveau par le rythme et les sons que vous produisez. Qu'importé si votre entourage se plaint que vous chantiez faux, trop fort ou trop longtemps. Dites-leur que vous soignez votre moral. Vous gâterez vos neurones et leur enverrez un petit flash de morphine cérébrale en toute légalité !...

 

( "Les 4 saisons de la Bonne humeur" de Michel Lejoyeux,

    paru aux Éditions J-C Lattès )

 

++++++++++

 

 

"Le dictionnaire de ma vie"

par Michael Lonsdale

(réalisé avec Anne-Isabelle Tollet - Éditions Kero)

 

Michael Lonsdale débute au cinéma dans les années 50. Il joue aussi bien dans des films d'avant-garde que dans de grosses productions, dans des tournages de Steven Spielberg en 2005. Il est présent aussi au théâtre interprétant des textes de Marguerite Duras ou de Tchekhov. En 2011 il remporte le César pour "Des Hommes et des Dieux".

Dans ce "dictionnaire", très personnel, il se révèle comme un homme drôle, émouvant, grave et sensible. Il nous entraîne à la rencontre de certaines grandes figures du cinéma et du théâtre. Il nous parle aussi de son temps de metteur en scène au théâtre. Mais surtout, il nous montre un peu de son cœur et de son âme pour communiquer la foi qui a structuré tout son parcours de vie.

Voici quelques notes tirées de cet ouvrage qui m'a beaucoup intéressé.

 

F comme FOI :

...Ma foi chrétienne m'a considérablement orienté dans mes choix de mise en scène. La sensibilité, l'émotion, la beauté sont pour moi des faces de Dieu. Mais Dieu n'est pas que beauté. Il est complètement amour. J'ai la chance de pouvoir témoigner de cet amour à travers mon métier, alors j'essaie, le plus possible, de trouver des projets dignes d'être mis en lumière. J'ai envie de faire connaître des propos constructifs, positifs, qui soient source d'inspiration pour la société, pour les gens...

J'essaie de faire découvrir les grandes spiritualités de notre temps, telle sœur Emmanuelle, une femme magnifique, une force de la nature, avec une fabuleuse capacité d'incarnation de la vérité et de l'amour. Sans oublier François d'Assise, toujours si actuel, ni Thérèse de Lisieux...

Selon moi, ce qui est dit sur scène est parfois plus fort que ce qui est lu ! Quand la foi nous anime, nous pouvons alors la transmettre dans la lumière des projecteurs, dans le rythme, le mouvement. Elle passe dans le texte si vous avez vraiment intériorisé le sens des mots, de manière à ne pas simplement prononcer des phrases. Il faut souvent des temps de pause pour laisser s'inscrire un sentiment. C'est généralement par la lenteur que la spiritualité s'exprime, et non dans les choses hâtives. Quand vous croyez profondément en ce que vous dites, vous êtes concentré, vous trouvez le cheminement du cœur. Il y a comme une urgence à faire parler l'Esprit, parce que les plus beaux spectacles, s'ils servent seulement à distraire, s'ils ne laissent pas de trace, ont quelque chose d'incomplet. Cela ne suffit pas...

 

O comme Oeuvres :

...Mon goût pour la peinture est bien antérieur à mes débuts de comédien. Pour moi, la différence est très importante: peindre, c'est inventer entièrement et créer alors que le métier d'acteur est un métier de transmission, de passeur de textes. La peinture, c'est ma création, c'est moi. Je peins des paysages imaginaires, des choses florales. Peindre, c'est le paradis.

J'ai commencé à peindre très tôt vers l'âge de 15 ou 16 ans au Maroc. Dans l'hôtel où je vivais avec mes parents, une dame logeait avec son fils Jean-Luc, qui est devenu un grand ami. Elle était peintre. C'est elle, la première, qui m'a montré des tableaux de Rouault, de Cézanne... Enfin, des reproductions. C'est comme ça que j'ai pris goût à la peinture...

 

P comme Pardon :

....J'ai vécu des expériences de pardon absolument impressionnantes, le jour où j'ai prié pour mes parents défunts, pour ma famille, mes grands-parents. Le pardon existe aussi pour des gens qui ne sont plus là, on peut y arriver, mais c'est très dur, surtout quand les parents ont été absents ou violents. Quand il y a un problème, la recette est simple: il faut prier, prier, prier, on ne prie jamais assez ! Et je remercie le Seigneur pour le réconfort qu'il m'apporte. Je crois que ce que le Seigneur nous enseigne, c'est d'être capable de pardon, c'est capital. Je vois tant de gens qui n'aiment pas demander pardon ni pardonner à quelqu'un qui leur a fait du mal. Un pardon parce qu'on s'est mal conduit, ils ne peuvent pas, ils sont bloqués. L'âme se gangrène. Le pardon, c'est une guérison intérieure. Quand on a demandé à Jésus comment prier, il a répondu : Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés (Matthieu 6/12). Le pardon est un lieu d'équilibre, un remède de santé, ce n'est pas pour rien qu'il l'a mis au centre du Nôtre-Père...

 

V comme Vital :

La prière est tellement nécessaire dans le monde! C'est une arme dont nous disposons immédiatement, parce que ce n'est pas en allant se bagarrer à coups de poing qu'on va changer quoi que ce soit. Prier, c'est se confier à un grand ami.

Je l'implique dans toutes sortes de choses quotidiennes. Je prie malgré moi et je ne pense même plus à prier. Je ne me dis pas: je vais prier à telle heure. En 1996, quand j'ai joué le rôle de Momo dans Le Bal des exclus, une pièce de théâtre musicale écrite par l'abbé Pierre sur l'épopée des chiffonniers, mon partenaire avait un long monologue de dix minutes: cela me permettait de prier tranquillement en attendant ma réplique... et ça ne se voyait pas !

Le bus, le métro ou le train sont aussi de belles chapelles. C'est peut-être un peu naïf mais je prie pour les passagers car nous sommes embarqués ensemble pour un petit bout de temps. Je suis assis, je marmonne... Les passagers pensent que je répète un rôle et je les laisse croire.

La prière, c'est comme le cœur qui bat. Elle favorise l'accueil de Dieu en tout être humain, et conduit à la tolérance et au respect...

 

++++++++++

 

Les oiseaux nous enseignent

 

John Stott était un théologien, évangéliste, essayiste et prêtre anglican. Il fut le leader d'un grand mouvement évangélique et à figuré, en 2005, dans le classement du Tome Magazine, des 100 personnes les plus influentes du monde.
Sa passion favorite était : l'ornithologie. 
Auteur de plus de 50 ouvrages, John Stott à défié et nourri la Foi de million de chrétiens. Il nous a quittés en 2011.
   Ce livre, défini par lui même comme un traité "d'orni-théologie", a un intérêt extraordinaire. Il nous fait approcher l'habitat et la vie de certains oiseaux en jetant un projecteur simple et pertinent sur l'enseignement que ces petites merveilles de la nature nous donnent.

 

Voici quelques têtes de chapitres, parmi d'autres, qui m'ont beaucoup intéressée.

 

- La tête des hiboux, ou : " Faire face dans les deux sens ".

Le hibou a une vue excellente et une ouïe très sensible, ce qui lui permet de localiser un petit rongeur caché sous le feuillage. Mais, surtout, le tête d'un hibou est montée sur des appuis si flexibles, qu'elle peut pivoter sur 180 degrés et, parfois jusqu'à 270 degrés. Le corps du hibou peut, donc faire face d'un côté, alors que sa tête regarde dans la direction opposée.
C'est une gymnastique impossible, pour nous les humains. Et, pourtant, en tant que chrétiens nous pouvons imiter cet oiseau:
nous pouvons, sans cesse regarder en arrière avec reconnaissance et avoir un regard vers l'avenir avec espérance.

 

- La valeur des moineaux, ou : "L'estime de soi".

Buffon, le naturaliste français, décrivit le moineau à l'aide de termes des plus péjoratifs: "Il est extrêmement destructif, son plumage est inutile, sa chair est une nourriture médiocre, son chant est discordant..."
Certaines personnes ont une vue exagérée de leur propre importance tandis-que d'autres ont des sentiments d'infériorité paralysants. Or, pour arriver à une certaine maturité, il est important de développer une estime de soi correcte.

La Bible dit que Dieu chérit quand même ces petites créatures à qui il manque un plumage coloré, et un chant musical, Il s'en souvient et les protège. C'est un grand encouragement en ce qui concerne notre propre estime de soi.

 

- Le territoire des rouges-gorges, ou : " L'espace ".

"J'ai besoin d'espace" dites-vous, parfois.
Le territoire est aux oiseaux ce que l'espace est aux humains.
Les ornithologues ont observé qu'une certaine espèce de rouge-gorge est extrêmement querelleur: en effet, son chant lui sert quelquefois, à délimiter son territoire. Il déconseille à ses rivaux de s'en approcher..!
Comme le rouge-gorge, le chrétien n'est pas appelé à s'isoler mais à poser des limites.
Bien des choses s'imposent à nous à longueur de journée.
Il est bon d'apprendre à savoir dire "non"  dans certaines circonstances.

...

++++++++++

 

"Tomber sept fois, se relever huit." -  

(Editions Albin Michel)

Un proverbe japonais, devenu la devise de ce pays, dit : " Telle est la vie : Tomber sept fois et se relever huit."

Philippe LABRO le donne comme titre à son livre, et raconte les nombreuses fois où il est tombé.

Mais c'est surtout cette terrible chute dans la dépression qui fait l'objet de ce récit très personnel. Alors qu'il est le patron de RTL, au sommet de sa réussite, il "craque". Il relate ce que signifie la perte du désir, de l'énergie, le goût de vivre... Mais ce témoignage unique constitue aussi une éclatante preuve de la force de la vie : "Avec la patience, la compréhension et l'amour de ma femme et de tous mes proches, j'ai pu m'en sortir."

Voici quelques extraits de son livre :

 

"... Comment se fait-il qu'un homme, qui a vécu quelques années auparavant une sorte d'ascension vers une bienfaisante lumière irréelle et qui en est revenu, et qui, sur son lit de convalescence, versait des larmes de joie lorsqu'il voyait le bleu du ciel apparaître par la vitre d'une chambre du service de pneumologie de l'hôpital Cochin, puisse aujourd'hui nier tout ce qu'il a célébré ? Un homme qui avait décidé de raconter sa « traversée » et d'affirmer le miracle quotidien de la vie, la beauté d'un grain de sable, d'un brin d'herbe, d'une luciole, d'un feu de bois de cheminée en plein été. Et qui reçoit, après la parution de ce récit, des milliers de lettres de reconnaissance ou de connivence et qui répond en solidarité, en sympathie, à chacune d'entre elles et qui, lorsqu'il participe à quelques séances de dédicaces de cet ouvrage, utilise une fois sur deux la formule : « Ce voyage qui m'a mieux fait aimer la vie.» Comment se fait-il ? Les lecteurs de mes propres livres s'y reconnaîtraient-ils ? Pas plus que mes amis, sans doute. Ils ne comprendraient pas. C'est presque comme une trahison, n'est-ce pas, de passer aussi violemment de la lumière aux ténèbres. Alors il n'y a qu'une réponse : il ne s'agit pas du même homme, voilà la vérité. C'est précisément ce que m'a confié, plus tard, ma femme : « Tu étais un inconnu. » II est tout à fait possible que personne ne sache qui il est, que personne ne le sache avec certitude..."

"... Un matin, au cours du petit déjeuner, alors que je venais de tremper une tartine de pain dans le thé et que je l'avais portée à ma bouche, j'ai eu cette pensée fulgurante : « Tiens ! Cette confiture a du goût. »

J'ai trempé une seconde fois, mordu une seconde fois dans la tartine, et la fulgurante pensée s'est confirmée : la confiture avait du goût, c'est-à-dire que j'avais retrouvé du goût à la confiture. Du goût à la fraise. Le goût était en train de revenir en moi. Je n'ai pas eu, au même instant, la nouvelle pensée fulgurante qui aurait dû consister en ceci : « C'est donc que tu es en train de guérir. »...

 

"... Un poète latin a écrit : « II faut savoir accueillir ta douleur, car tu apprendras d'elle. »

Que devons-nous apprendre ? Que pourrais-je apprendre à celles et ceux qui me lisent ?

J'ai appris de cette douleur qu'il ne faut pas, à peine apparaît-elle, se réfugier dans le silence, l'interrogation, la gêne. Ça peut se reconnaître, une dépression. Pour les médecins, les symptômes sont typiques, répertoriés, évidents. Alors, il ne faut surtout pas attendre pour consulter, surtout pas. Il faut laisser de côté votre orgueil, vos vanités ou vos scrupules, vos faux-semblants, vos mensonges et vos masques. Accepter la vérité, c'est déjà un remède. Consulter un médecin psychiatre ne constitue ni une faiblesse ni une tare. La dépression est une maladie. Ça se soigne. On en guérit.

Ceux qui vous aiment, laissez-les vous soutenir, n'ayez aucune honte à crier au secours, à réclamer de l'aide. Faites confiance aux autres puisque vous ne pouvez plus vous faire confiance.

Faites confiance à leur amour. Il sauve de tout. "

 

++++++++++

" Propos sur le Temps ". ( André Adoul )

Éditions Ligue pour la Lecture de la Bible

 

   Le pasteur André Adoul est décédé il y a une dizaine d'années. Je l'ai connu personnellement. Ses prédications ont eu un impact important et décisif dans mes choix de vie.

À côté de son charisme de prédicateur de l'Évangile, il a su montrer un don appréciable pour l'écriture. Ses œuvres en témoignent. J'aime son style simple et agréable, sa profondeur de pensée, et la rectitude de son enseignement.

"Propos sur le temps" en est une illustration. Voici ce qu'il en dit lui-même en avant-propos :

 

" Lorsqu'un chrétien, ayant largement dépassé la soixantaine, voit les rangs de sa génération de plus en plus clairsemés, ne devrait-il pas honnêtement se dire : « Maintenant, ton temps est compté. Tu dois envisager le grand départ » ? Avec sérénité sans doute, mais aussi avec sérieux. La rencontre avec le Seigneur de gloire se précise et se rapproche. Pourquoi se le dissimuler ? Qui accepte de considérer cet événement donne tout son sens à l'impératif biblique : « Rachetez le temps ! »

C'est pour cette raison que j'ai écrit ces pages. D'abord pour moi, et puis pour ceux qui pourraient en faire leur profit. Mon souhait est que Dieu les utilise pour l'avancement de son Règne."

 

Parcourons quelques têtes de chapitres :

- Le Temps des rêves,

- Le Jour du Repos,

- Gagner du Temps,

- Saisir le Temps,

- L'Enthousiasme, dont voici un court extrait :

 

" Un industriel avisé déclarait : « Entre deux candidats pareillement doués, je choisis le plus enthousiaste, car je sais qu'il ira plus loin que l'autre. » II avait raison. Les gens efficaces se font très vite remarquer. Ils vont de l'avant avec fougue et apportent à leur entreprise une ardeur soutenue. Le constructeur d'automobiles Chrysler affirmait que le vrai secret de la réussite, c'est au premier chef l'enthousiasme. Ce que ne contestait pas l'évangéliste Moody : « L'enthousiasme effraie bon nombre de gens. Un chrétien se montre-t-il ardent ? Zèle sans connaissance, explique-t-on. Quant à moi, je préfère l'enthousiasme même sans connaissance, à un grand savoir dénué de chaleur. Je connais des hommes pétris de connaissances, mais qui n'ont pas la moindre étincelle dans l'âme... Je ne peux comprendre un chrétien qui réalise sa position « en Christ » sans que son cœur brûle d'un bout de l'année à l'autre. Si vous vous lancez dans le commerce et n'y mettez pas votre cœur, attendez-vous à un échec. Dans l'œuvre du Seigneur, il faut des hommes livrés corps et âme à leur Dieu.»

 

Enthousiasme vient d'un mot grec ( enthousiasmos formé de en et de théos ). Étymologiquement il signifie : qui a un Dieu en soi. Or, puisque l'enfant de Dieu est habité par l'Esprit Saint, ne devrait-il pas être le plus enthousiaste des hommes ?...

 

Surtout, ne confondons pas enthousiasme et optimisme. Ces termes ne sont synonymes qu'en apparence. Pour mieux les distinguer, considérez leurs contraires : Optimisme a pour antonyme : pessimisme, alors qu'enthousiasme a pour contraires : indifférence, apathie, détachement.

- L'optimiste n'est pas un lutteur. La vie lui apparaît tellement rose qu'il n'éprouve pas le besoin d'intervenir. Puisque tout finira bien, pourquoi s'en mêler ? Plutôt gai de nature, il occulte ou minimise les difficultés, imagine volontiers le succès et l'attend passivement. Apercevant un gros nuage à l'horizon, il préfère croire qu'il ne pleuvra pas. « II vaut mieux, dit le philosophe Alain, voir le nuage plus noir et prendre un parapluie. » « Les vrais optimistes », constate Duhamel, « n'écrivent pas : ils mangent ; ils jouissent... » Autrement dit, ils se laissent vivre.

- L'enthousiaste diffère de l'optimiste. Il entre dans l'action et s'y donne à fond, même s'il est en droit de se montrer pessimiste. Lucide et réaliste, il voit les difficultés et les empoigne à bras le corps, avec passion, tout à la joie de les surmonter. Il n'imagine pas le succès : il croit fermement qu'il y parviendra. Au lieu de l'attendre passivement, il met tout en œuvre pour l'atteindre coûte que coûte. Et cette fougue qui l'anime stimule chez lui des forces créatrices qui favorisent la réussite..."

 

+++++++++

 

   Artiste emblématique de la chanson française, Anne Sylvestre, est auteur-compositeur-interprète.

" Coquelicot " est son premier livre. Tout en finesse et en profondeur, elle parle des mots qui l'émeuvent, dévoilant, à travers eux, quelques bribes de sa vie. On y découvre des souvenirs ressurgis, des petits bonheurs du quotidien, des champs de son enfance, des coulisses de la scène.

Ce sont des confidences qui nous ravissent, et qui trouvent un écho dans nos propres souvenirs.

   Voici quelques extraits de son livre que j'ai beaucoup aimé et que je vous conseille, paru aux Éditions Points.

 

Coquelicot

   C'est un cri, c'est un appel, c'est un mot de joues rouges et de course folle dans les blés, de mollets piqués par les chardons, de roulades dans le fossé...

C'est un mot claquant, insolent, cueille-moi si tu l'oses, je me fanerai aussitôt mais regarde : je suis légion. Je pousse et je re-pousse, et dans cette flaque rouge tu ne sais plus où poser les yeux. Coquelicots, cavalcade, concours à qui sera le plus rouge, tes joues ou moi.

On en faisait des poupées. On cueillait une fleur, sa tige bien longue, et puis après avoir rabattu et noué d'un brin d'herbe sa jupe de soie écarlate, on cassait un bout de la tige pour la piquer en travers du corselet, comme des bras maigres, petite danseuse, marionnette fragile qui ne durait que le temps du plaisir...

Petits mots

   Attendant une visite, et devant m'absenter pour cinq minutes à la poste, je colle sur ma porte un petit papillon vert « J'arrive ». Revenant au galop, je trouve mon petit mot à sa place mais mon amie Éliane (qui a la clé) l'a transformé en « Je suis arrivée » et m'accueille avec un éclat de rire. Ça m'a enchantée. J'adore les petits mots, et la façon dont ils ponctuent ma vie.

Petits mots, mémos ou pense-bêtes, petits mots de tendresse, recommandations ou simples rires (même si on les nomme à présent « post-it »), on en trouve de toutes les couleurs, et c'est bien pratique ce petit trait de colle, on peut en poser partout. Permanent près de la porte : n'oublie pas tes clés, ton téléphone ! À la cuisine : ne pas brancher le four électrique, il ferait tout sauter ! Au secours quelqu'un ! La cafetière fuit !

Chez nous, jamais personne n'a quitté la maison sans laisser derrière soi, sur la table, un bisou, je rentre à telle heure, je n'ai pas voulu te réveiller, encore bisou, je rapporte le pain, les fleurs, le journal... Il y a des surprises dans le frigo, qui a mangé tout le chocolat ? Laisse bien la clé sous le pot de fleurs, je t'aime... et des petits cœurs sur l'oreiller, dans les poches du manteau... infime douceur pour plus tard.

Me jugera-t-on mal si, volontairement, j'omets, j'oublie les petits mots cruels, menteurs, assassins dont on peut assombrir la vie ? Je voudrais les annuler, les empêcher de nuire, d'un froissement de papier et continuer d'avancer, Petite Poucette jalonnant ma route de bouts de papier, de pense-pas-bête, pour ne surtout pas oublier de rire, d'aimer, de vivre...

Encre

    Quand on passait du crayon à l'encre, c'était une promotion.

Il y avait d'abord les «crayons-à-encre» qu'il fallait lécher et qui nous faisaient la langue toute bleue. Ensuite, pour écrire à la plume, on appuyait si fort qu'on écorchait le papier. Les deux becs s'écartaient, on faisait un pâté, et ce drôle d'oiseau nous regardait d'un œil torve. Je n'aimais pas les plumes Sergent-Major. Elles étaient trop raides. On avait le bout des doigts tout noir. Et si on se grattait, on s'en mettait partout sur la figure.

Certaines filles avaient un petit chiffon pour essuyer leur plume. Mais le chiffon devenait vite dégoûtant.

Et puis on passait au stylo. Souvent on le recevait en cadeau. On soulevait une petite languette pour aller pomper l'encre dans les bouteilles "Waterman" qu'on pouvait poser sur un de leurs côtés. On écrivait à l'encre bleue. Maman prenait bleu-noir. C'était chic.

À quatorze ans, j'ai essayé "Bleu des mers du Sud". C'était beau ! On me l'a interdit. C'était trop fantaisiste. Quant à l'encre verte, n'y pensons même pas. Je n'ai pas essayé l'encre violette. Ça faisait demi-deuil.

Les professeurs abusaient de l'encre rouge. Ils défiguraient nos copies.

On est passé au stylo-bille. Ah ! quel progrès ! Je n'ai pas beaucoup aimé ça. Il faisait une écriture trop maigre. Et je ne trouvais jamais les cartouches de rechange.

Enfin le feutre vint. C'est comme un crayon mais ça écrit à l'encre. Et quand il est à sec, on le jette. Plus de problème ni de regret.

J'ai prêté mon feutre à Hélène. Elle a tellement appuyé dessus qu'elle en a fait un pinceau. Elle est énergique.

Pour mon agenda, j'ai gardé un crayon avec une gomme au bout. Pour les doutes et les remords.

On me dit qu'il existe des stylos-bille dont on peut effacer les lignes. Mais alors quel intérêt ?

On commence à me dire : Quoi, tu écris encore à la main ?

Je regrette les doigts tachés d'encre.

Je regrette la petite pompe du stylo, et son cérémonial.

Je regrette le Bleu des mers du Sud, et le Bleu-Noir qui prenait des reflets violets.

Je regrette l'odeur de l'encre.

Je regrette les pleins et les déliés, les belles majuscules avec leurs fioritures.

Je regrette même l'encre rouge des professeurs.

Je regrette les brouillons, les ratures.

Je regrette les plumiers au joli nom d'oiseau.

Je regrette cette crampe dans ma main, qui parfois m'empêche d'écrire...

 

++++++++++

 

Mes petites France

( Nous sommes tous des Provinciaux )

Éditions Fayard

 

Au delà de l'accent, qu'est-ce qui distingue un Breton d'un Auvergnat, un Gascon, d'un bourguignon ? Comment se sont forgés des identités régionales, et qu'en reste-t-il aujourd'hui, au temps de la mondialisation. Faut-il encore donner du crédit aux vieux clichés : "têtu comme un Breton", "nonchalant comme un provençal", ou "bourru comme un Savoyard"...

À ces questions Pierre Bonte répond avec son approche toute personnelle, son observation et sa connaissance de la France intime. Le livre nous fait cheminer à travers ces "Petites France" qui font la "grande" et qui sont autant d'images d'une communauté nationale à laquelle chacun est attaché.

Voici un extrait de ce livre plein d'anecdotes, de rencontres, d'originalités, et d'humour simple.

 

"...Les Berrichons se réconfortent en pensant que George Sand aimait passionnément leur région et ses habitants. Devenue propriétaire, à dix-sept ans, du château de Nohant, au sud de l'Indre, où elle avait été élevée par sa grand-mère, elle a toujours préféré ce domaine berrichon à sa résidence parisienne. À la fin de l'été 1845, dans une lettre à un cousin, elle pleure d'avance le « séjour de la campagne que j'aime tant et qu'il faut quitter pour celui de la grande ville que je déteste... J'aspire à revenir m'enfermer dans mon horizon de choux et de pommes de terre ». Elle s'y installera définitivement, d'ailleurs, à partir de 1853, et elle y mourra. « Le pays n'est pas beau, écrit-elle en 1844 dans un accès de modestie typiquement berrichon. Il a des petits coins agréables que j'adore et que je trouve sublimes, mais c'est de l'orgueil de village et l'amour du clocher.» Elle aime surtout les Berrichons: « Les habitants, depuis quarante ans que je vis avec eux, me paraissent la meilleure population du monde...»

 

...Les Gascons sont toujours les meilleurs dans la troisième mi-temps, lorsque les joueurs des deux camps oublient leur rivalité pour faire la fête, boire, manger et interpréter ensemble tout un répertoire de chansons en gascon.

C'est fou comme ils aiment chanter, à toute occasion: pour le plaisir d'être ensemble, de retrouver leurs racines dans des mélodies dépeignant la vie d'autrefois, au temps des bergers, et clamant leur amour de la montagne, du pays natal. Leurs visages, alors, deviennent subitement graves. Ils se rapprochent pour communier dans la même émotion. ...Une question m'intrigue : alors que la plupart des Français chantent faux, pourquoi les Gascons parviennent-ils naturellement à former des chorales harmonieuses? D'où leur vient ce timbre de voix particulier, légèrement nasillard, aux sonorités puissantes? Ont-ils un appareil vocal à la structure spécifique? «Notre voix porte davantage parce que nous parlons la tête haute, les yeux dans les yeux».

 

...S'ils connaissent la valeur de l'argent, les Auvergnats peuvent être très généreux et ils me l'ont souvent prouvé. À table, en particulier... En Auvergne, la cuisine est riche, les repas sont copieux, les portions plantureuses. Et votre hôte ne vous laissera pas partir sans s'assurer que, vraiment, vous n'avez plus faim. Vialatte, d'ailleurs, qui ne peut pas être soupçonné de complaisance, n'hésite pas à proclamer que «rien ne surpasse l'avarice d'un Auvergnat, si ce n'est... sa générosité».

Là encore, les chiffres parlent: les Auvergnats font partie des Français qui déclarent le plus de dons à des associations caritatives, selon une étude établie à partir des relevés d'imposition 2006, 2007 et 2008. Ce qui les gêne, en fait, ce n'est pas de dépenser, mais de mal dépenser. Et pour eux, donner aux démunis, faire des cadeaux à des amis, bien les recevoir, ce sont de bonnes dépenses. Pour la Saint-Valentin, par exemple, ils sont aussi nombreux qu'ailleurs à offrir des fleurs à leur compagne. Les fleuristes ont simplement remarqué qu'ils achetaient plus volontiers une plante que des fleurs coupées, «parce que ça dure plus longtemps».

Georges Brassens leur a rendu justice de la plus belle manière dans sa tendre Chanson pour l'Auvergnat. Elle est dédiée à Jeanne Planche et à son mari Marcel, chez qui il s'était réfugié en 1944 pour échapper au STO (Service du travail obligatoire) :

« Toi l'Auvergnat qui sans façon

M'as donné quatre bouts de bois

Quand dans ma vie il faisait froid,

Toi l'hôtesse qui sans façon

M'as donné quatre bouts de pain

Quand dans ma vie il faisait faim... »

 

++++++++++

 

Michel DELPECH :

"J'AI OSÉ DIEU" (Chemin faisant )

Éditions Presses de la Renaissance

 

Le célèbre chanteur Michel Delpech vient de nous quitter en ce début d’année 2016. Cette star des "yé-yé" a enchaîné les tubes dès le milieu des années 60. Après une "traversée du désert", il renoue avec le succès grâce à ses duos et à son livre: "La jeunesse passe trop lentement".

Il a aussi écrit "Vivre" où il partage son combat contre la maladie, et la force qu'il a trouvé dans la prière et la confiance en Dieu.

Mais c'est dans "J'ai osé Dieu" qu'il raconte sa rencontre avec la personne de Jésus et son expérience d'une Foi personnelle. Il exprime la nécessité de le "dire", mais "je sais, ajoute-t-il, que ce langage est difficilement audible. Une star qui cultive sa vie intérieure, qui prie et qui témoigne de son amour pour Jésus, qui affirme que ce n'est pas une toquade passagère, est-ce crédible ? Je m'y risque quand même, parce que je sais que si je m'en allais sans avoir parlé, j'aurais des regrets."

J'ai donc relevé pour vous ces lignes où il raconte cette expérience :

 

"Dieu est un père ; je ne peux pas, je ne veux pas Le décrire. Je suis chrétien, je crois que Jésus aussi est Dieu. Mais lui, c'est un frère. Un frère que je connais bien : je l'ai rencontré. Ce fut, dans ma vie, un événement fondateur. Je m'en souviens, aujourd'hui encore, dans les plus menus détails....

C'était au milieu des années 1980. Je venais d'épouser Geneviève, un mariage religieux à l'Église copte, et nous avions choisi de passer quelques jours à Jérusalem. Ce n'était pas un simple voyage d'amoureux: soyons honnêtes, on ne se rend pas à Jérusalem comme on va aux Baléares ou aux Maldives. Il ne s'agissait pas non plus d'un pèlerinage à proprement parler. C'était plutôt, dans notre esprit, un voyage touristico-spirituel, un besoin partagé de se plonger dans un bain religieux à l'occasion de la découverte d'un nouvel horizon.....

Avec un guide très érudit, nous avions accompli, en l'espace d'une journée, une sorte de pèlerinage en accéléré comme on en propose couramment aux visiteurs découvrant le lieu, visité le Mur et, après une longue balade dans la vieille ville, nous nous étions rendus au Saint-Sépulcre pour « voir » le tombeau du Christ, comme on le ferait d'un musée ou d'un autre lieu archéologique.... Je me suis retrouvé devant la pierre du tombeau. Et d'un seul coup, devant cette pierre, j'ai eu la sensation d'être arrivé à destination. Je me suis agenouillé, l'espace d'un instant. Et Jésus est entré dans ma vie, dans mon cœur. Je n'ai pas ressenti de choc, je n'ai pas été foudroyé : c'était, au contraire, très doux. Jésus était là, je l'ai rencontré. C'était Jésus, j'en suis certain ; ce n'était pas le Père. Ce n'était pas une hallucination non plus. J'ai immédiatement eu la sensation que j'étais sauvé, du simple fait de cette rencontre. Tout ce qui m'était arrivé auparavant devenait caduc....

Depuis que je l'ai rencontré, Jésus est, pour moi, un être très particulier. Un ami, un frère. Je l'aime, quoi ! Je pense souvent à lui. Je ne pense pas du tout à sa souffrance, glorifiée par l'Église, mais à sa grandeur. À sa sagesse. À sa vie. À son amour....

Je pourrais résumer le but de toute ma quête spirituelle en deux mots : aimer Jésus. L'aimer plus que tout, toujours et à chaque instant. L'aimer très fort. Tel est mon but, et il me suffît. Je suis comblé par les instants où j'ai la sensation d'aimer Jésus, par les moments où je suis avec lui. Très franchement. Si je suis avec lui et que je l'aime, ça me va. Je sais qu'il m'aime aussi, je n'en doute pas. J'en suis plus que certain...." 

 

++++++++++++++++

 

"PAROLE AUX FEMMES"

(Au Nord comme au Sud, elles changent le monde)

de Gabrielle Desarzens - Édition StopPauvreté. 2015

 

C'est un livre écrit sur les femmes qui a tout d'un cri parce que la façon dont on traite les femmes dans une société est révélatrice de la façon dont on traite son prochain.

Ce livre met en évidence l'action que seize femmes mènent contre la pauvreté, et mettent au grand jour les injustices dont elles sont victimes. Elles s'approchent des plus démunis avec le désir profond de servir leur prochain dans une perspective chrétienne de don de soi, de respect, et de désintéressement.

Entre autres personnalités on fait connaissance avec:

- Hélène Alemesuey qui a lutté contre la prostitution de la misère à Kinshasa,

- Hetty Overéen, pasteure itinérante qui sillonne la Suisse avec un âne, un chien, une roulotte et un tipi et va à la rencontre de ceux qui vivent dans l'isolement social et spirituel,

- Edith Tellenbach qui développe un atelier de bijoux en plein désert de Gobi, créant ainsi des emplois pour de nombreuses femmes mongoles, etc...

 

Voici l'extrait du portrait de l'une d'entre elles:

"La guerrière de la Paix" : La Libérienne Leymah Gbowee, co-lauréate du Prix Nobel de la Paix 2011.

Alors que son pays, le Liberia, s'enfonce dans la guerre civile, elle paie de sa personne de manière spectaculaire.

Plusieurs fois réfugiée au Ghana, dévalorisée par son compagnon qui la bat, elle réussit à se relever et à mettre en mouvement une armée de milliers de femmes chrétiennes et musulmanes, en faveur de la Paix. Toutes habillées de blanc, elles organisent de gigantesques sit-in pendant plusieurs mois dans la capitale Monrovia. Leur but : faire pression sur le président Charles Taylor pour qu'il fasse cesser les combats dans le pays. Lorsque les pourparlers débutent enfin au Ghana, Leymah Gbowee s'y invite accompagnée d'une petite délégation de femmes. Alors qu'aucune décision n'aboutit, elle décide de bloquer les issues du bâtiment où se tient la réunion jusqu'à ce qu'un accord soit signé. Elle menace même de se déshabiller devant tout le monde. Résultat: les délégués signent enfin un accord de Paix.

 

+++++++++++++++++

 

 

LES ANGES, AGENTS SECRETS DE DIEU

(par Billy Graham)

Éditions Décision France

 

La relecture de cet ouvrage de Billy Graham, m'a semblé vraiment appropriée, au moment où nous entrons dans les fêtes de Noël. En voici quelques extraits:

 

" Les ANGES nous servent personnellement. De nombreux récits de la Bible confirment que nous sommes l'objet de leur attention.

Comme évangéliste, je me suis souvent trouvé trop épuisé pour parler à l'immense public rassemblé dans les stades pour écouter la Parole de Dieu. Chaque fois ma fatigue s'est dissipée, mes forces ont été renouvelées. Je me suis senti rempli de la puissance du Seigneur, non seulement dans mon âme, mais aussi dans mon corps. Souvent, Dieu a été pour moi réellement proche et Il a envoyé des visiteurs angéliques, invisibles, pour toucher mon corps afin de me permettre d'être son messager céleste, parlant comme un mourant à des hommes mourants.

Nous ne sommes pas toujours conscients de la présence des ANGES. Nous ne pouvons pas toujours prévoir leur apparition. Mais on a dit que les ANGES sont nos voisins. Souvent, à notre insu, ils nous accompagnent. Nous ignorons presque tout de leur action constante. La Bible dit qu'un jour nos yeux s'ouvriront pour voir et connaître l'étendue du ministère des ANGES en notre faveur.

Bien des chrétiens ont, semble-t-il, été les objets de l'attention des ANGES. Parfois, ils n'en ont pas été conscients ; mais cette visitation n'en a pas été moins réelle. La Bible déclare que Dieu à donné à ses ANGES l'ordre de servir son peuple, c'est à dire, ceux qui ont été rachetés par le Sang du Christ."

( Billy Graham)

L'organisation des Anges :

1° - L'Archange MICHEL : La Bible ne mentionne que Michel comme archange (Épître de Jude, verset 9). Son nom signifie : "Qui est comme Dieu". Le préfixe "arch" signifie "premier, principal, chef..." Un archange est donc un ange "chef". Ainsi, Michel est au-dessus de tous les anges, reconnu comme le premier Prince du ciel, au sommet de la hiérarchie. Il est en quelque sorte le premier ministre de l'organisation de Dieu dans l'univers, et "l'Ange administrateur" de Dieu pour le Jugement, car jamais la Bible ne parle d'Archanges au pluriel. Le mot est toujours au singulier.

2° - Un ange particulier: GABRIEL

Son nom signifie en hébreu "le messager de Dieu". Il est avant tout, le messager de la grâce de Dieu, son "porte-promesse". Il apparaît quatre fois dans la Bible, toujours comme messager de bonnes nouvelles. Ses messages révèlent les plans et les projets de Dieu et ils sont d'une extrême importance.

Dans le Nouveau Testament, Gabriel apparaît dans le premier chapitre de l'Évangile de Luc. Il annonce la naissance de Jean-Baptiste à Zacharie son père, et décrit la vie et le ministère de ce précurseur de Jésus.

Dans la plus importante de ses apparitions, Gabriel annonce à la Vierge Marie, la naissance de Jésus le Sauveur. L'ange lui dit: "Ne crains pas Marie, car tu as trouvé grâce devant Dieu. Tu auras un fils, tu lui donneras le nom de Jésus. Il régnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin."

Dans tous les temps, cette annonciation divine de l'ange Gabriel sera la grande charte de l'incarnation et les fondations du monde à venir, c'est à dire: "Dieu devenu chair, pour nous racheter."

3° - Les Séraphins : Le mot signifie probablement "ardents, brûlants". Ils ne sont mentionnés que dans le prophète Esaïe. Dans une vision extraordinaire, le prophète en adoration contemple, au dessus du trône de Dieu, des séraphins pourvus de six ailes. Ils sont, en fait, indestructibles. Le ministère des séraphins consiste à louer le Nom et les qualités de Dieu. Ils glorifient Dieu constamment.

4° - Les Chérubins : Dans la Bible, ils servent à marquer la sainteté des représentations célestes. Selon les ordres donnés par Dieu, ils font partie de l'ornement de l'Arche de l'Alliance et du Tabernacle. Ils étaient également présents dans le Temple de Salomon. Le Psaume 80 verset 2, dit en parlant de Dieu : "Toi qui es assis sur les chérubins."

Nul ne peut nier la gloire de Dieu et toutes les créatures célestes témoignent de sa splendeur.

 

En conclusion, n'oublions pas que la gloire des Anges, si brillante soit-elle, s'estompe et disparaît à la lumière ineffable du Seigneur Jésus. Devant lui, toutes les puissances du ciel et de la terre se prosternent en un culte de louange.

 

 

"Comment devenir un optimiste contagieux"

Livre de Shawn ACHOR -

( Éditions France Loisirs )

 

L'auteur parle de l'élasticité de notre cerveau, mais aussi de nos habitudes et de nos pratiques et il affirme que nous sommes éducables, même sans aller dans une école prestigieuse. En effet, nous sommes capables d'être heureux... Quand nous y parvenons, nous en ressentons, immédiatement les résultats, nous devenons plus inventifs, nous vivons mieux en étant meilleurs... Ce livre m'a enthousiasmée et je vous en livre un petit extrait :

 

"Tirer partie de "l'atout bonheur", dans le milieu du travail, c'est possible. Nous pouvons, tous, récolter les bienfaits de "l'atout bonheur", si nous nous y employons. Le bonheur n'est pas, simplement une question d'humeur, c'est une éthique de travail. Nous pouvons atteindre ce but en poursuivant des objectifs significatifs, en recherchant des occasions de rencontres, et en entretenant des relations sociales enrichissantes.

Les meilleurs dirigeants se servent de "l'atout bonheur" comme d'un outil pour motiver leurs équipes et optimiser le travail. Il suffit, pour cela, d'exprimer de fréquents encouragements et marques de reconnaissance. Les études l'attestent, les responsables qui s'y emploient, notent une augmentation substantielle de la productivité de leur personnel. Selon une enquête, les équipes dirigées par des cadres encourageants, obtiennent des résultats supérieurs à ceux des équipes dont les responsables sont moins positifs et moins enclins à féliciter leurs troupes. En fait, quand une marque de reconnaissance est ciblée et délibérée, elle se révèle plus motivante qu'une prime.

Le directeur général d'une grande chaîne d'hôtels de luxe, réserve du temps, à la fin de chaque réunion de direction, pour que l'un des participants s'exprime, pendant une minute, sur un employé qui mérite d'être reconnu. Il peut s'agir d'un cadre ou d'une femme de ménage. Après cette intervention, un autre dirigeant se propose de téléphoner ou d'envoyer un mail et, même, à rendre visite à cet employé pour le féliciter de son excellent travail. Il ne s'agit pas d'une simple gentillesse, les avantages de cette pratique ont une grande portée. La personne qui se sent reconnue, a, forcément, le moral au beau fixe, tout comme le responsable qui l'a recommandé. Tout le monde est bénéficiaire."

 

 

André Chamson

 

Pendant l'été, j'ai assisté à une reconstitution historique au Vigan, cette petite sous-préfecture du Gard.

Des artistes costumés surgissaient au coin d'une rue ou sur une place, racontant des événements survenus à ces endroits. Sur la place de l'église on entend les cris d'une mère de famille qui admoneste son garnement qui venait de faire une bêtise et on voit le garçon traverser la place en courant pour échapper au "courroux" de sa grand-mère. Ce garçon espiègle et vif c'est André Chamson.

Bien que Nîmois de naissance, André Chamson, écrivain bien connu et membre de l'Académie Française, a passé son enfance et son adolescence au Vigan chez sa grand-mère.

Figure exemplaire des intellectuels des années 1930, il connut André Gide, André Malraux, Pablo Neruda.

Élu président du Club International des Écrivains fondé en 1921. Il organisa le Premier Congrès d'Intellectuels au Japon, et ses romans, traduits en 23 langues, lui permettent de dire "le monde est ma paroisse".

Son regard portait donc loin, mais c'est toujours vers les Cévennes que s'orientait sa pensée, l'Aigoual restant le point sacré de sa géographie. C'est à l'évidence la relation aux Cévennes qui structure son œuvre littéraire et sa personnalité.

Tout jeune, en gravissant le mont Aigoual, il découvrit " la clarté qu'il fallait à son regard " et aussi la pérennité des choses solides et sures sur lesquelles il pouvait s'appuyer pour avancer.

Son rapport au monde se construisit sur ses premières expériences de " montagnard en herbe " et c'est dans cet espace de liberté que se forgea son imaginaire et se construisirent les principes fondamentaux qui orientèrent sa vie.

En particulier, un de ses livre "l'Aigoual", publié en 1930, est consacré au Massif de son enfance. Cinquante trois ans plus tard, dans l'un de ses derniers textes, il s’exclamait encore : " Pour moi, l'Aigoual est le mont Horeb, l'Olympe et le Parnasse, la Montagne Sainte. C'est là que j'ai découvert ce que le monde porte en lui de noblesse et de beauté. C'est là aussi que les miens plongent leurs racines plusieurs fois séculaires."

Son arbre généalogique remontait jusqu'en 1670 et comportait des travailleurs de la terre et des artisans qui tissaient le drap et l'étoffe de laine grossière, et avec eux il se sentait de ces hautes vallées des Cévennes autant qu'on peut l'être.

A la fin de 1940, il acheta une maison à Valleraugue. Cette maison s'appelle "Les Bressous" ( Les Berceaux ), nom symbolique ! Elle fut, à certaines périodes de la guerre, un asile, et quand il commença à organiser dans les Cévennes en 1941, des possibilité de refuge, les gens se recommandaient du "Monsieur des Bressous".

André Chamson fit des Cévennes son fief littéraire et le décrivit en détail et d'une manière romanesque, laissant au lecteur la possibilité d'en deviner les contours. Tout en étant attaché à la géographie de "sa région", Chamson étant un homme de mémoire, en relata aussi l'histoire. De cette veine sont "La Superbe" et "La Tour de Constance" dans lesquels il porta au grand jour les terribles événements qui fondent la mémoire collective cévenole : La guerre des Camisards, sur l'instigation de Louis XIV, au nom du principe "Un seul roi, une seule foi !"

Le maître mot, " Résister", gravé sur la pierre de la Tour de Constance à Aigues-Mortes par Marie Durand, devint une injonction dont Chamson se fit une devise sa vie durant et qu'il fit inscrire sur son épée d'académicien et sur le rocher qui lui sert de tombe à la Luzette, en haut de sa montagne tant aimée.

Et voici un extrait du "Livre des Cévennes: Les quatre éléments - Le pouvoir des mots" (Éditions Omnibus)

 

" Parle français ! " répétait grand-mère en élevant la voix,... "Mais parle donc français ! Toujours ton patois ! Ça te servira dans la vie. Tu feras rire les gens quand tu monteras à Paris...!"

Mais si grand-mère me défendait de parler la langue d'Oc, elle se trompait elle-même souvent et me l'enseignait sans même y prendre garde. Combien d'objets ne savait-elle désigner qu'avec les mots du pays ? Elle avait beau ne vouloir se servir que du français, le vieux parler Roman se mêlait sans cesse à la trame de ses phrases. Si grand-mère voulait m'obliger à parler français c'est parce que cette langue était pour elle, celle qui pouvait permettre à l'homme de s'entretenir avec Dieu : ces protestants cévenols d'autrefois obéissaient à une des lois les plus profondes de l'humanisme. Ils avaient besoin, à côté de la langue de tous les jours, d'une langue "savante" et pourtant, sans secrets pour eux. C'était l'instrument nécessaire de leur élévation et de leur culture. Ils l'avaient trouvé dans la langue de Clément Marot et de Jean Calvin, qui n'était pas leur langue maternelle, mais dont ils avaient le plein usage depuis le XVI ème siècle. Jamais savant ne fut aussi à l'aise devant l'hébreu, le grec ou le latin que ces pauvres gens devant leur Bible française...

 

 

Du massacre à la délivrance...

Le 24 avril 2015, les Arméniens du monde commémorent les 100 ans du génocide de leur peuple.
Nous savons que l'Arménie a été le premier pays à adopter le christianisme comme religion d'État en l'an 301. C'est un peuple attaché à ses racines et à la foi chrétienne.

A cette occasion, j'ai résumé le livre "Du Massacre à la Délivrance" de Haïg Keuchkerian (Editions Ichtus)
C'est le témoignage poignant d'un rescapé du génocide devenu officier de l'Armée du Salut.

 

Haïg Keuchkerian est né au début des années 1900, dans le petit village de Tekmen, département de Sivas, en Turquie. C'était un endroit inondé de soleil, bordé par le fleuve Kesil Irmak et arrosé aussi par une grande rivière qui descend des montagnes. Ses eaux claires et fraîches donnaient la vie au village: tous les champs étaient irrigués, les moulins tournaient et, ainsi, chacun était indépendant. Tout le monde était heureux, les moissons étaient abondantes et les fruits et légumes poussaient à volonté. Les fêtes traditionnelles ponctuaient la vie du village dans la joie simple et partagée.

Mais, le 24 avril 1915, l'ordre est donné par le gouvernement Jeune Turc de rayer de la carte l'Arménie et les Arméniens. Ce fut le premier génocide du XXème siècle faisant 1,5 million de victimes sur 2,2 millions d'Arméniens vivant dans l'Empire Ottoman.

Les massacres ont commencé par l'arrivée des soldats turcs qui ont envahi le village. Ils ont fait sortir de leur maison Haïg et sa famille, ont fusillé plusieurs personnes, dont le père, assassiné, ainsi, sous ses yeux.

Avant de mourir, son père a eu le temps de lui crier cette phrase: "Mon fils, crois au Seigneur Jésus et Il viendra à ton secours." Ces mots resteront gravés dans son esprit et deviendront le mot d'ordre de toute son existence. Pendant des semaines, Haïg, qui n'a pas 15 ans, erre de ferme en ferme, faisant quelques travaux contre une piètre nourriture et un peu de paille comme couchage. C'était très dur de marcher, sans chaussures, parmi les épines et les pierres. Souvent, il pleurait de douleur. Après des mois d'errance, d'abandons et de mauvais traitements de toutes sortes, il réussit à rejoindre un groupe de réfugiés qui se dirigeaient vers une grande ville. Là, il est conduit dans un orphelinat américain. Sa tête était pleine de plaies et de poux. A l'hôpital, on décida de le traiter par rayons. Les appareils, mal utilisés, lui laisseront des séquelles indélébiles. En 1922, Haïg part pour Damas puis rejoint Beyrouth, dans l'espoir de s'embarquer pour la France. Grâce à un ami, il arrive à Saint-Etienne où il trouve une chambre et un travail. Un dimanche, dans la rue, juste en bas de sa chambre, il entend un groupe qui chante des cantiques. Il en reconnaît la mélodie et cela lui rappelle le temps où il les chantait, à l'église de son village. Très vite, il prit contact avec ce groupe de l’Armée du Salut et voulut faire partie intégrante de cette "Armée". Il sentit, dans son cœur, un appel de Dieu a le servir à plein temps et, au cours d'un rassemblement de jeunesse, il se consacra à Dieu pour devenir officier de l’Armée du Salut. A la fin de sa formation, en 1932, le Lieutenant Haïg Keuchkerian reçoit sa première affectation, suivie de beaucoup d'autres. Il conclue son récit en disant: "J'étais seul sur la terre. Dieu m'a donné des frères et des sœurs. Il m'a donné le bonheur de fonder une famille, d'avoir des enfants et des petits-enfants qui aiment le Seigneur. Aujourd'hui, je vis pleinement cette parole laissée par mon père, avant sa mort: "Confie-toi en Jésus-Christ et Il te délivrera."

++++++++++++

" EN TOUTE LIBERTÉ "

de Roland Giraud - paru aux Éditions Le Passeur.

Voici un extrait de l'autobiographie de Roland Giraud dont j'ai découvert le parcours qui m'a beaucoup intéressée et que je vous recommande. Il écrit qu'après le silence et la réserve : "Voilà la hâte de partager me presse. Les mots et les images se bousculent. Ils ont soif de s'envoler jusqu'à l'ami, le compagnon, le frère que vous avez décidé d'être, en ouvrant ce livre".

 

" Je suis né au Maroc en 1942. Mon père exerçait la profession de postier. C'était un athée profondément honnête. Les souvenirs du Maroc, ce sont surtout, les odeurs des oranges, du couscous et du thé à la menthe. Mon père, ayant obtenu de l'avancement, nous partons pour la France, à Montauban, en 1948, ce qui me fait dire: "Être déraciné de son enfance, c'est mourir un peu... ou, c'est grandir autrement."
A l'âge de 19 ans, je "monte" à Paris où je commence à prendre des cours de chant avec le maître Raymond Girard qui déclare, après plusieurs essais: "Il a une voix et un physique, mais tout reste à faire!"
En 1963, c'est l'heure du service militaire et le départ pour l'Algérie. J'étais déçu de me retrouver dans un uniforme de soldat alors que j'avais espéré entrer au théâtre. La-bas, j'ai eu plusieurs amis, en particulier, un prêtre qui a essayé de m'éveiller à la spiritualité, sans trop de succès. Plus tard, j'ai constaté que Dieu préparait le terrain.
En 1966, j'ai épousé Maaïke qui est d'origine hollandaise et de confession protestante. C'est au milieu de sa famille qu'est né mon intérêt pour les choses essentielles, les choses de la foi.
Maaïke est un merveilleuse personne qui va enrichir ma vie. Elle méritait, sans doute, mieux que moi, mais je lui suis infiniment attaché. Elle est la femme de ma jeunesse. Elle aussi est comédienne et a souvent affirmé: "Je ne veux pas devenir une vedette et risquer de perdre mon âme."
J'ai commencé à connaître la notoriété et les tentations de toute sorte n'ont pas manqué. Maaïke m'a souvent ramené à l'essentiel. Puis vint le dimanche premier novembre 2004, où nous n'avons plus eu de nouvelles de notre fille Géraldine et, surtout, le 9 décembre où j'ai appris sa mort, elle avait 36 ans. Le soir même, je suis monté sur scène pour jouer "Avis de tempête".. Je ne savais pas, à ce moment-là, qu'une tempête allait souffler sur toute la famille de Maaïke et rompre l'harmonie qui m'avait tellement édifié, autrefois.
Sans parler de la traque des médias qui épiaient chacun de mes mouvements pour en faire un scoop... Même mes succès d'acteur n'ont pas suscité autant de couvertures de journaux que mon drame personnel. Il me serait facile, de dire, aujourd'hui, que j'ai pardonné à l'assassin de ma fille. Pour moi, pardonner, ce serait oublier le crime, et ça, je ne le peux pas. Que Dieu me pardonne ce manque de pardon !
Malgré cela, les paroles écrites au début de ce livre sont tout à fait vraies, je voudrais les rappeler:
Lors de la première intervention de Jean-Paul II, en tant que pape, il affirmait: "N'ayez pas peur!". Son message m'avait beaucoup impressionné. Depuis, j'ai appris que cette expression: "Ne crains pas, ne t'inquiète pas, sois sans peur," revient 366 fois dans la Bible, c'est-à-dire que ce conseil d'en haut peut nous rejoindre chaque jour de l'année, y compris quand nous sommes dans une année bissextile."

A l'issue de cette confidence, Roland Giraud conclue sur trois certitudes qui le font vibrer et donnent à sa vie un relief façonné par le bonheur : l'amour de sa femme, l'amour de son métier et celui du public.

++++++++

Vincent Van Gogh

 

La ville de Mons, en Belgique, a été nommée "Capitale Européenne de la Culture" pour 2015.

Tout près de cette capitale du Borinage se trouve la petite localité de Wasmes où Van Gogh a vécu plusieurs années et y a exercé un ministère pastoral avant de s'imposer comme l'artiste que nous connaissons.

Voici quelques bribes de sa biographie commentées par Henri Hartnaguel dans son livre "Rencontres", paru aux éditions de la Ligue pour la Lecture de la Bible.

"Il est difficile de mourir, mais il est plus difficile de vivre." Ces paroles ne sont pas d'un écrivain contemporain, mais celles d'un des plus grands peintres : Vincent Van Gogh.

Vincent Van Gogh est né le 30 mars 1853 en Hollande. Il est mort en 1890 à l'age de 37 ans après une vie tourmentée. Sa peinture en est le reflet, c'est pourquoi cette phrase, qu'il écrit à son frère, le caractérise bien.

Pourtant, tout avait bien commencé dans ce presbytère paisible où son père exerçait les fonctions de Pasteur. C'est d'ailleurs de son père que Vincent hérite l'amour brûlant pour la profession de Pasteur, et cet amour anima les premières années de sa jeune vie. Il écrira plus tard à son frère Théo: "J"ai été moitié moine, moitié peintre."

Pendant un certain temps, il fait des études de théologie, mais, dérouté et déçu par leur austérité, il renonce. Puis il devient instituteur et aide-prédicateur à Londres.

A 25 ans, il s'installe dans un village de mineurs du Borinage. Il y enseigne le catéchisme et y soigne les malades. Il vit dans une baraque sordide et prodigue son activité avec tant de zèle que sa santé s'en ressent. Cette vie ne lui épargne ni déceptions ni amertume. Van Gogh se met à peindre des personnages humbles et résignés. On en trouve les traces dans beaucoup de ses tableaux.

Peu à peu, cette peinture prendra chez lui la première place, et il écrira à son frère: "Je me mets de nouveau à dessiner et depuis, tout a changé pour moi."

Il suit des cours d'anatomie et de perspective à Bruxelles. Il fréquente les musées et étudie les œuvres de Rembrandt.

En 1886, Van Gogh prend la route de Paris, et c'est là que naît le vrai Van Gogh: l'artiste.

Son œuvre exceptionnelle est entièrement contenue dans les quatre dernières années de sa vie.

En 1888, il se rend à Arles, en Provence. Les couleurs changeront, et ses œuvres seront marquées par la lumière et par le soleil du midi, comme le montrent "Les tournesols" ou "La sieste".

Parmi les tableaux les plus significatifs, se trouve celui qui s'intitule "Champ de blé aux corbeaux". Il date de l'année de sa mort sous l'effet de la maladie à Auvers-sur-Oise. Van Gogh ne voit la nature que sous son aspect dramatique. Cette œuvre montre un champ de blé sur fond de ciel lourd, orageux et noir dans lequel volent quelques corbeaux.

Plus bouleversant encore sont les trois chemins se perdant dans les champs de blé et ne menant nulle part. Pour lui, toutes les routes étaient bouchées, sa vie n'avait plus aucun sens, c'est pourquoi il l’abrégera.

En regardant ce tableau, comment ne pas penser à toutes ces vies qui pourraient peindre la même chose. Toutes ces vies sans avenir et qui se heurtent à un mur. Mais voilà une bonne nouvelle: Jésus est venu pour redonner un but à toute existence, pour ouvrir un chemin, un chemin qui mène à la vie.

 

++++++++++++

Je partage avec vous aujourd'ui, un extrait du livre "Je sonne quand même" paru aux éditions Labor, il y a quelques années, mais que je médite souvent:

"Je sonne quand même !"

 

A tous les Righis de la Suisse et de l'étranger, la consigne est de sonner le réveil avant le lever du soleil.

Ce matin-là, au Faulhorn, au-dessus de Grindelwald, le ciel était plus menaçant que jamais. Nous étions arrivés par un brouillard intense et si, durant la nuit, quelques étoiles faisaient un signe amical, c'était pour se dérober aussitôt.

Cependant, le gardien du refuge se leva selon sa coutume. Il regarda l'horizon: de méchantes traînées sur la Jungfrau, des escadrons de nuages sur la Petite-Scheidegg ne lui disaient rien de bon.

Le vent était mauvais. Au levant, néanmoins, une petite déchirure dans un coin de ciel teinté de rosé.

L'homme, au lieu de s'attarder à regarder les nuées de mauvais augure, se porta vers cette éclaircie, empoigna le cordon de la cloche et dit : " Je sonne quand même ! "

Il sonna. Les touristes se levèrent comme si le soleil allait paraître. L'un après l'autre, ils montèrent au Kulm; et voici qu'une heure après, comme par enchantement, le beau temps était venu et, avec lui, un des plus glorieux panoramas du monde alpestre.

Sans le vouloir et probablement sans le savoir, le gardien du Faulhom a laissé un mot d'ordre d'importance. Espérant contre toute espérance, comptant, envers et malgré tout, sur d'heureuses possibilités, il annonça le matin, quand même, et agit en conséquence.

" Quand même ! " : Leitmotiv des grands caractères : Ysaye, bataillant, sa vie durant, avec une main droite blessée dès l'enfance et qui devient un des plus prodigieux archets du XIX" siècle; Sarah Bernhardt, privée d'une iambe, mais qui, au lieu d'abandonner la partie, poursuit sa carrière et, en vaillante tragédienne, domine la situation; tout dernièrement, un guide amputé de ses dix doigts de pied gelés, mais qui malgré cela continue et conduit son monde aux aiguilles de Chamonix, son champ de malheur et d'honneur.

Qui de nous, en cette heure, ne scrute l'horizon ?

Le réveil est sombre, les présages sont mauvais.

"Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? " nous demande-t-on, à nous... les gardiens de la foi.

Que répondons-nous ? Faisons-nous la grimace ?

Laissons-nous tomber les bras, ainsi que la confiance ?

Nous lamentons-nous en disant : à l'est comme à l'ouest, rien de bon, rien de nouveau ?

Nous, les croyants, n'avons-nous pas peine à croire au matin et, par notre lamentable attitude, n'enlevons-nous pas à notre entourage une part d'espérance ?

Il y a pourtant un coin de ciel bleu.

Au-dessus de Bethléem, un feu fixe. Le prince de la paix est venu.

Et Dieu a dit: "Voici, mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toute mon affection, écoutez-le ! "

En l'écoutant, l'horizon se dévoile. Certes, la tourmente et les tourments sont là. Mais celui qui est surtout là, c'est Jésus-Christ, seul espoir, seul salut du monde.

Toutes les possibilités sont en Lui et découlent encore de Lui. A cause de Lui, nous devançons, nous saluons le matin, nous y croyons "quand même" et, brandissant les armes de la lumière, nous le hâtons en son nom.

C'est pourquoi, malgré la tragédie, parce que nous croyons en Jésus-Christ qui fait la trouée lumineuse, parce que nous voulons le proclamer plus fidèlement que jamais, nous dirons :              " Post tenebras lux", Nous sonnerons quand même !

                                                                                        ( Ernest Christen )

====================

 

( 11/01/2015 )

Au moment où la France traversait ces événements tragiques, je venais de lire ce livre que je résume pour vous.

 " Moi, MALALA,

Je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans "

 - Malala Yousafzaï, Prix Nobel de la Paix 2014.

( Éditions Livre de Poche )

 

Un minibus ramène des élèves de l'école à leur domicile. Soudain, un homme armé interpelle le chauffeur et tire sur les jeunes filles assises dans le fond du bus. Trois coups successifs et le sang coule.

- Qui est Malala ?

- C'est moi !

Et ce livre raconte mon histoire !

 

Ainsi commence ce récit poignant où Malala raconte son enfance, l'attaque des Talibans, son séjour en Angleterre pour y être opérée, etc...

Je lui laisse la parole :

" Pour nous, Pachtounes, le jour où naît une fille est un jour sinistre, mais mon père déclara :

- Je sais que cette enfant n'est pas comme les autres.

On me prénomma Malala, en hommage à Malalaï Maiwand, la plus grande héroïne d'Afghanistan, une sorte de Jeanne d'Arc des Pachtounes.

J’habitais dans cette belle vallée du Swat qui veut dire "Jardin". "Bienvenue au paradis" annonce un panneau !

Ma famille est musulmane depuis le 11ème siècle.

Ma mère vient d'une famille de femmes fortes et d'hommes influents, mais elle ne sait ni lire ni écrire.

Mon père vient d'une famille de notables. Il est devenu professeur et a fondé des écoles ainsi que des associations littéraires.

Je suis donc née dans une école le 12 juillet 1997. Un mois après, le Pakistan fêtait son 50 ème anniversaire.

L'année de ma naissance, un groupe appelé Talibans, mené par un mollah, a pris le contrôle du pays. Il incendiait les écoles de filles, forçait les hommes à se laisser pousser la barbe et les femmes à porter la burqa

Quand j'entendais les atrocités perpétrées en Afghanistan, j'étais fière de vivre dans le Swat où on avait l'habitude d'aller à l'école.

Devant le bureau de mon père, était affichée cette pensée d'Abraham Lincoln au professeur de son fils : "Enseignez-lui les merveilles des livres, il est plus honorable d'échouer plutôt que de tricher."

 

En 2009, toute notre famille a été déplacée et nous sommes devenues des P.D.I. (personnes déplacées internes). Nous étions dans une région voisine de la nôtre.

Ensuite, j'ai participé à une assemblée des enfants du district. A la suite d'une élection, je devins présidente de cette assemblée. Nous adoptâmes des résolutions. En particulier : fin du travail des enfants, reconstruction des écoles détruites par les talibans. Nous les fîmes parvenir aux autorités et quelques unes furent adoptées.

 

J'avais 15 ans lorsqu’est survenu l'événement que je rapporte au début de mon livre. En sortant d'un examen scolaire, notre bus a été attaqué par les talibans. J'ai reçu trois balles dans la tête et je suis passée pour morte.

Je suis immédiatement transportée en hélicoptère à l’hôpital de Peshawar, puis à Rawalpindi où le docteur Fiona Reynolds me prit entièrement en charge. Elle insistait beaucoup pour qu'on me transporte à l'étranger. D'après les journaux, le monde entier s'indignait de cet attentat, en particulier Ban Ki Moon, le président de l'O.N.U.

On décida enfin de me transporter dans le Queen Elisabeth Hospital de Birmingham.

Mon père refusa de m'accompagner en disant : " Ma fille part pour un pays sûr. Ce qui est arrivé est arrivé. A présent ma fille est entre les mains de Dieu. Je ne peux pas laisser ma femme et mes deux fils. N'importe quoi peut leur arriver."

Je repris connaissance une semaine après l'attentat. La première chose qui m'est venue à l'esprit c'est "Dieu merci, je ne suis pas morte !"

Mes parents purent enfin me rejoindre. Je reprenais des forces chaque jour. Mais les opérations n'étaient pas terminées. Je sais maintenant que Dieu m'a retenue au bord de la tombe. J'ai l'impression que cette vie n'est pas la mienne, que c'est Dieu qui m'en a donné une nouvelle.

Des gens ont supplié Dieu de m'épargner et je l'ai été, dans le but de consacrer ma vie a aider autrui."

 

======================

 

Jacqueline de ROMILLY

Une académicienne passionnée d'amandiers

 

L'académicienne Jacqueline de Romilly nous a quittés peu avant les fêtes de Noël 2010, à l'âge de 97 ans.

Elle était philosophe, écrivain, professeur et helléniste française, mais de nationalité grecque depuis 1995, membre de l'Académie française depuis 1988, première femme professeur au Collège de France; elle était connue sur le plan international pour ses travaux sur la civilisation et la langue de la Grèce antique.

Mais à côté de son immense érudition, et sa notoriété internationale elle était aussi membre d'honneur de l'Association de la Maison de l'Amandier à St Rémy de Provence car cet arbre était l'objet d'une grande passion.

Dans une préface d'un livre sur les "Mémoires de l'amandier", elle écrit :

"J'aime tout de l'amandier, depuis son tronc, jusqu'à son fruit. Mais j'aime surtout l'amandier en fleurs, je l'ai vu bien souvent, et je ne l'oublierai jamais. Ce sont des pétales si discrets, si légers et en même temps si fous, et leur rose est si tendre.

Je connaissais tous les arbres de la colline, je les guettais et c'était chaque fois un éblouissement, et cette promesse de printemps devenait source de gratitude".

A la fin de sa préface, elle laisse parler l'auteur grec Nikos Kazantzakis qui dit à l'amandier: «Frère, parle-moi de Dieu ! Et l'amandier a fleuri.»

 

Outre cette passion pour l'amandier, que je partage avec bonheur, Jacqueline de Romilly m'a beaucoup interpellée par un extrait d'un de ses livres "Le trésor des savoirs oubliés" paru dans la collection Livre de Poche. Dans cet ouvrage, elle expose l'importance de la culture classique et de sa revalorisation dans l'enseignement des enfants.

Un enfant qui se prépare à traverser les circonstances de la vie doit pouvoir puiser dans un trésor de connaissances, même s'il en oublie la plupart. Les souvenirs d'enfance, mais aussi les grands textes classiques mettent dans la vie de l'enfant des repères et des modèles d'humanité capables de lui inspirer des sentiments positifs de courage dans les moments difficiles de la vie.

"Les connaissances et les choses apprises, écrit-elle, mène si elles semblent oubliées, resurgissent au moment opportun et sont source d'inspiration pour des décisions importantes.

La conscience, ajoute-t-elle, ne peut fonctionner seule, elle utilise les références qui sont à sa disposition. Elle commence par les exemples donnés par les parents et se continue grâce à tous les exemples vécus ou découverts à l'école ou dans les livres.

Comme une main guide un aveugle, les souvenirs oubliés fournissent au jugement de 1'enfant les repères, les cadres, les points de comparaison qui lui servent dans sa recherche d'une vérité plus grande.

Ainsi, grâce à toutes ces connaissances, emmagasinées dans l'enfance, l'esprit critique se forme."

 

Sans citer la Bible, Jacqueline de Romilly nous conforte dans notre rôle de parents et de grands-parents, enseignants, éducateurs, et le temps que nous passons avec les enfants de notre entourage, que ce soit dans notre famille, ou ailleurs, n'est jamais du temps perdu.

Les choses de la vie que nous partageons avec eux, ainsi que les grandes vérités bibliques, posent des bases solides dans leur mémoire, et la structure de leur personnalité.

Le livre des Proverbes ne dit-il pas, entre autre : " Instruis l'enfant dans la voie qu'il doit suivre, et quand il sera vieux, il ne s'en détournera pas". (La Bible, Proverbes 22/6)

 

=================

 

Aimé BOISSON

Le vagabond devenu "marcheur du Salut" ( par Gilbert Abadie - Éditions Altis )

 

La courte biographie écrite par Gilbert Abadie commence ainsi :

" Deux heures de l'après-midi, à Nîmes. C'est l'été, l'été du Midi de la France. Dans les maisons aux murs épais, les gens se reposent derrière les volets fermés. C'est dimanche, et la sieste peut se prolonger plus qu'à l'accoutumée.

L'imposante présence des Arènes romaines rappelle le long passé de la ville.

Dans l'une des rues qui font le tour de l'antique monument, voici la Maison d'Arrêt. C'est vers elle que se dirige un homme d'aspect remarquable. Remarquable par sa haute taille et sa corpulence. Remarquable par son costume : un uniforme gris orné d'épaulettes violettes, casquette à ruban rouge.

Remarquable surtout par une magnifique barbe blanche, très fournie, qui donne au vieillard un aspect patriarcal.

Tout le monde, à Nîmes, connaît le Brigadier Boisson, cet officier de l'Armée du Salut.

En revanche, peu de gens savent qu'il est à la retraite. Comment pourrait-on s'en douter car "le Père Boisson" appelé ainsi par les Nîmois, vient de pénétrer dans la Maison d'Arrêt. C'est derrière les murs de cette prison qu'il passe tous les après-midi du dimanche.

C'est un personnage pittoresque, avantageusement connu dans la bonne ville de Nîmes, et unanimement respecté."

Comment, ce modeste officier de l'Armée du Salut, a-t-il acquis une telle popularité ?

 

Aimé Boisson est né à Joinville sur Marne en 1869 dans le foyer d'un pasteur méthodiste au milieu d'une famille nombreuse. Très tôt, Aimé a eu l'école en aversion, la qualifiant de prison, et pratiquant régulièrement l'école buissonnière.

Il était assez réfractaire aux choses de la foi et de la religion, et préférait s'échapper dans la campagne au lieu d'écouter les sermons de son père.

Du reste, le garçon avait perdu la foi à la suite d'une déception : Aimé avait prié pour son jeune frère malade qui mourut après quelques semaines. Et à ce moment-là, dans son for intérieur, il décida qu'il n'y avait pas de Dieu.

Au grand désespoir de ses parents, Aimé ne s'intéresse à rien, travaille toutefois dans une pharmacie, mais passe la plupart de ses journées à galoper à cheval et à faire la fête avec les mauvais garçons du pays. Son père se rendait compte que ses admonestations ne servaient à rien, et sa mère pleurait et priait. La vie devient difficile pour Aimé Boisson. Ce fils de pasteur fait connaissance avec l'asile de nuit. Il lui arrive même de souffrir de la faim.

Il décide enfin de s'embarquer pour l'Afrique du Sud, pour mener la guerre des Boers. Mais il manque le bateau à Marseille. Qu'à cela ne tienne, il ira s'embarquer à Bordeaux, mais le navire fait naufrage en Méditerranée, la plupart des passagers périrent. Aimé Boisson est bouleversé en apprenant la nouvelle.

Quelle est cette force mystérieuse qui l'a protégé ? Que lui réserve l'avenir maintenant ?

Installé à la table d'un café, il suit du regard une salutiste qui propose le journal "En Avant!" de table en table. Il connaissait un peu l'Armée du Salut, car au lycée de Nîmes, il était condisciple d'Albin Peyron qui témoignait courageusement de sa foi chrétienne. La salutiste l'invite à la réunion du soir, présidée justement par Albin Peyron.

- Ah! Je connais ce monsieur, dit-il. Je vous promets d'y aller !

Albin Peyron citait des passages de la Bible, et toute l'enfance et l'adolescence de Boisson remontaient à la surface. A la fin de la réunion, Boisson le sceptique, le moqueur, bouleversé et repentant, est agenouillé devant l'estrade demandant pardon à Dieu. Les larmes coulent sur ses joues de grand "enfant prodigue" de 32 ans, en route "vers la Maison du Père".

Aussitôt, Aimé Boisson se rendit dans un bureau de poste télégraphier à ses parents : "Suis sauvé - Dieu m'a donné son pardon - Demande le vôtre".

Quelques jours après sa mémorable expérience religieuse, il réfléchissait paisiblement en fumant sa pipe. Il était grand fumeur depuis des années. Soudain, il éprouva le besoin de prier. Par respect pour la majesté divine, il retira sa pipe de sa bouche. C'est alors que cette pensée lui vint brusquement : "S'il n'est pas convenable de fumer lorsque je m'adresse à Dieu, je dois cesser de fumer, puisque je veux vivre toujours en sa présence." Immédiatement, il jeta sa pipe et vida sa poche à tabac. Jamais il ne trahira son vœu.

En 1901, Aimé Boisson entra à l’École de formation pour devenir officier de l'Armée du Salut. Il fut ensuite nommé au poste d'Audincourt. Quelques temps après, surmené, sous-alimenté, Aimé Boisson finit par tomber malade, et on le disait perdu. Mais si le docteur n'avait plus d'espoir, ses collègues eurent recours à Dieu, "le Grand Médecin". Le silence qui s'était fait dans la chambre fut interrompu par la voix du malade :

- Qu'on me donne à manger ! Dieu m'a guéri !

Le docteur déclara :

- Si j'étais croyant, je dirais que c'est un miracle ! Inutile que je revienne ! Le malade est guéri !

 

Aimé Boisson se maria avec une Cévenole. Ils n'eurent pas d'enfant.

Il fut nommé évangéliste itinérant, parcourant les routes de France. Pour ce faire, il disposait de la fameuse "lanterne magique", ancêtre du projecteur. On l'imagine facilement, cheminant sur les routes poussiéreuses de l'époque, tirant un charreton où il avait entassé le projecteur, des Bibles et des journaux. Ou bien, à bicyclette, sa "lanterne magique" sur le dos. Mais Aimé Boisson est heureux. Libre comme l'air, il admire le Créateur dans les beautés de la Création. Le soir, les gens viendront pour la "représentation". D'abord, il projettera quelques vues comiques, puis des reproductions de grands chefs-d'œuvre de la peinture religieuse. L'assemblée, une fois gagnée, il essaiera d'annoncer la Bonne Nouvelle du Salut en Jésus-Christ. Demain, il reprendra la route... Ce furent de belles années où Aimé Boisson, affranchi de toute autorité, put allier son goût d'indépendance et sa vocation d'évangéliste.

En 1914, Aimé Boisson ne fut pas mobilisé, mais il obtint, non sans peine, l'ouverture de "Foyers du Soldat". Des dizaines de milliers de combattants passèrent par les Foyers du Soldat, et furent réconfortés, entendant le message de l'Amour de Dieu.

 

En 1934, l'heure de la retraite ayant sonné, il se retira à Nîmes avec son épouse.

Mais pas question de retraite pour Aimé Boisson. Même après la mort de sa chère compagne, le voici directeur de la " Bonne Hôtellerie" de Nîmes: " Je veux me venger de la mort, déclara-t-il, en redoublant d'activité pour les vivants"

II continue à animer des Campagnes d’Évangélisation, tout en faisant partie de la "Commission de Surveillance des Prisons". Il assume toutes ces tâches avec bonne humeur et sérieux. Il a ses entrées partout, les autorités municipales et préfectorales l'apprécient et ne lui refusent rien.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Aimé Boisson multiplie ses efforts pour essayer de soulager les innombrables détresses. On le voit sur le quai de la gare de Nîmes, à toute heure du jour ou de la nuit. La Bonne Hôtellerie déborde de réfugiés.

Après des années d'attente, la délivrance arrive : le 6 juin 1944.

Le 4 septembre de cette année, les autorités de la ville de Nîmes décident de célébrer officiellement la Libération. De la Préfecture, on demande à Aimé Boisson d'envoyer une délégation de l'Armée du Salut. Quelle fierté pour le vétéran de revêtir à nouveau l'uniforme, et de défiler en tête d'un groupe de salutistes.

Le dimanche 24 septembre, la salle du poste de Nîmes, est solennellement ré-ouverte pour redevenir la Salle d’Évangélisation. Aimé Boisson est là, jouissant intensément de cette résurrection. L'assemblée chante avec ferveur "Grand Dieu nous te bénissons, nous célébrons tes louanges !" et pour la dernière fois Aimé Boisson fait une allocution publique. Il s'éteindra quelques jours plus tard.

Le vagabond devenu marcheur de l’Évangile pouvait maintenant contempler son Sauveur qui l'attendait au bord du grand chemin.

 

=================

 

" PRENDS MES MAINS "

( de Dorothy Clarke Wilson - Editions Labor et Fidès )

 

Mary Verghèse est née en 1925 dans l'état de Kerala du Sud, en Inde.

Sa famille chrétienne fréquente une église de tradition syriaque. Cette église aurait été fondée par St Thomas, disciple de Jésus venu tout droit de Jérusalem. La tradition dit que St Thomas priait souvent agenouillé sur une pierre, et cette pierre a servi d'autel central pour y construire la grande cathédrale de Madras.

Mary Verghèse mène une enfance et une adolescence harmonieuse et heureuse au milieu d'une famille unie.

Il y avait à Vallore, une école de Médecine fondée par une américaine, Docteur Ida. Mary décide de s'y faire inscrire.

A l'âge de 24 ans, elle renonce au mariage pour mieux se consacrer à soulager la souffrance des autres.

Dans cette école missionnaire, on y célébrait des cultes tous les matins. C'est au cours d'un de ces cultes que Mary fait l'expérience de la conversion et du sentiment de la présence réelle de Jésus dans son cœur.

" Jusque-là, dit-elle, Dieu me paraissait impersonnel et vague; la Croix me semblait sèche et inerte. Quand je chantais "j'ai tout quitté pour te suivre", ces paroles me semblaient vide de sens. Mais quand j'ai vraiment ouvert mon cœur à Dieu et à Jésus, continue-t-elle, j'ai senti la vie jaillir en moi. La croix trouvait sa signification, et l'amour de Dieu inondait mon cœur."

Mary continue ses études brillantes et devient assistante en chirurgie et en gynécologie.

Tout à coup, c'est la catastrophe.

Elle entreprend un voyage en minibus avec un groupe d'étudiants et c'est l'accident. Elle est très grièvement

blessée, sa mâchoire est brisée...elle passe pour morte... Elle ne le sait pas encore, mais ses membres inférieurs sont gravement atteints, et laissent entrevoir le pire.

Petit à petit, elle reprend connaissance, mais elle voit à peine, et touche son œil...elle le sent. Son œil est

indemne : "Dieu est bon pour moi ", dit-elle dans un soupir. Petit à petit, elle retrouve sa main gauche qui est indemne aussi - c'était un vrai miracle - car la droite n'avait pas été touchée. C'était une bonne main, forte et souple, une main de chirurgien. Alors, élevant son âme à Dieu, elle fit cette prière :

- " Seigneur, tu m'as gardé des yeux et des mains, ce sont les outils d'un chirurgien, merci mon Dieu ! "

Mais le handicap est là, avec les contraintes et les souffrances quotidiennes. La paraplégie s'installe définitivement. Le découragement et la dépression se font sentir. Beaucoup de questions surgissent, douloureuses, oppressantes :

- " Pourquoi Seigneur ? Pourquoi quand j'ai frôlé la mort, je ne suis pas morte ? La vie est un poids, je veux en finir ! "

Mais elle se reprend, et sa conscience de médecin se fait pressante; elle est médecin, elle a donné sa vie pour en sauver d'autres, et elle se remémore les paroles de la Bible au Psaume 116 qui affirme : " Les liens de la mort m'avaient environné, les angoisses du sépulcre m'avaient saisi, j'étais en proie à la détresse et à la douleur. Mais j'invoquai le nom de l'Éternel : O Éternel, sauve mon âme ! "

Un jour, son chef de service, le Docteur Paul Brand, lui prend les mains et lui dit :

- " Mary, vous êtes plus proche de Dieu que vous ne l'avez jamais été. Vous avez une grande intelligence, et une bonne paire de mains... "

Mary pleurait et priait :

- " Prends ma vie, Seigneur, qu'elle te soit consacrée... Prends mes moments et mes jours, qu'ils coulent à ta louange éternelle...Prends mes mains, et qu'elles se meuvent sous l'impulsion de ton amour...Prends mes mains, Seigneur ! "

Après maintes difficultés et péripéties, Mary acquiert une chaise roulante, et depuis sa chaise, devient une grande spécialiste de la chirurgie des tendons de la main altérés par la lèpre.

 

Pour conclure ce bref résumé de la vie de Mary Verghèse, voici, une anecdote d'une éloquence irréfutable de sa personnalité, et de sa foi :

Un médecin, de passage à Vallore, le Docteur Jonshon, est venu assister pour la première fois, à une opération menée par Mary. Il avait entendu dire qu'elle était " plus qu'un chirurgien, mais une artiste ". Sa surprise et son étonnement furent à leur comble, lorsqu'il vit entrer dans la salle d'opération, quelqu'un qui poussait la chaise roulante de Mary Verghèse. Il n'avait pas remarqué qu'elle opérait sur une chaise roulante.

Au travers du malheur qui était le sien, Mary n'a pas baissé les bras. Comme l'apôtre Paul, des centaines d'années auparavant, elle aurait souhaité que Dieu agisse sur son handicap. Mais elle a reçu cette même promesse : " Ma grâce te suffit, car ma force s'accomplit dans la faiblesse." ( 2 Cor. 12/9 )

 

===================

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Pauline Etcheverry - Auteur