Pauline Etcheverry - Narratrice
Pauline Etcheverry - Narratrice

 

Je vous invite à suivre ici différents thèmes de Méditations :

 

- Le ver luisant...

- Père, pardonne-leur...

- Méditation pour Noël 2018...

- "Ne crains pas..." 

- Le Cep...

- Le pain de Vie...

- Pour Pâques 2018...

- Pour l'Epiphanie 2018...

Quand les fondements sont renversés...( 07/11/2017)

- La cigogne... " (02/10/2017 )

- Dieu dit : "Je t'aime d'un Amour Eternel." (23/08/2017)

- Qui dites-vous que je suis ? (13/05/2017)

- Pour Pâques : Qui nous roulera la pierre ? (20/03/2016)

- Le Roi m'a regardé...( 10/03/1017 )

- Siméon ... (12/12/2016 )

- Le pommier... (28/10/2016)

- Le Vin... (27/09/2016)

- L'Eau... (03/09/2016)

- Un trésor dans des vases de terre ... (01/09/2016) 

- "Je vous consolerai" dit Dieu... (14/05/2016)

- Pour Pentecôte : C'est par mon Esprit, dit Dieu. (16/04/16)

- Je vois une branche d'amandier... (25/02/2015)

Ne promène pas des regards inquiets... (28/01/2015)

- La Bible, un livre incontournable...  (08/01/2016)

- Le nom de "Jésus"...

Joseph et les Secrets d'un homme de bien... (11/12/2015)

- L'Annonce de Noël...

- Allons jusqu'à Bethléem...

- Pour le temps de l'Avent... ( 11/11/2015 )

- Pour la Toussaint... (20/10/2015 )

- Des chemins tout tracés... ( 26/09/2015 ) 

- Le rocher... ( 23/04/2015 )

- L'âne de Paques...( 30/03/2015 )

- Silhouettes de Pâques... ( 30/03/2015 )

- Pour Pâques : Le "Messie" de Haendel. ( 23/03/2015 )

- La Pluie de l'Arrière-Saison...( 28/02/2015 )

- Le petit ruisseau...( 25 /01/2015 )

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Le ver luisant

 

L'être humain est un vermisseau sur lequel la lumière de Dieu se lève. " ( Job 25/6 )

 

   La nature exerce sur chacun de nous un pouvoir d'attraction. Dans notre recherche de l'Invisible et de l'Infini, la création nous vient en aide. Nos poètes et nos écrivains l'exaltent tel Victor Hugo qui dit : "La nature nous parle  mais nous n'écoutons pas."  et Charles Baudelaire : "La nature est un Temple."

   Dans la Bible, Job nous conseille "d'interroger les bêtes et elle nous instruiront, d'observer les oiseaux du ciel car ils nous enseigneront, et de parler à la terre car c'est elle qui nous cultivera. " ( Job 12/7 )

   En faisant des haltes dans la nature, on perçoit son langage. Elle nous renvoie souvent des messages d'encouragement et de confiance qui sont d'une grande force, comme l'observation de cet insecte métamorphosé en étoile. C'est ce que vont faire Lucas et sa grand-mère lors d'une promenade autour de la maison, à la nuit tombée.

- Oh ! Mamie ! Une petite lumière ! Qu'est-ce que c'est ? Oh ! Encore une autre !!!

Et Mamie, prenant le " petit feu " dans la main, raconte, tout en rassurant Lucas :

- C'est un ver luisant, une luciole pyrophore ( petit feu ). Elle mesure 10 mm, et a deux petits points lumineux sur le ventre. Elle émet une lumière froide, et il y en a 2000 espèces dans le monde. Les femelles ne volent pas, on les trouve par terre, et elles communiquent avec les mâles par de petits flashs lumineux.

En Asie on peut voir des arbres phosphorescents, car des milliers de lucioles se rassemblent sur les branches et émettent des signaux lumineux en rythme... un véritable " son et lumières " !

Il y a une autre espèce qu'on appelle " les vers chemin-de-fer ". Ils sont dotés de deux lumières orangées qui, en cas de danger, s'allument de chaque côté de leur corps qui les font ressembler à un mini-train !

- Mais, mamie, à quoi servent ces petites bestioles ?

- Oh ! Lucas écoute cette histoire. C'est un célèbre montagnard qui la raconte :

" Par une nuit sans lune, nous montions par une gorge serrée, pour rejoindre notre cabane. Au fond du gouffre : le torrent. Nous n'avions pas de lanterne et n'y voyions rien à deux pas. Allions-nous être précipités dans le vide ? Tout à coup, dans l'herbe agitée par le vent, des petites clartés fluorescentes apparurent. Ces vers luisants, accrochés à l'abîme, nous servirent de guides. En les plaçant sur nos pas, le Père Céleste avait eu pitié de nous."

- Tu sais Lucas, poursuivit la grand-mère, nous sommes déconcertés et nous nous demandons ce que nous sommes venus faire sur cette terre. Quand nous y pensons, nous sommes souvent découragés car nous réalisons notre fragilité et nous nous sentons inutiles. Les lucioles nous sortent de nos pensées négatives et défaitistes. J'ai entendu parler d'un jeune garçon de laboratoire que tout le monde qualifiait de " simple et limité ". Mais il nettoyait les instruments avec une précision d'horloger. Son professeur parlait de lui comme " l'auxiliaire " le plus capable.

Tout à l'heure, je te citais cette parole de la Bible :

L'être humain et un vermisseau sur lequel la lumière de Dieu se lève. "

Et voilà ce que nous enseigne encore le ver-luisant : Son corps est noir, c'est un ver insignifiant, mais la lumière le rend merveilleux et le métamorphose en étoile. C'est un père de l’Église, Jean-Chrysostome, qui a écrit en son temps : " Le métal sur lequel viennent frapper les rayons de soleil n'est pas lumineux par lui-même, mais il réfléchit la lumière qui se projette sur lui."

 

   En considérant le ver luisant, nous nous inclinons devant Celui qui, à partir de rien, peut tout créer. S'il peut faire étinceler comme un diamant un ver minuscule, il illumine aussi l'homme le plus ordinaire. Jésus est venu sur notre terre pour nous aider à devenir des enfants de lumière. Tout être humain qui se tourne vers lui, le reconnaissant comme son Sauveur, sera revêtu de pureté et de beauté.

   La nuit est épaisse dans notre monde. N'hésitons pas à projeter tout autour de nous, humblement, mais joyeusement, la lumière mise en nous par le Saint-Esprit. Nous ne sommes que des vermisseaux, mais nous sommes métamorphosés en étoile par notre Dieu.

 

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«  Jésus dit  : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font  ! »

( Luc 23/34 )

 

 « Nul n'est censé ignorer la loi ! ». Cette affirmation bien connue sous-entend qu'il n'y a pas d'excuse pour une personne qui commet une infraction et qui prétend ne pas savoir que c'est contraire à la loi du pays.

Ces paroles de Jésus, prononcées du haut de la Croix, alors qu'il vivait les derniers instants de son agonie, apportent un éclairage important. Jésus prie pour ceux qui l’ont condamné, pour ses bourreaux et pour tout le peuple. Au lieu de les accuser ou de les maudire, au lieu de crier à l'injustice, Il est ému de leur ignorance. « Ils ne savent pas ce qu'ils font ! »

D'ailleurs, juste une semaine avant, alors qu'il entrait dans Jérusalem, acclamé par la foule le jour des Rameaux, Il verse des larmes sur la ville en disant : « Ô Jérusalem, si toi aussi, tu connaissais les choses qui appartiennent à ta paix ! » ( Luc 19/42 ). Jésus éprouve une grande tristesse de voir combien tout le peuple, et ceux qui le dirigent, sont ignorants et aveuglés.

 

Pourtant, les membres du Sanhédrin qui ont tenu conseil, sont des érudits et des spécialistes de la loi. Pilate lui-même est, sans doute, un diplomate expérimenté et averti. Mais Jésus, dans sa prière, parle d’eux comme s'ils étaient des enfants naïfs qui ne mesurent pas la portée de leurs actes : « Ils ne savent pas ce qu'ils font ! »

Dans une de ses épîtres, St-Paul fait aussi référence à cette ignorance quand il écrit : « Aucun chef de ce siècle n’a connu la Sagesse de Dieu, car, s’ils n’avaient pas été ignorants, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. » (1 Cor 2/8 )

 

Hélas, ceux qui ont condamné Jésus ne sont pas les seuls à s'appuyer sur leur érudition et leurs connaissances intellectuelles, alors qu'ils ont pris des décisions complètement dénuées de sens. De tout temps les humains agissent comme s'il n'y avait pas de Dieu. Ils sont fiers de leurs découvertes scientifiques, de leurs cerveaux artificiels et de leurs robots, et ne pensent pas que face à son existence, à l'immensité de la Création, et au mystère de l'Incarnation, l'homme reste un enfant ignorant et immature. Souvent il se révolte contre Dieu alors qu’il ne le connaît pas et ne cherche pas à le connaître. Il agit sans savoir ce qu'il fait. Jésus reconnaît cette ignorance est prie pour demander le pardon ! Quelle requête magnifique. Nous sommes inclus nous aussi dans cette prière aujourd'hui. Combien de fois n'avons-nous pas agi complètement aveuglés par des préjugés et n'avons pas pris des décisions qui manquaient de sagesse.

 

En ces nouvelles fêtes de Pâques c'est le message qui nous est répété dans l'Évangile et dont nous pouvons nous approprier. C'est ce que St-Paul affirme encore : « Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, qu’ils aient à se repentir. » ( Actes 17/30 )

Nous sommes invités à venir à Dieu dans une véritable repentance, avec un cœur ouvert à sa Grâce. Elle est toujours réelle, et se fait sentir à tous ceux qui viennent à Lui et reçoivent le pardon que Jésus nous a gagné par son sacrifice sur la croix.

Je conclurai ce modeste propos par ce poème d’Edouard Combe écrit en 1887:

 

«  On m'a dit, mais je n'ose le croire, qu’un amour sans pareil sous les cieux,

Fit descendre Jésus de sa gloire pour venir en ces terrestres lieux ;

Oui, oh ! Oui, Jésus vint en ces terrestres lieux.

 

On m'a dit qu'il versa bien des larmes, qu’au Calvaire il donna tout son sang ;

Mais, de grâce, calmez mes alarmes, est-il vrai que Jésus m’aima tant ?

Oui, oh ! Oui, pour chacun il a versé son sang.

 

O Jésus ! vois mon âme angoissée. Où aller, si je ne vais à toi ?

Redis-moi, bienheureuse pensée, qu’en mourant tu sauvais même moi.

Oui, oh ! Oui, en mourant tu sauvais même moi.

 

On m'a dit qu'il est une patrie où Jésus et les siens régneront ;

Mais est-il vrai, qu'après cette vie, d'autres lieux devant nous s’ouvriront ?

Oui, oh ! Oui, d'autres lieux devant nous s'ouvriront. »

 

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Méditation de Noël :

 

   Nous voici entrés dans l’ambiance de Noël. Les enfants ouvrent quotidiennement le calendrier de l’Avent. Nous préparons les cadeaux, nous pensons aux décorations du sapin et des tables...

Nous répétons des chants et des saynètes de Noël qui retracent ce grand événement. Nous pensons aussi aux Noëls passés…

Que de scènes émouvantes dans notre souvenir, que de crèches vivantes représentées avec les enfants ! Marie et Joseph contemplant Jésus dans la crèche, les bergers simples et extasiés, et les rois mages apportant majestueusement leurs cadeaux royaux...

Dans une célèbre saynète d’Henri Ghéon "Le Noël sur la place", l’auteur fait dire au vieux roi Mage s’agenouillant aux pieds de l’enfant Jésus, ces très belles paroles :

" Moi, Melchior, je vous offre tout ce que j’ai, pas grand-chose peut-être : mon cœur . Avec l’or de ma foi, l’encens de mon espérance, et la myrrhe de mon amour. En voulez-vous petit enfant ? "

 

   Au moyen de ces lignes, permettez-moi de reprendre l'idée de ces trois cadeaux pour en retirer un enseignement spirituel pour vous et pour moi en ce Noël. \

- Avec l’or de ma Foi :

Comme l’or peut être confondu avec un métal moins précieux par un non connaisseur, la foi peut être confondue avec la superstition. Combien de gens croient au mauvais sort, aux fantômes, aux dires de l’horoscope, aux dangers de passer sous une échelle, d’être 13 à table, etc... Les gens croient ces choses, mais est-ce la foi ? Jésus dit dans l’évangile de Jean : "Que votre cœur ne se trouble pas, croyez en Dieu et croyez aussi en moi..." et encore dans Luc, chapitre 18: "Quand le Fils de l’Homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? " ou (nous pourrions ajouter) une vague croyance en quelque chose de supérieur, qui s'appelle peut-être Dieu.

La foi aussi précieuse, nous pouvons la connaître, elle est forte. C’est la foi en un Dieu Vivant qui nous a donné son Fils ressuscité pour l’Éternité et qui est venu nous appeler à partager cette vie éternelle avec Lui.

 

   - L’autre cadeau, c’est l’encens qui répand, quand on le brûle, une odeur agréable et dont notre héros fait le symbole de l’Espérance.

On pourrait aussi se méprendre sur ce mot. L’Espérance n’est pas la résignation. Nous vivons des temps difficiles et inquiétants, mais nous ne voulons pas nous résigner passivement, reconnaissant que nous ne pouvons rien y changer, mais nous voulons lever les yeux, pleins d’espérance, vers notre Dieu qui a prévu de dire le dernier mot.

Je partage avec vous cette belle chanson qu’Édith Piaf chantait il y a quelques années et qui est tellement pleine d’Espoir :

"...Sœur Anne, ne vois-tu rien la-haut ?

Je vois une grande lumière

Qui semble venir de très loin.

Je vois un enfant et sa mère,

Mon Dieu qu'ils sont loin, qu'ils sont loin...

Voici qu'il s’approche de la terre.

Lenfant a grandi, je le vois.

Il vient partager nos misères,

Déjà il apporte sa croix !

Bientôt sa divine colère

Chassera les démons pour toujours,

Bientôt reviendront sur la terre

La vie, la piété et l’amour.

Sœur Anne, quand va-t-il revenir ? "

 

   - Enfin, la myrrhe, ce parfum précieux est tout à fait indiqué pour symboliser l'Amour.

La Bible dit, en Deutéronome chapitre 6 :

" Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force ".

Dans la vie chrétienne, l'amour pour Dieu n’est pas du sentimentalisme ou de l’émotion passagère et superficielle d'un moment, mais c’est une certitude profonde, c'est une piété remplie de crainte en même temps que l’assurance bénie de se sentir aimé de Dieu.

    Qu’en ce Noël qui vient, notre cœur s’habille en roi-mage pour dire à Dieu toute notre adoration, notre reconnaissance pour Jésus, notre confiance, notre amour, en disant :

" Père, je t’adore, je te donne ma vie, je t1aime tant. Jésus, je t’adore, je te donne ma vie, je t’aime tant."

 

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Pour le temps de l'Avent :

"Ne crains pas, Zacharie, car ta prière a été exaucée."

( Luc 1/13 )

   Alors qu'il est dans le temple pour offrir les parfums et prier pour le peuple, Zacharie reçoit la visite de l'ange Gabriel. Cette irruption subite ne peut que l'effrayer. Il était seul dans ce sanctuaire, tout concentré sur la responsabilité de sa fonction. On peut imaginer toutes les pensées qui montent à son esprit à cet instant : "Est-ce que je fais bien mon service ? Suis-je dans des dispositions qui honorent Dieu ? " L'ange, percevant sa peur, le rassure : "Non Zacharie, je ne viens pas faire l'évaluation de ton travail, ni mesurer le degré de ta consécration, mais je viens te dire que ta prière secrète a été exaucée. Tu auras un fils qui s'appellera Jean, et qui sera pour toi un sujet de joie". On découvre ainsi que Zacharie priait fidèlement pour le peuple en tant que sacrificateur, mais qu'il avait aussi une prière personnelle, jamais exprimée en public. Dans la discrétion Dieu lui apporte une réponse. Elle est tellement inattendue qu'il en perd la voix.

   Comme Zacharie, il arrive parfois que les enfants de Dieu connaissent la solitude, la lassitude ou la crainte. Très occupés dans l'accomplissement de leur tâche, ils se demandent s'ils en font assez, si leur action est bien dans la volonté de Dieu. Ils ont aussi leurs attentes secrètes concernant leur profession, les membres de leur famille, leur avenir, etc... Dans ces moments de doute, ils reçoivent aussi cette parole: "Ne crains pas, car tes prières ne seront pas oubliées devant Dieu."

 

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" Je suis le vrai cep."

   

   Dans le parc d'un château de Londres, il y avait un cep de vigne le mieux soigné d'Europe. Planté en 1769, son pourtour mesurait 80 centimètres et ses sarments atteignaient 30 mètres de long. A chaque automne on récoltait 2000 grappes de raisin pesant chacune 500 grammes. On finit par découvrir que ses racines plongeaient jusqu'au lit souterrain de la Tamise. Peu importe la taille du cep en général, cette plante sans apparence est vivace et produit un fruit délicieux. Les sarments sont issus du cep, sont de la même nature que lui, et c'est sur eux que nait le fruit.

   Cette image rend compréhensible l'idée de l'union que Jésus veut entretenir avec ses disciples, union qui devra être aussi intime, aussi vivante que celle du cep et des sarments. Il est le vrai cep, et c'est de lui seul qu'ils peuvent tirer la sève, la vie et la fertilité. Comme Lui-même crée la vie à profusion, ceux qui lui appartiennent deviennent, à leur tour, des porteurs de vie, " car, dit-il, celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruits."

( Evangile de Jean 15/5 )

 

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" Je suis le pain de vie."

( Évangile de Jean 6/35 )

 

   La légende raconte qu'un boulanger égyptien, bien avant notre ère, étant très distrait, aurait oublié sa pâte de céréale dans un coin au lieu de la faire cuire. Elle aurait ainsi fermenté et donné naissance au premier "pain levé" du monde.    Depuis ce temps-là, la panification est devenue tout un art, et on peut se régaler aujourd'hui de toutes sortes de pains faits avec diverses farines. On sait que le pain que Jésus a multiplié était fait de farine d'orge, et que le miracle s'est produit à partir de cinq pains partagés par un jeune garçon. ( Jean 6/9 )

   Alors qu'au moment de la tentation, Jésus a refusé de transformer des pierres en pain pour sa propre nourriture, il multiplie ici le pain pour des milliers de personnes. Ce pain du partage a été abondant. Quelle communion n'ont-ils pas vécu tous ces gens qui ont "pique-niqué" ensemble. Ils ont dû lier de nouvelles amitiés et devenir "co-pain". C'est à ce moment-là que Jésus déclare qu'Il est le pain de Vie et concrétise cette parole de l'Ancien Testament: "L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu." ( Deutéronome 8/3 )

   On se rend compte que ce miracle répond à deux besoins fondamentaux de l'être humain: Le besoin physique (la nourriture, l'affectif) et le besoin spirituel (relation avec Dieu). En affirmant qu'Il est "le Pain de Vie", Jésus répond à ces deux attentes. Il est cette parole vivante à laquelle aspire l'homme. Il communique la vie à celui qui s'en nourrit et lui donne un réel équilibre. En venant à Lui cette vie se prolonge jusques dans la vie éternelle.

 

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" Je suis la résurrection et la vie."

( Évangile de Jean 11/25 )

   

   Avec quelle ferveur les chrétiens ne chantent-ils pas, le jour de Pâques : " A toi la gloire, ô Ressuscité !" La musique de ce chant a été composée par Frédérich Haendel et pourrait s'inscrire dans son œuvre bien connue : Le Messie. 

   Dans cette œuvre grandiose, dont l’Alléluia final nous ravit toujours, Haendel a exalté la résurrection de Jésus, en même temps qu'il a voulu exprimer sa propre résurrection, car il l'a écrite après une période sombre de dépression et de maladie.

   Comme Haendel, Lazare a connu une résurrection encore plus réelle, puisqu'il était déjà dans le tombeau. Avant de le ramener à la vie, Jésus proclame que la maladie et la mort ne sont pas une fin, et il veut pousser ses auditeurs à voir plus loin et à croire en la source de Vie qui est là, devant eux. 

   En fait, cette résurrection ne sera que l'aboutissement et le perfectionnement de cette Vie qu'Il communique à ceux qui croient :

 

" Quiconque croit en moi, vivra, quand même il serait mort." ( Jean 11/25 )

 

   Pour celui qui est entré en relation de vie avec Jésus-Christ, la mort sera tout sauf une fin. Elle ne sera que le passage par lequel il entrera en présence de son Seigneur.

 

Prière : Seigneur Jésus, dissipe la crainte de la mort qui m'envahit parfois. Que la réalité de ta propre résurrection renouvelle mon Espérance et ma foi.

 

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A méditer pour l'Epiphanie 2018...

" Quand ils aperçurent l'étoile, les mages furent saisis d'une grande joie."

( Matthieu 2/10 )

 

   Ces savants ont quitté leurs lointains pays pour suivre une étoile qui semblait leur faire signe et leur indiquer un événement hors du commun. Garder les yeux sur une étoile, c'est assez facile, en pleine campagne et par temps clair, mais, dans une ville aux lumières artificielles, c'est impossible. Les mages rencontrent cette difficulté à Jérusalem, alors qu'ils pensent que leur voyage touche à sa fin. Ils doivent reprendre la route jusqu'à Bethléem. La crainte que leur marche ne se solde par un échec est palpable. Ont-ils suivi un rêve ? Une illusion ? Mais qu'elle n'est pas leur joie de voir tout à nouveau l'astre scintillant sur le lieu recherché.

Ils réalisent que la joie ne se cache pas dans la satisfaction immédiate des désirs, mais elle se glisse dans l'attente et dans l'espérance. C'est pourquoi ils ont encore le courage de croire à cette joie de rencontrer et d'adorer le Sauveur qui vient de naître.

Il arrive que dans la profondeur de nos pensées, de nos travaux et de nos inquiétudes, l'étoile semble échapper à nos yeux. Nous sommes invités à la persévérance des Mages et de tous ceux qui scrutent le ciel sans pour autant s'impatienter et perdre espoir.

 

Prière :

Seigneur, dans ces temps troublés, ma joie et mise en veilleuse. Fais-moi encore signe. Que ta présence, telle l'étoile des Mages, brille dans mon cœur et ranime mon enthousiasme.

 

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" Quand les fondements sont renversés, le juste que ferait-il ? "       

                                                                                    ( Psaume 11/3 )

 

   Le célèbre académicien André Chamson est natif de Nîmes, mais il a passé son enfance et son adolescence au Vigan, petite ville des Cévennes.

Un de ses livres, "l'Aigoual", publié en 1930, est consacré au Massif de son enfance. Il écrit : "Pour moi, l'Aigoual est le mont Horeb, l'Olympe et le Parnasse, la Montagne Sainte. C'est là que j'ai découvert ce que le monde porte en lui de noblesse et de beauté. C'est là que les miens plongent leurs racines plusieurs fois séculaires."

   Comme André Chamson, nous avons tous nos racines. Nous aimons nous y référer. Elles sont le socle de notre personnalité et font de nous des êtres uniques. Nous aimons retourner sur les lieux de notre enfance pour retrouver certains chemins, certaines odeurs, en chantonnant d'anciennes chansons qui remontent à notre mémoire...

   En tant que croyants, nous plongeons aussi nos racines spirituelles dans les sources de l’Église Chrétienne qui sont la Parole de Dieu et ses enseignements clairement exprimés au travers des dix commandements et des Béatitudes qui nous guident dans notre façon de vivre. Ces racines sont aussi dans le message de Salut qui traverse toute la Bible, comme un fil rouge, et qui fait de Jésus-Christ notre unique Sauveur. Le Nouveau Testament l'affirme en Actes 4/12 :

"Il n'y a de salut en aucun autre, car il n'y a sous le ciel aucun autre Nom par lequel nous devions être sauvés."

 

   Maintenant, revenons au verset biblique qui introduit ce partage : "Quand les fondements sont renversés, le juste, que ferait-il ?" Actuellement, beaucoup de choses sont remises en question. Des décisions sont prises qui ébranlent de nombreux croyants qui se voient "déracinés" dans leurs convictions les plus profondes et se disent "A quoi bon ?...Tout cela vole en éclats !...Tous les fondements sont renversés !..."

Quelle doit être notre attitude face à l'effondrement de la morale et face à l'indifférence qui s'infiltre partout ?

Il me semble qu'un élément de réponse se trouve dans un verset de l'Apocalypse 22/11: "Que le juste pratique encore la Justice, et que celui qui est saint se sanctifie encore !"

Cette parole nous incite à rester fermes et ancrés dans les racines qui ont porté l'arbre de notre foi avec ses fruits. Soyons encore plus tenaces dans la recherche de la Justice, même si, autour de nous, les choses semblent se relâcher. Que notre vie de foi soit toujours empreinte de vérité et de pureté.

Cet extrait d'un poème écrit par Maurice Motte résume bien cette pensée :

 

   " Le long de tes ruisseaux Seigneur,

      Nous trouverons toujours force et vigueur.

      Enracinés en profondeur,

      Nous étanchons la soif de notre cœur,

      Près de toi, Seigneur."

 

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" La cigogne elle-même, dans le ciel, connaît bien le temps des migrations et le temps de son retour."

( Jérémie 8/6 )

 

Nous savons que la Palestine est un couloir pour la migration des oiseaux. Plusieurs espèces volent vers le sud en automne, en passant par le Bosphore, à travers la Turquie, le long de la Palestine et la vallée du Nil pour passer l'hiver sous les climats chauds de l'Afrique. Mais, quand arrive le printemps tous retournent à coup sûr, à leur point de départ, volant d'abord vers le nord, puis se déployant vers l'Europe de l'ouest ou vers l'Asie. Sur toute la terre le même motif mystérieux de la migration des oiseaux se répète. Ils partent et ils reviennent.

   Le prophète Jérémie, se servant de l'image de la cigogne qui revient à son nid, se désole de voir que son peuple part, mais ne revient pas : " Il n'y a parmi eux personne qui renonce au mal qu'il a commis, en disant : "Qu'ai-je fait?" Mon peuple ne connaît pas les lois que l’Éternel a établies." (Jérémie 8/6)

C'est le pasteur John Stott, dans son magnifique livre "Les oiseaux nous enseignent" qui reprend les paroles du prophète en disant que la migration de la cigogne nous parle de repentance. "La repentance et la foi, dit-il, vont de pair dans la vie spirituelle. Les premiers mots qu'on a rapportés du ministère public de Jésus après qu'il ait annoncé l'arrivée du Royaume de Dieu, étaient : "Changez de vie, repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle !" Les apôtres renouvelleront fidèlement cet appel : "Changez de vie, et tournez-vous vers Dieu !" cria Pierre dans un de ses sermons."

   Beaucoup d'entre-nous ont fait l'expérience de ce retour à Dieu, soit dans notre jeunesse, soit plus tard. Nous avons reconnu notre indifférence ou notre révolte, en demandant pardon. Mais nous savons que cette démarche doit être renouvelée encore et toujours. Je dirai même quotidiennement.

Pour revenir à la cigogne, on sait que si pendant son long périple, elle salit son plumage dans un marais, elle fait tout pour se nettoyer et retrouver de belles plumes blanches.

   Dans notre marche de vie spirituelle, il est nécessaire de revenir vers Dieu pour lui demander de nous purifier et de nous laver de nos actes manqués et de nos pensées impures qui assombrissent notre paix. Ce verset de la première épître de Jean nous y convie : "Si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité." (1 Jean 1/9).

   Enfin, peut-être nous est-il arrivé de nous éloigner de Dieu, de vivre dans le doute, en se disant que tout cela n'est que le résultat d'une imagination fertile et que rien n'est réel. Nous avons perdu l'habitude de prier ou de rejoindre un lieu de culte, nous nous sommes éloignés… Alors, comme la cigogne revient à son lieu de départ et retrouve son ancien nid, nous sommes appelés à "retourner" vers le nid qui est le cœur de Dieu. Oui, le rétablissement des relations avec Dieu est possible, le retour en sa présence est à notre portée, et la jouissance d'une nouvelle harmonie avec lui nous est assurée. Il nous suffit de revenir à Lui et d'accepter par la foi son amour et son pardon. Son cœur nous est ouvert, nous y sommes attendus.

 

Ce poème écrit par Pierre Westphal sera ma conclusion :

 

Il est un lieu où tout s'apaise, tout près du cœur de Dieu ;

Un lieu où l'on se sent à l'aise, tout près du cœur de Dieu.

 

Il est un lieu plein de lumière, tout près du cœur de Dieu,

Jésus vers moi vient comme un frère tout près du cœur de Dieu.

 

Dans ce saint lieu plus rien n'oppresse, tout près du cœur de Dieu.

Tout l'être y vibre d'allégresse, tout près du cœur de Dieu.

 

Jésus qui nous rachètes, Toi, l'envoyé de Dieu,

Tiens-nous dans nos tempêtes tout près du cœur de Dieu.

 

 

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Dieu dit : " Je t'aime d'un Amour éternel. "

( Jérémie 31/ 3 )

 

   "Je t'aime, un peu, beaucoup,...              passionnément, à la folie,...pas du tout ! "

Qui n'a pas effeuillé les marguerites dans sa jeunesse ?

  Vous connaissez aussi certainement l'histoire de Fleurette dont la statue se trouve sur la place de Nérac (Lot-et-Garonne). C'était en 1572, Fleurette, fille du jardinier, était éprise d'amour pour le jeune prince Henri alors âgé de 19 ans. Elle en avait 17. Henri répondit à la passion de la timide enfant et tous deux se sentirent pris dans une idylle à laquelle le prince dut s'arracher pour aller épouser la sœur du roi de France. Son départ fut précédé d'une fête brillante au château de Nérac. Fleurette, se voyant abandonnée, chercha l'oubli dans la mort en se jetant dans la rivière Baïse.

 

   Dieu dit, par la voix du prophète Jérémie: " Je t'aime d'un Amour éternel ". Il ne fait pas une promesse à la légère. Et pourtant, vis à vis de cet Amour, nous avons parfois plusieurs attitudes erronées.

 

   Nous sommes souvent indifférents à cet Amour en pensant que cela ne change rien à notre vie, et n'en faisons aucun cas. Le prophète illustre cela par un récit où Dieu semble "blessé" de cette indifférence et de ce rejet. « Ils n'ont pas vu que je les guérissais et que je les tirai avec des liens d'humanité, avec des cordages d'amour.» (Osée 11/4)

 

   Une autre fausse attitude est de considérer Dieu comme un "papa-gâteau" rempli d'amour, sans exigence, infiniment bon comme le disait un jour Michel Serrault dans un film : " A la fin, tout le monde ira au Paradis..."

 

" Je t'aime d'un Amour éternel ": Cette affirmation nous rappelle que cet amour n'a ni commencement ni fin, qu'il est présent dès la fondation du monde. Et cela signifie aussi que, même avant notre naissance, Dieu avait un projet d'amour pour nous. Le roi David le chante :

" Quand je n'étais qu'une masse informe, sur Ton Livre étaient tous inscrits les jours qui m'étaient destinés." (Psaume 139/16)

 

  Cet amour ne se manifeste pas seulement pour cette vie, mais il a son prolongement dans l’Éternité. Jésus ne dit-il pas dans les évangiles : " La volonté de mon Père c'est que quiconque voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour." (Jean 6/40)

 

   Nous voyons que cette "déclaration d'Amour" de Dieu n'a rien de passager, ce n'est pas un "feu de paille" ni une consolation facile pour une foi naïve. C'est la base solide et véritable de notre foi.

Et, comme tout amour véritable, cela appelle une réciprocité. La parabole du fils prodigue (Luc 15/11 à 24) illustre merveilleusement cet Amour du Père qui attend le retour de son fils. Mais il était nécessaire que le fils revienne, qu'il exprime sa tristesse et son regret de sa vie de débauche, qu'il demande pardon pour que la réhabilitation ait lieu. Même si le Père semble ne pas entendre les mots de repentir, le fait que le fils les verbalise, lui ouvre la maison paternelle.

Il serait impensable que le fils soit accueilli et pardonné s'il s'était introduit dans la maison subrepticement sans passer par la rencontre avec son père.

Pour nous, cette rencontre se fait par Jésus-Christ, par notre repentance et par la foi dans son pardon.

Aujourd'hui on peut affirmer avec l'apôtre Paul que " l'Amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qu'Il nous a donné " (Romains 5/5)

 

   A nous maintenant de garder cet Amour stable, persévérant, avec un cœur ferme et fidèle.

 

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"Et vous, demande Jésusqui dites-vous que je suis?"

( Matthieu 16/14 )

 

En cette période particulière, les sondages en France vont bon train. Selon les Instituts, ils ne prévoient pas toujours les mêmes résultats. Ils ne sont pas toujours fiables, non plus. On a beau dire que cela ne change rien pour nous, que notre opinion est déjà faite, on y prête, malgré tout, une certaine attention.

   Dans les Évangiles, Jésus a voulu pratiquer un genre de "sondage" en demandant à ses disciples ce qu'on pense de lui car divers points de vue circulent parmi la foule. Mais Jésus veut savoir plus précisément quelles sont leurs convictions, à eux, ses disciples, ses "proches". C'est Pierre qui se fait le "porte-parole" de ses camarades en affirmant : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !" Jésus reconnaît que cette assurance lui vient de l'Esprit Saint. Mais, malgré la force et la sincérité de cette déclaration, Pierre aura du mal à garder intacte cette opinion jusqu'à ce que l'Esprit Saint vienne sur lui et donne la vivacité et la conviction qu'on lui connaîtra plus tard.

Dans l'Ancien Testament, le prophète Élie met en garde le peuple contre la fluctuation des attitudes quand il dit : " Jusques à quand clocherez-vous des deux côtés ?" ( 1 Rois 18/21 )

Mais la question de Jésus : "Qui dites-vous que je suis ?" s'adresse aussi à chacun de nous.

   Avons-nous fait cette rencontre personnelle avec le Sauveur ? Notre cœur a-t-il été touché par son sacrifice sur la croix ? Avons-nous ressenti son Amour divin, en même temps que la nécessité de nous repentir de notre péché ? Avons-nous reçu son pardon et la paix de notre conscience ? Pouvons-nous affirmer avec calme et fermeté qu'Il est le Sauveur du monde et notre Sauveur personnel ?

Il est vrai que beaucoup de prédications prennent, aujourd'hui, un ton lénifiant, humaniste et consensuel. On n'ose plus proclamer le message de Salut et de transformation découlant de la foi dans le sacrifice de Jésus. Mais Il nous demande, encore aujourd'hui, avec un regard aimant et direct : " Qui suis-je pour vous ? "

La réponse nous appartient, elle doit être renouvelée quotidiennement. De même que les paroles de Pierre, inspirées par le Saint Esprit, le même Esprit confirme dans notre cœur cette magnifique vérité car " l'Esprit de Dieu rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu." ( Romains 8/16 )

Alors, rejetons toute hésitation et bannissons le doute, affermissons-nous dans la foi en notre Seigneur et Sauveur. Et pour ceux qui sont encore en recherche, ou en questionnement, sachez que Dieu répond à votre attente sincère, en vous révélant Jésus dans sa vie, sa splendeur et son amour.

A la suite de cela nous pourrons nous écrier, comme Thomas devant Jésus ressuscité : " Mon Seigneur et mon Dieu !"

Je voudrais terminer par ce magnifique poème de Charles Mosiman :

 

" Christ n'est-il rien pour vous ?

Lui qui vint sur la terre

Se charger du poids de nos douleurs,

Ranimer l'Espoir, apporter la lumière

Aux peuples dans la nuit du malheur.

 

Oh ! n'est-il rien pour vous ?

Ce Sauveur admirable

Qui vint mourir pour nous

Sur la croix du coupable.

Voyez son front blessé,

Et dans ses mains les clous,

Oh ! n'est-il rien pour vous ?

Est-il vrai qu'Il n'est rien pour vous ?

 

Christ n'est-il rien pour vous ?

Lui, l'ami secourable,

Qui nous offre une immuable paix.

Non, rien ici-bas n'a de bonheur durable.

Jésus-Christ, lui, ne change jamais.

 

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Méditation de Pâques :

" Qui nous roulera la pierre ? " ( Évangile de Marc 16/3 )

   Elles étaient décidément très courageuses ces femmes de l’Évangile ! Imaginez ! Parties au petit matin, alors que le soleil se lève à peine, chargées d’onguents et d’aromates pour aller embaumer un mort ! Certes ce n’est pas n’importe quel mort, c’est leur Maître bien-aimé, celui qu’elles avaient suivi et entouré de leurs soins, celui qui les avait enseignées, mais quand même !

   En plus de leur courage, on peut saluer leur ténacité et leur persévérance. Elles veulent aller jusqu’au bout de leur amour, et, dépassant leurs appréhensions, elles se dirigent vers le tombeau. Mais subitement, elles réalisent qu’elles ont pensé à tout sauf à se faire accompagner de plusieurs "bras forts", utiles pour rouler la pierre qui en ferme l’entrée.

   Il ne leur manque ni la volonté, ni l’ardeur, mais elles sont devant une difficulté qui les dépasse. Cette action est démesurée pour elles. Mais, au moment où elles expriment cette préoccupation, elles découvrent que la pierre a été roulée et que le tombeau est vide.

   A ce point de ma méditation, une pensée se fait jour. Quand on découvre la vie de la foi et la communion avec le Seigneur, ou même quand on s’engage au service de Dieu, soit à plein temps, soit comme membre actif de la communauté, on est plein d’enthousiasme et de zèle. C’est l’intensité du premier amour. On ne mesure pas immédiatement ce que cela comporte comme inconnue. Oui, on ne pense pas à tout.

Chemin faisant, quand vient le doute, quand surgissent les difficultés, quand les choses ne se déroulent pas comme on l’avait pensé, on se remet en question, on doute de sa propre décision, et parfois on doute même de l’appel de Dieu : "Qui va rouler la pierre de ce problème ? "

   Dans la Bible nous avons plusieurs exemples de personnages qui sont devant le même dilemme.

En particulier Gédéon à qui Dieu demande d’aller délivrer son peuple : "Avec quoi délivrerai-je Israël, je suis le plus petit dans la maison de mon père ?" Mais Dieu lui dit: "Je serai avec toi, et tu auras la victoire sur l’ennemi" (Juges 6/14 à 17) Ainsi, Gédéon a expérimenté très rapidement que la "pierre" énorme du combat était roulée par Dieu Lui-même, et avec peu de moyens humains, la victoire lui fut assurée.

   Pour en revenir à nos courageuses héroïnes, nous les voyons effrayées devant le tombeau vide, complètement anéanties, les bras chargés d’aromates qui ne leur serviront à rien. Mais elles sont interpellées et "remises debout" par l’ange qui leur dit : "Jésus n’est plus ici, il est ressuscité ! Allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée." ( Marc 16/6-7 )

Elles étaient venues rendre un dernier hommage et apporter des soins à un Mort ! Les voilà promues au rôle d’ambassadrices d’un Vivant, chargées d’aller annoncer cette merveilleuse nouvelle aux disciples.

Si elles n’avaient pas eu à cœur de venir au tombeau, elles n’auraient pas connu la joie d’être "messagères de la Résurrection" !

   Pour nous, aujourd’hui, l’acceptation de la mort de Jésus est le départ de toute véritable foi. C’est cela qui nous assure le pardon de nos péchés, de nos faiblesses, et c’est Sa Résurrection qui fait de nous des témoins !

Parfois des "pierres" énormes ferment notre vie : pierre de la maladie, pierre du doute, pierre de la solitude... Mais, répondant à nos inquiétudes et nos peurs, Jésus déplace les pierres les plus lourdes et ouvre les portes les plus verrouillées. Ces moments difficiles peuvent devenir des tremplins pour le témoignage et pour aider d’autres personnes qui sont encore dans la difficulté.

Comme les femmes de l’Évangile, devenons des témoins de la Résurrection, des témoins du Vivant.

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 Le Roi m'a regardé.

 

   On raconte dans les livres d'histoire que le roi Louis XIV aimait être entouré de sa cour, et ne voulait pas perdre de vue ses sujets. Il les regardait, ils le regardaient. L'œil devenait l'arme majeure de la politique. Un regard, un mot du roi, et l'instant était rempli de satisfaction et de bonheur. Lorsque le roi daignait tourner son regard vers un de ses sujets, celui-ci croyant sa fortune faite, s'en vantait, en disant : « Le roi m'a regardé ! » Il était malin, le Roi Soleil. Que de monde il a payé avec un regard !

   Il en va tout autrement en ce qui concerne le regard de Dieu. La Bible nous apprend que Dieu s'intéresse à notre monde. Chaque créature et chaque être humain est l'objet de sa bienveillance, et son regard n'est ni dominateur, ni calculateur mais c'est un regard d'Amour. « Dieu étend ses regards sur toute la terre pour soutenir ceux dont le cœur est tout entier à lui. » (2 Chroniques 16/9)

Cette parole s'oppose à toutes les expressions de doute et de désespoir qui ressurgissent face aux événements inquiétants dont nous sommes les témoins et les problèmes que nous subissons. N'entendons-nous pas souvent : « Ah ! Si Dieu existait ! »

 

   Un proverbe populaire dit : « Dans la nuit noire, sur une pierre noire, une fourmi noire, Dieu la voit. »

Cette citation illustre bien que le regard de Dieu ne couvre pas seulement le monde dans sa globalité, mais que son intérêt se porte sur chaque personne. Des milliers de personnes témoignent du moment où le regard de Dieu s'est posé sur leur vie, d'une manière précise et personnelle.

Parfois, en contemplant la beauté du coucher de soleil quand le ciel est embrasé d'ardentes couleurs, nous ressentons une profonde harmonie et une grande paix. N'est-ce pas le regard de Dieu posé sur nous ? Dans un moment de maladie ou de découragement, la visite bienfaisante d'un ami, des paroles de réconfort font aussi entrevoir un clin d’œil de sa part.

Mais surtout Dieu a montré son intérêt et son amour pour les hommes en envoyant son fils Jésus. Il est écrit dans l'évangile de Jean (3:16) : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu'il ait la vie éternelle. »

Jésus est le prolongement du regard de Dieu. Les Évangiles nous relatent beaucoup d'exemples comme le récit de Zacbée perché sur son arbre à qui Jésus s'adresse en s'invitant chez lui en apportant la repentance et le salut (Luc 19). De même, au moment où Pierre le renie, Jésus tourne le regard vers lui et cela s'adresse à lui seul (Luc 22). N'était-ce pas le rappel de tout le chemin parcouru ensemble, de toutes les paroles échangées, de toutes les déclarations fortes et sincères de Pierre ? Mais c'était surtout un regard rempli d'espoir. Et si Pierre l'a ressenti comme un reproche, ce qui lui a arraché des larmes, il a retrouvé dans les yeux de Jésus une expression de compassion, de pardon et de recommencement.

Encore aujourd'hui, le regard de Jésus se pose sur chacun, appelant constamment à venir à lui, comme l'exprime un extrait du poème de Robert Thomson :

   " Plein de patience, ton Dieu te recherche,

     Dans sa bonté, il te veut plus heureux,

     Si tu prends conscience qu'il te tend la perche,

     Jamais tu n'es trop loin de Dieu.

     Tu dois savoir que ton Dieu s'intéresse

     A tes projets ainsi qu'à tes détresses.

     Si tes échecs t'ont laissé malheureux,

     Jamais tu n'es trop loin de Dieu."

 

( Le texte intégral de cette méditation a été imprimé sous forme de traité n° V1701 disponible a Média-Espérance (www.media-esperance.org )

 

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" Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s'en aller en Paix car mes yeux ont vu ton salut.   ( Luc 2: 29)

 

Il nous est facile d'imaginer cette scène : Marie et Joseph, tout nouveaux parents, entrant dans le Temple pour présenter Jésus au Seigneur. Ils ont respecté le temps exigé par la Loi et préparé deux tourterelles, selon la Loi, aussi, et, ensemble, ils accomplissent cet acte religieux. Ils montrent, ainsi combien ils sont attachés aux commandements de Dieu. Pour eux, ce ne sont pas des textes dépassés ou ringards, mais ils ont toute leur place dans ce moment familial heureux. Le vieux Siméon les accueille en exprimant une prière prophétique concernant cet enfant:

" O Dieu, mes yeux voient ton Salut,

Tu peux laisser ton serviteur, s'en aller en Paix."

En entendant cette prière, Marie et Joseph n'ont-ils pas repensé aux paroles que l'Ange leur a adressées à chacun, séparément : à Marie: " Tu auras un fils, il sera grand, il sera appelé Ils du Très Haut..." et à Joseph: " Tu lui donneras le nom de Jésus, car c'est Lui qui sauvera son peuple de ses péchés ".

 

Que signifient, maintenant, ces paroles de Siméon ? Ne sont-elles pas la confirmation de toutes les promesses reçues individuellement ?

L’Évangile nous présente Siméon comme un homme juste et pieux qui attend la "consolation d'Israël". Plus le temps passe et plus il observe avec tristesse le désordre et l'abandon des choses de Dieu, avec la souffrance qui en découle, pour ses contemporains. Il se demande quand la délivrance va se produire... Or, poussé par le Saint Esprit, il vient au Temple, sans savoir que Dieu lui réserve la surprise de sa vie: il va tenir dans ses bras l'Enfant Messie, l'Incarnation du Salut.

Sans doute, a-t-il pris plus d'un nouveau-né dans ses bras lors de leur présentation, mais à cet instant, ses yeux s'ouvrent, les yeux de la foi, et il entrevoit la réalisation des promesses si souvent répétées. Son cœur, rempli de joie, jouit pleinement de cet instant, et la louange jaillit naturellement de sa bouche.

Quant à Marie et Joseph, émerveillés par ces paroles mystérieuses et, les reliant aux promesses de l'Ange, se trouvent confortés dans leur rôle de parents heureux et bénis. La démarche de venir ensemble au Temple les remplit, à leur tour, d'une profonde Paix. Ils peuvent entrer dans le projet de Salut de Dieu, ils s'y sentent impliqués par grâce.

En ce Noël qui vient, j'ai été tout à nouveau touchée par eux. C'est l'unique couple de la Bible qui vient "ensemble" présenter leur enfant au temple. Et le mot "ensemble" revêt tout en message pour les couples d'aujourd'hui. Venir au temple, "ensemble", peut signifier s'approcher de Dieu ensemble, "ensemble" dans la prière, dans les moments de joie, comme dans les jours plus douloureux et plus difficiles. C'est dans ces heures-là, que la Paix nous est donnée, que l'harmonie est retrouvée.

Ainsi le projet de Dieu pour notre vie se fait plus clair et plus tangible.

 

 

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Le Pommier

 

La Bible dit :

"Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes." (Cantique des Cantiques 2/3)

    Le pommier existe depuis plusieurs milliers d'années, mais les fruits sont restés pratiquement immangeables jusqu'au Moyen Age. C'est à ce moment-là que les moines ont commencé à pratiquer des greffes qui ont rendu la pomme comestible.

A Lyon, il existe "L'Association des Croqueurs de Pommes". Son but est de sauvegarder le patrimoine génétique fruitier et faire la promotion des différentes variétés.

   Dans la Bible, il n'est jamais question de pommier en tant qu'arbre réel. Le fruit qu'Adam et Eve ont mangé n'est pas spécialement une pomme comme le veut la tradition. La confusion vient peut-être du mot "pomologie" qui est l'étude des fruits.

Le seul endroit qui parle de pommier est le texte cité plus haut, extrait du Cantique des Cantiques. C'est un merveilleux chant d'amour en "duo", où le bien-aimé et la bien-aimée se répondent par éloges réciproques. Ce cantique, écrit par le roi Salomon, symbolise l'Amour que Dieu a pour le peuple d'Israël, mais symbolise aussi l'Amour de Jésus pour son Église.

Le Psaume 45 fait écho à cette parole d'admiration de la bien-aimée : "Tu es le plus beau des fils de l'homme, la grâce est répandue sur tes lèvres. Dieu t'a béni pour toujours." (Psaume 45/3)

    Dans l’Évangile, nous trouvons la confirmation de cette parole allégorique, et nous pouvons comparer Jésus à un pommier au milieu des arbres de la forêt.

En effet, le pommier est de nature différente des autres arbres forestiers, bien qu'ayant un tronc, des branches et des feuilles comme tous les arbres. Par sa stature parfaite, Jésus est différent de l'être humain, tout en ayant une nature humaine. Il a dit à ses disciples : "Mon royaume n'est pas de ce monde; je suis venu pour rendre témoignage à la vérité" (Jean 18/37)

Les arbres de la forêt portent des baies, ou des fruits sauvages qui ne sont pas très nourrissants. Le pommier, lui, porte plus de 500 variétés de fruits appréciés pour leur goût et leur parfum.

Jésus lui-même a dit : "Je vous donne la vie en abondance..." (Jean 10/10) et "Je vous donne la paix, non comme le monde la donne." (Jean 14/27)

    Nous pouvons vraiment redoubler d'amour et de foi envers notre Sauveur qui est venu vivre, dans notre "forêt humaine", en étant semblable à nous dans son corps, mais en nous insufflant Sa Vie par sa résurrection.

   Comment notre cœur ne s'élèverait-il pas en un chant d'amour et de reconnaissance envers notre "Bien-Aimé" Sauveur et Seigneur Jésus-Christ.

 

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" Tu as gardé le bon vin jusqu'à présent..."

( Jean 2/10 )

Bien qu’étant abstinente depuis ma naissance, j’ai voulu m’intéresser à la boisson qui figure sur les bonnes tables françaises : le vin.

Dans le livre "Le vin pour les nuls" on nous explique les qualités essentielles d’un bon vin :

C’est d’abord un vin qu’on a du plaisir à boire, et autour duquel se crée une alchimie entre rêve et voyage, et trois mots peuvent le définir :

- L’équilibre entre la douceur et l’acidité, le taux de tanin, juste ce qu’il faut,

- La longueur, c’est-à-dire le chemin que parcourt le vin tout au long du palais en laissant un souvenir persistant de sa présence, même une fois avalé,

- Les arômes, différents selon les cépages, vins fruités, vins terreux, vins épicés,...

 

   Dans le récit biblique bien connu des Noces de Cana ( Evangile de Jean 2/1 à 11 ) un petit drame va se jouer alors que la fête bat son plein : il n’y a pas assez de vin pour satisfaire les convives jusqu’à la fin du repas, et la noce aurait un goût de "raté" ! Jésus qui est invité à cette fête va intervenir et changer l’eau en vin, et ce vin sera meilleur que celui qui avait été servi jusqu’alors. C’est l’organisateur du repas lui-même qui le reconnaît : le vin du miracle est meilleur !

Je voudrais souligner deux choses dans ce récit de l’Évangile où Jésus va montrer un signe de son Royaume. La première, c’est le manque. Chaque être humain est incomplet. Martin Luther King, dans son livre "La force d’aimer" le souligne très pertinemment. Il dit : "Les idéalistes ne sont pas souvent réalistes, ni les réalistes souvent idéalistes. Les militants ne sont guère connus pour être passifs, ni les passifs pour être militants. Rarement les humbles savent se mettre en valeur, et ceux qui se mettent en valeur sont rarement humbles."

En résumé le manque fait partie de notre condition humaine. On peut indéfiniment dresser une liste de nos manques : manque d’amis, manque d’amour, manque de reconnaissance, manque de culture... etc.

Il y a aussi nos erreurs, nos occasions manquées, notre péché, qui est par définition un acte manqué, une cible non atteinte...

Un petit refrain illustre ce constat et ouvre pour nous le chemin du retour vers l’équilibre intérieur :

" Dans ta vie, bien des fois, / Tu as manqué la cible.

Ta nature t’enferme / Dans une lutte impossible.

Veux-tu être libre et courir vers le but / Que Dieu trace pour toi,

C’est Jésus qui libère / Par sa vérité,

Prends le temps nécessaire / D’entrer dans son projet."

 

   Comme au cours des Noces de Cana où Jésus a apporté le meilleur, il le fait dans notre vie si nous le laissons agir. Il apporte l’équilibre. Nous retrouvons notre vraie place de personne, pardonnée, réintégrée, et apaisée avec elle-même et avec les autres.

Il nous apporte aussi la durée... car ce nouvel équilibre et cette harmonie ne sont pas des sentiments passagers et éphémères, mais ce sont des convictions solides et profondes, et cela, non seulement pour cette vie, mais jusque dans la vie éternelle.

Enfin, nous retrouvons les arômes, c’est-à-dire le rayonnement de toute une nouvelle vie dans notre environnement quotidien. Et nous voyons mûrir les fruits que l’Esprit Saint veut produire en nous : l’Amour, la joie, la patience, la paix, la maîtrise de soi...

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   L'Eau :

   Dans son livre "Terre des Hommes", Antoine de Saint Exupéry, qui faillit mourir de soif après un atterrissage forcé dans le désert, en 1935, à écrit une page bouleversante sur l'Eau:
" Eau, tu n'as ni goût, ni couleur, ni arôme, on ne peut pas te définir, on te goûte, sans te connaître. Tu n'es pas nécessaire à la vie: tu es la vie ! Tu nous pénètres d'un plaisir qui ne s'explique point par les sens. Avec toi rentrent en nous tous les pouvoirs auxquels nous avions renoncé. Par ta grâce, s'ouvrent en nous toutes les sources taries de notre cœur. Tu es la plus grande richesse qui soit au monde et tu es aussi la plus délicate, tu répands en nous un bonheur infiniment simple."

 

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" Nous portons ce trésor dans des vases de terre." ( La Bible, 2 Corinthiens 4/7 )

   Aux portes des Cévennes, Anduze est une petite ville très sympathique. Ses ruelles étroites, très commerçantes, sa fontaine "pagode" et sa tour de l’horloge, plusieurs fois centenaire, lui donnent un charme tout particulier. Elle s’enorgueillit aussi d’abriter dans ses murs l’un des plus grands Temples de France. Mais ce qui fait la renommée internationale d’Anduze, c’est sa poterie. Elle en est incontestablement la capitale cévenole.

   Depuis des siècles, les terres nécessaires à l’élaboration des poteries étaient extraites sur le territoire d’Anduze, et encore actuellement, l’argile utilisée provient de carrières situées près des ateliers. Mais, sans cuisson, les vases de terre glaise restent très fragiles et s’effritent rapidement.

Dans la Bible, Saint Paul, écrivant aux Corinthiens, parle d’un grand trésor qu’il porte dans des vases de terre. Mais quel est ce trésor ?

Au travers de ses lettres, il dit ouvertement que ce "trésor" est la "splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ". Paul précise bien : "Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes, c’est Jésus le Seigneur que nous prêchons, et nous nous disons vos serviteurs, à cause de Jésus." (2 Corinthiens 4 v. 5).

Pour l’apôtre, l’essence même de son message, et la motivation profonde de son ministère, c’est l’annonce du Salut par le sacrifice de Christ. Or, il dit porter ce trésor dans un vase de terre, faisant ainsi allusion à son humanité, et aux limites de son corps.

   Dans le livre de Job, une expression décrit bien la fragilité du corps humain: "S’il se trouve de la folie chez ses anges, combien plus chez ceux qui habitent une maison d’argile, et qui tirent leur origine de la poussière." (Job 4 v. 19).

Nous savons que Paul était atteint d’une infirmité qui le faisait souffrir. Il parle de son corps comme d’une "tente" dans laquelle il gémit, désirant revêtir "l’homme nouveau". Il ajoute qu’il a prié pour être soulagé de ses souffrances, mais la réponse a été : "Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse." (2 Cor. 12 v. 19). La grande préoccupation de Paul était de ne pas s’enorgueillir de ses succès, mais de rester humble afin, dit-il "que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous", rappelant ainsi, indirectement que le mot "humilité" vient de "humus" qui désigne la terre.

   Il en va de même pour nous : notre foi, nos certitudes, l’assurance de notre salut, notre vie de prière, nous les portons dans des "vases de terre". Physiquement, nous avons tous nos fragilités et nous ne sommes pas à l’abri d’un ennui de santé. Moralement et spirituellement aussi, il suffit d’une mauvaise nouvelle, d’une déception, et nous voilà ébranlés. Dans la Bible les exemples ne manquent pas, et nous ramènent à notre condition humaine. Mais toutes nos vulnérabilités ne doivent pas nous arrêter dans notre marche de "porteurs du trésor de l’espérance". Et s’il nous arrive de nous sentir trop faibles pour cela, sachons retrouver nos forces en nous approchant constamment de Jésus, car "en Christ, sont cachés tous les trésors de la sagesse." (2 Colossiens 2 v.3).

En visitant un cimetière - et rien n’est plus explicite que ce lieu pour rappeler que "le vase de terre est retourné à la terre", j’ai été réjouie de lire des versets bibliques sur certaines tombes. Même disparus, ces chrétiens continuent à porter le "TRESOR" de leur foi, affirmant ainsi que tout ne s’arrête pas à la tombe : le vase de terre est rompu, mais le "TRESOR" de l’Évangile demeure.

   Mgr Jean-Michel Di Falco évoque aussi ce trésor dans un chant dont voici un extrait: 

On m’avait dit que le bonheur

Était un trésor à chercher.

Je suis parti loin de ma maison

Très loin, au-delà des contrées.

J’ai cherché, cherché et n’ai rien trouvé

Car j’ignorais que le trésor est en moi,

Et c’est Toi, mon Dieu, qui l’a déposé

Au fond de mon cœur.

 

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"Comme un homme que sa mère console, je vous consolerai" dit Dieu. (Esaïe 66, verset 13)

 

   Quelle scène est plus touchante, plus tendre et plus humaine que le spectacle d'une mère qui ouvre ses bras pour accueillir l'enfant qui vient de se blesser, car c'est vers elle qu'il accourt en premier. Et même en tant qu'adulte, on aime revenir vers sa mère, si on a le bonheur de l'avoir encore, pour partager avec elle ce qui nous tient à cœur. Florian n'a-t-il pas écrit : "L'asile le plus sûr, c 'est le cœur d'une mère."

    Dans ce texte du prophète Esaïe, Dieu emploie justement l'image d'une mère aimante qui console son enfant, pour rendre concret son message d'amour envers son peuple. Il ajoute: "Vous serez consolés dans Jérusalem, vous le verrez, et votre cœur sera dans la joie." (Esaïe 66/14). Cette consolation, réalisée par le moyen d'hommes tels que Néhémie ou Esdras, a été réelle lors du retour de la captivité, qui avait duré plusieurs décennies.

   Mais Dieu a aussi consolé son peuple en envoyant le Messie, même si celui-ci n'a pas été reconnu comme tel par la majorité de ses contemporains. Citant l'Ancien Testament, Jésus dit:

"L'Esprit du Seigneur est sur moi, II m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres... pour proclamer

aux captifs la délivrance... pour publier une année de grâce du Seigneur." Et il poursuit: " Aujourd'hui cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, est accomplie." (Luc 4/18 à 21).

Jésus ici, se définit lui-même comme étant un "Consolateur" envoyé par Dieu.

C'est pourquoi, juste avant les événements de la Passion, il dit: "Je prierai le Père, et II vous enverra un autre consolateur". Il répète trois fois cette promesse et présente cet autre Consolateur. Ce sera l'Esprit Saint, c'est lui qui viendra consoler, exhorter, plaider, encourager, répondre avec bonté.

   On peut se demander de quoi devraient être consolés les disciples ? Jésus sait qu'ils vont être ébranlés, et attristés par son humiliation et sa mort sur la croix. Ils se sentiront complètement orphelins. Et Jésus leur promet cet autre consolateur qui viendra sur eux, les consolera, les apaisera et leur donnera le courage de confesser son nom. C'est ce qui s'est passé le jour de la Pentecôte. Lorsque l'Esprit Saint est venu sur eux, de tristes et abattus qu'ils étaient, ils sont devenus joyeux et sereins, de craintifs et lâches, ils sont devenus forts et courageux pour parler de Jésus le Ressuscité.

   Comme le Saint-Esprit a consolé les disciples de la mort de Jésus, il console aujourd'hui tous ceux qui connaissent, au fond de leur cœur, cette tristesse-là. Il console ceux qui ne restent pas indifférents à son sacrifice mais qui se l'approprient comme seul moyen de Salut. Il console ceux qui éprouvent un sentiment de culpabilité à cause de leurs péchés et de leurs erreurs, qui les reconnaissent, et qui reçoivent, par la foi, le pardon et la guérison du cœur. C'est ce que les épîtres appellent "la tristesse selon Dieu". L'apôtre Paul écrit : "En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut, dont on ne se repent jamais" (2 Corinthiens 7/9).

Puissiez-vous connaître, avec l'immense consolation du pardon de Dieu, le bonheur de vivre pleinement, et être renouvelé dans cette certitude.

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Méditation pour Pentecôte :

"Ce n'est pas par la force, ni par la puissance, mais par mon Esprit, dit le Seigneur." (Zacharie 4:6)

 

C'est au cours d'un orage, particulièrement violent, que, Benjamin Franklin, l'inventeur du paratonnerre, a démontré, le 15 juin 1752, un phénomène important. En effet, à l'aide d'une simple clef attachée à un cerf-volant, il a découvert que la lumière est un phénomène électrique.

Cet homme étonnant, très en avance sur son époque et avec le peu d'instruments dont il disposait, a fait progresser notre connaissance dans le domaine de l'électricité. Il a découvert, en particulier, qu'il y a une électricité positive et une électricité négative.

Que ferions-nous aujourd'hui, sans toutes les ressources de cette force ? Elle éclaire nos maisons, elle fait tourner les moteurs de nos usines, elle contribue à envoyer des hommes dans l'espace et à explorer les mondes les plus lointains.

D'autres sciences et techniques ont contribué à élargir les possibilités humaines dans le domaine de la santé, notamment. Pour beaucoup de choses, ce devrait être le retour du fameux "âge d'or" !

Pourtant, il n'en est rien, car, tous les progrès viennent buter contre les murs de l'égoïsme à courte vue de l'être humain, et aucune force n'a réussi à changer le comportement naturel l'homme.

En effet, pour que le monde puisse vraiment changer, il faut que l'homme soit transformé au plus profond de lui-même.

Malgré toute notre bonne volonté, et notre désir de changement, nous sentons en nous des tendances à penser et à faire le mal. Nous connaissons ces paroles de St Paul: "Je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas. Qui me délivrera ?... Mais, grâces soient rendues à Dieu, par notre Seigneur Jésus-Christ." (Romains7/15 et 25)

Par l'action du Saint Esprit en nous, ce changement devient possible, si nous le laissons agir. C'est lui qui nous éclaire sur notre comportement et qui agit en nous d'une façon progressive. Nous remportons une victoire après l'autre. Parfois, s'il nous arrive de retomber dans le même travers, ne nous décourageons pas, mais humilions-nous devant Dieu et recommençons à marcher.

 

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Que vois-tu Jérémie ? ...

- Je vois une branche d'amandier.

(La Bible, Jérémie 1/11)

 

   Dans la région méditerranéenne se trouve la "garrigue". C’est un paysage sec et désert proche du maquis.

Or, il arrive qu’à la fin janvier, cette terre grise se pare de nombreuses taches blanches qu’un peintre inconnu aurait posées dans les champs. Ce sont les amandiers qui fleurissent. Et voilà les annonciateurs de jours plus longs et plus tempérés qui sont là. A Saint-Rémy de Provence, il y a la "Maison de l’Amandier" et cette association organise maintes manifestations en l’honneur de cet "arbre bien-aimé". Un concours est même ouvert pour les enfants de 6 à 12 ans intitulé : "A la découverte du 1er Amandier en fleur".

En hébreu, "amandier" se dit "chequed = le veilleur" assimilé au "veilleur" qui annonce le lever du jour, et l’arrivée d’une nouvelle saison.

   D’autre part, ses pétales blancs, à base rosée, donnent à l’arbre l’apparence frappante d’une belle tête blanche de vieillard, et l’Ecclésiaste, dans sa sagesse, nous encourage à nous souvenir de notre Créateur, au moment de notre jeunesse, avant le temps où "l’amandier fleurit" (Ecclésiaste 12/7).

Le prophète Jérémie a cette vision douce et bucolique à l’époque de sa vocation. On est loin des visions effrayantes et terribles dont il sera témoin plus tard. Ici, c’est la beauté, et le jeu de mots de la part de Dieu :

- Je vois une branche de "veilleur", dit Jérémie.

- Tu as bien vu, dit Dieu, car je veille sur ma PAROLE pour l’accomplir.

Alors que Jérémie conteste son appel, arguant qu’il est trop jeune et qu’il ne sait pas parler, Dieu, dans sa vision, lui confirme que, justement, il sera porteur de Sa Parole, et que cette Parole s’accomplira. Dieu semble ajouter: "Je veillerai personnellement sur cet accomplissement".

   Dans tout le livre de Jérémie, les expressions "Ma Parole" ou "Parole de l’Éternel" figurent environ 500 fois. C’est dire leur importance, faisant écho aux versets d’Esaïe 55 qui utilise des images rurales et champêtres : "Comme la pluie et la neige descendent des cieux et n’y retournent pas sans avoir arrosé, fécondé la terre et fait germer les plantes, ainsi en est-il de ma Parole qui sort de ma bouche, elle ne retourne pas à moi sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins" dit Dieu. (Esaïe 55)

 

   On peut retirer beaucoup d’enseignements de ces versets, mais je voudrais seulement en souligner trois :

- Tout d’abord, Dieu veille sur Sa Parole et sur l’accomplissement de ses promesses. Nous pouvons constater que bon nombre d’entre elles se sont réalisées au cours de l’histoire de son peuple et de l’histoire du monde. Dieu veille aussi sur le renouvellement des saisons, bien que les activités humaines en perturbent souvent le rythme.

- En tant que chrétiens aussi, nous sommes appelés à rester fidèles à la Parole de Dieu, à la considérer dans son intégralité, même si elle semble obscure et difficile à comprendre. Il est bon de partager cette Parole avec nos contemporains, en toute délicatesse et respect, mais aussi en toute persévérance et fidélité, même avec ceux qui semblent les plus indifférents, car un jour, cette Parole trouvera un écho dans le cœur de ces personnes.

- Enfin, nous pouvons affirmer aussi que Dieu veille sur les promesses de sa Parole que nous avons reçues dans des circonstances particulières. Certes, des "garrigues grises", des chemins pierreux, des terres arides, il y en a dans notre vie. Mais nous pouvons nous appuyer sur ces promesses en les reliant aux événements de tous les jours, et un amandier de paix et de joie refleurira tout à nouveau dans nos cœurs.

 

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" Ne promène pas des regards inquiets car je suis ton Dieu " ( Esaïe 41/10 )

 

   Aimez-vous les devinettes ? En voici une. Quel est le mois de l'année le plus malade ? C'est le mois de février! Les Romains lui donnèrent ce nom à cause d'une fièvre ! Le Proverbe dit: "Février le mois le plus court, le pire de tous" et aussi "Février de tous les mois le plus court, le moins courtois."

   C'est souvent en février que se déclarent certaines épidémies : grippe, gastro-entérite, etc. Ces maladies passagères s'accompagnent souvent de forte fièvre et d'agitation. La fièvre force le malade à s'aliter. Elle le met à plat. Toutes ses forces sont anéanties et ses pensées sont centrées sur le corps uniquement, comme si l'esprit n'existait plus. Elle sème la confusion dans les paroles et la pensée. Le malade est complètement empêché de réfléchir. On l'entend souvent se plaindre: "Je ne sais plus où j'en suis...!" Il s'imagine des scénarios catastrophes et ne voit aucun signe d'espérance. La fièvre touche aussi l'estomac, il y a perte d'appétit et dégoût de tout. Bref, une mauvaise fièvre met le sujet totalement hors-service. Les médecins disent que la fièvre n'est pourtant pas une maladie, mais elle est le symptôme d'une affection plus importante. Ces derniers mois, nous avons collectivement connu des moments fébriles et très agités devant des événements terribles que nous connaissons tous. Les médias, dans leur bonne volonté de nous informer, contribuent largement à cette agitation et à l'inquiétude générale.

   Si la fièvre est le symptôme d'une infection plus profonde, nous savons que le virus qui ronge notre société actuelle est l'abandon de toute morale et de toute foi véritable. La Parole de Dieu appelle cela "le péché" avec tout le mal qui en découle : violence, malhonnêteté, mensonges, révolte, etc. Toutes ces attitudes forment une société ingérable, porteuse d'inquiétude et d'agitation.

   La parole du prophète Esaïe citée en titre, s'adresse à chacun de nous. Nous traversons tous de nombreuses situations qui peuvent venir perturber le calme auquel nous aspirons. Cette parole nous enjoint à chercher notre refuge en Dieu. A chacun, le Seigneur Jésus-Christ fait la promesse de rester toujours à nos côtés. Nous pouvons alors détourner les regards de ce qui nous inquiète et nous agite, pour garder notre confiance en Celui qui demeure fidèle pour l’Éternité.

Nous sommes inquiets peut-être pour les membres de notre famille... Nous sommes complètement impuissants devant certaines situations... Notre force viendra de notre proximité avec Jésus. C'est Gisèle Casadessus qui a dit dans une interview: "Quand mes enfants étaient petits je leur parlais de Dieu, maintenant je parle à Dieu de mes enfants." Ce sont des mots très éloquents.

   Permettez-moi de terminer avec ces écrits d'un père de l'Église, Ambroise de Milan:

" En Jésus, j'ai trouvé un Ami qui, lorsque je vivais loin de lui s'est approché de moi, m'a parlé et a gagné mon cœur.

En lui, j'ai trouvé un Sauveur pour le temps et l'éternité. Après m'avoir montré mon cœur corrompu, il m'a révélé son grand amour et a effacé mes péchés au prix de son sang précieux.

En Jésus, j'ai trouvé un Guide fidèle, qui, dans les moments de faiblesse, a empêché mon pied de glisser, et m'a préservé des chutes.

En Jésus, j'ai trouvé aussi un Défenseur, car, lorsque Satan m'a attaqué, il s'est toujours placé d devant moi, et a repoussé l'ennemi qui cherchait à me terrasser.

Oui, en Jésus, j'ai tout trouvé. Ce que le monde n'a jamais pu me donner, et après quoi mon cœur a longtemps soupiré, je l'ai trouvé en lui. C'est pourquoi je suis pressé de dire à tous ceux qui soupirent après la paix, la joie et le repos :

- Venez à Jésus ! En lui sont cachés des trésors dont il fait part à tous ceux qui croient en lui et désirent le suivre et le servir. Il est encore le même aujourd'hui, et offre librement la vie éternelle, la paix et le bonheur pour toujours."

 

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La Bible, un livre incontournable.

 

Il est clair que pour tout croyant, la Bible est un livre incontournable. En effet, les vérités concernant Dieu, les origines du monde, le Christ et sa mission de Salut, sont d'une importance capitale, et nous ne pouvons les connaître qu'à travers les récits bibliques.

Le mot « BIBLE » dérive du Grec « biblia » qui signifie « livre », et en l'appelant « Sainte » ou en disant «Saintes Écritures» nous exprimons, son origine divine et nous la recevons comme le message que Dieu adresse aux hommes. Ce livre hors du commun lance un défi constant aux raisonneurs et aux sceptiques les plus convaincus. Comment réfuter son authenticité et sa cohérence, sans se heurter à ce « fil conducteur » reliant tous les événements entre eux comme par une pensée unique et montrant une parfaite continuité ?

Pourtant les auteurs des 66 livres qui composent la Bible ne se connaissaient pas entre eux, étant d'origines très diverses. Leurs écrits couvrent 60 générations et s'étendent sur près de 1600 ans. De plus, bien qu'elle fut écrite en des temps anciens, elle se trouve en complète harmonie avec les découvertes scientifiques les plus récentes.

La Bible s'adapte aussi à toutes les ethnies et se prête sans trop de difficultés aux traductions en des milliers de langues et dialectes divers. De nombreuses sociétés bibliques se consacrent chaque année à la diffusion de millions d'exemplaires à travers le monde. La Bible est un monument littéraire et tout homme cultivé l'a parcourue au moins une fois. Comment pourrait-on apprécier la musique de Bach ou les œuvres de Victor Hugo sans apercevoir l'arrière-plan biblique, et comment comprendre certains spots publicitaires sibyllins sans connaître l'histoire sainte ? Toute notre culture moderne est marquée par ces écrits sacrés bien qu'ils soient négligés.

Même si Voltaire déclarait, il y a plus de deux cents ans, que «la Bible deviendrait un livre désuet et dépassé», elle n'en reste pas moins un livre toujours actuel et adapté à nos préoccupations concrètes. Chacun peut y retrouver ses propres souffrances et ses propres raisons d'espérer.

La Bible, en nous rapportant les Paroles du Christ, nous invite à entrer dans une nouvelle façon de vivre, en recherchant la paix, le sens de la justice, l'humilité... Elle enseigne comment régler nos conflits dans le respect mutuel et la fraternité... Autant d'éléments essentiels pour une vie heureuse.

« Oh! Si tu étais attentif à mes commandements, ton bien-être coulerait comme un fleuve », écrivait le prophète Esaïe au chapitre 48.

Le professeur F. Michaeli exprimait la même pensée: « Cette sève de la Parole de Dieu reste vivante et nourrissante pour tous ceux qui lisent, étudient, méditent et veulent vivre cette Bible séculaire et toujours jeune.»

 

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" Le Nom de Jésus "

 

On sait qu'il y a, en France, plus de 300 000 patronymes. C'est relativement peu, par rapport à la population de notre pays.

Autrefois, les noms étaient souvent des surnoms se rapportant à l'aspect physique de la personne : on trouvait des Legrand, Legros, Leroux, Lebeau, etc...

Les traits de caractère étaient aussi des éléments déterminants: le courage donnait Lecoeur, la douceur Doucet, la gaîté Allègre, la folie Follereau ou Le Fol, le bagarreur était appelé Bataille, et on a fait aussi un peu d'humour en appelant un bon buveur de vin, notre célèbre Boileau ...

 

Dans la Bible aussi, la plupart des noms qui sont cités ont une signification précise, tel Moïse : "sauvé des eaux, ou Samuel, qui veut dire "Dieu a exaucé".

Jésus n'échappera pas à cette règle, puisque l'ange Gabriel lui-même s'y soumet en demandant à Joseph et à Marie de le nommer Jésus, ce qui veut dire "Dieu sauve, car c'est lui gui sauvera son peuple de ses péchés". Le nom de Jésus désigne déjà sa mission.

Les annonces de l'Ange faites à Marie et à Joseph sont presque identiques, mais contiennent des différences.

- A Marie, l'Ange demande d'appeler l'enfant Jésus, " car il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut, et son règne n'aura point de fin" (Luc 1/34) faisant entrevoir ainsi la destinée royale et éternelle de Jésus.

- A Joseph, l'Ange définit sa mission terrestre : " sauver son peuple de ses péchés'' .

A l'un et à l'autre, séparément, l'Ange fait part du projet merveilleux de Dieu de faire naître un Sauveur, et il les fait participer à ce projet. Il s'adresse non seulement à Marie en tant que future mère, mais aussi à Joseph - à qui Dieu demande d'assumer cette paternité dont il n'est pas l'auteur, et d'entrer ainsi dans le plan divin. Le rôle du couple, dans la venue de cet enfant, est primordial. Ensemble et individuellement, ils attendent le Sauveur en ayant la responsabilité lui donner le NOM.

Faisant référence à la prophétie d'Isaïe 7/14, le récit de Matthieu ajoute : " On lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui signifie "Dieu avec nous" .

 

Dans les Évangiles, on peut constater combien ce nom, "Dieu avec nous", a été concrétisé, et comment il est réel aussi aujourd'hui pour nous.

- Au moment de la tentation : "Il a été tenté à tous égards, sans commettre le péché" (Hébreux 4/15) et "II peut secourir aussi ceux qui sont tentés" (Hébreux 2/18). Cette victoire devient donc possible aussi pour nous ; comme l'écrit Bernard Delepine, aumônier de prison : "Le péché n'est pas une fatalité, le mal n'a pas un pouvoir irrésistible, il est possible d'orienter nos faits et gestes avant d'agir."

- Au moment de la passion, à Gethsémané, Jésus se montre "Dieu avec nous" lorsqu'il dit dans l'angoisse de ce moment terrible "Mon âme est triste jusqu'à la mort". Ainsi, Jésus comprend que, dans un temps de profonde dépression, on puisse vouloir en finir avec la vie. Dans ces heures-là, il est Emmanuel, Dieu avec nous.

- Au moment de son procès, on lui met une tunique de roi pour se moquer de lui, on le frappe, on l'humilie, on le rejette. Là encore, être "Dieu avec nous" c'est être près de nous, et comprendre, quand nous souffrons d'un sentiment d'humiliation et de rejet.

Jésus est près de nous lorsque nous ressentons toutes ces souffrances et nous aide à les porter.

 

Enfin, Jésus nous encourage à utiliser son NOM dans la prière :

" Jusqu'à maintenant, vous n'avez rien demandé en mon nom, demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite." (Jean 16/24)

Jésus veut simplement dire ici que son NOM, sa personne, est comme une clé qui nous ouvre l'accès auprès de Dieu. Il est notre Avocat, notre Médiateur, et notre Seigneur. Il se tient entre le Père et nous. C'est pourquoi nous sommes invités à prier Dieu en son NOM.

 

Je souhaite à chacun de vous, qu'en ce nouveau Noël, vous découvriez d'une manière toute nouvelle la richesse de la grâce de Dieu cachée dans ce nom béni.

Que Jésus, Emmanuel, vous soit tout proche dans votre vie quotidienne.

 

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Joseph et les Secrets d'un homme de bien

Les personnages qui ont tissé la merveilleuse histoire de Noël sont tous fascinants. Parmi eux, Joseph est le plus discret. L'Evangile selon Matthieu en esquisse une silhouette à la fois simple et précise, soulignant les traits de cet "homme de bien" dont l'attitude, les décisions et les silences sont autant d'enseignements et de chemins à suivre.

Joseph vient de conclure ses fiançailles avec Marie: c'est l'amour partagé et la joyeuse attente du mariage. Et voilà que Marie se trouve enceinte. Joseph, ignorant tout de la visite de l'Ange auprès de sa fiancée, voit son horizon s'assombrir.

Profondément blessé, rempli de doute et d'amertume, il ne sait plus que faire. Les idées se bousculent dans sa tête. En parler à la famille ? Dire très fort sa peine et divulguer la faute de celle qui l'a trompé ?

Joseph ne choisit pas cette voie. Délicatement, dans la plus grande discrétion, il décide de se taire, de se retirer en secret, comme sur "la pointe des pieds". Il ne veut pas entacher la réputation de Marie. Il révèle ainsi une prévenance peu commune. Joseph aime d'un amour entier, désintéressé, prêt à excuser et à cacher les faiblesses et les fautes de l'autre, mettant ainsi en pratique la parole biblique "L'Amour excuse tout, il supporte tout. Il ne soupçonne point le mal". "La Charité couvre une multitude de péchés".

 

Joseph prend part à la promesse:

Dieu est sensible à la droiture de Joseph. Il lui envoie un ange pour lui révéler personnellement ce qui se "trame".

Marie a été prévenue: elle va bien être mère, mais cet enfant a été conçu par le Saint-Esprit. Elle sait "qu'il sera Grand, et qu'il sera appelé fils du Très-Haut". Elle a compris qu'au travers de cette naissance, elle participe à l'immense et mystérieux projet de Salut du monde. Dieu ne laisse pas Joseph en dehors de ce projet: il va l'associer à la même promesse en lui donnant une responsabilité précise, aux côtés de Marie. "Tu lui donneras le nom de Jésus (ce qui signifie "Dieu sauve"), car c'est lui qui sauvera son peuple de son péché". En chargeant Joseph de ce rôle important, Dieu lui dit que ce n'est pas le moment "d'abandonner la partie" en laissant Marie se débrouiller toute seule avec cette maternité mystérieuse. Il doit la prendre en charge, la soutenir en vue de l'accomplissement du projet de Dieu.

Dans la vie, il arrive parfois que l'homme se dérobe devant une naissance, délaissant la femme avec l'enfant dont il est le père. Ici, Dieu demande à Joseph d'endosser une paternité qui n'est pas la sienne, pour participer, à sa manière, au salut préparé pour l'humanité. L'ange insiste bien "C'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés" comme pour dire : "c'est un enfant à protéger, à éduquer, à mener à la stature d'homme, car c'est l'enfant du salut". Cette affirmation est de taille pour Joseph. Elle trouve un écho dans son coeur car elle répond à son désir le plus fort, bien qu'inexprimé. Israélite pieux, il attendait, comme beaucoup d'autres Juifs fidèles, la délivrance d'Israël. Par le message qu'il lui adresse, Dieu apporte une réponse à l'espérance de Joseph. Le voilà apaisé et conforté dans son attente secrète du Sauveur

 

Le temps de l'espérance:

Joseph a un dernier secret. L'Evangile en parle sobrement, car dans ces pages la vie apparaît simple, forte et naturelle. Il est écrit que Joseph "ne connut point sa femme jusqu'à la naissance d'un fils auquel il donna le nom de Jésus". Joseph entre dans le plan de Dieu avec calme, son pas garde le même rythme. Il a compris son rôle et sa mission, il reste dans l'attente, dominant son corps, contrôlant ses pensées et ses sentiments. Assumant avec force la responsabilité confiée par Dieu.

II commence à entrevoir le sens profond de toutes les étapes qu'il a traversées. Il peut être satisfait de ses silences et de ses secrets, solidement affermi dans sa confiance profonde en Dieu. Il attend dans la sérénité la naissance du Sauveur.

 

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L'Annonce de Noël

 

Dans un livre magnifique, "la Terre vue du ciel", Yann Arthus-Bertrand nous montre des vues de la terre absolument féeriques et inimaginables. En couverture, le Coeur de Voh, de Nouvelle Calédonie, nous laisse sans voix !

Les anges qui annoncent la naissance de Jésus, en cette nuit de Noël, ont ce même regard. Ils ont d'un côté la vision de la gloire de Dieu, et, en même temps, leurs yeux se portent vers notre terre, si douce, si belle, si harmonieuse, si colorée, et sur ce champ où dorment de paisibles bergers.

Dans les Écritures, le ciel et la terre sont souvent cités ensemble :

" L’Éternel est Dieu, en haut dans le ciel et en bas sur la terre." (Deutéronome 4/39)

" Le ciel est mon trône, dit Dieu, et la terre est mon marchepied." (Esaïe 66/1)

" Le secours me vient de l'Éternel qui a fait le ciel et la terre." (Psaume 121/2)

 

Le chant des anges, en cette nuit de Bethléem, devient le message fondamental de toute la Bible.

Les anges, en effet, viennent ouvrir une brèche entre le ciel et la terre. Ils rappellent que Dieu demeure au ciel mais qu’Il est aussi maître de la terre. Le ciel n'est plus un endroit inaccessible aux habitants de la terre, mais un chemin vient de s'ouvrir, et ce chemin est concrétisé par la venue du Sauveur.

Ce message est une réponse à l’attente exprimée par Ésaïe, un ardent désir de voir s’ouvrir cette "route du Salut" :

" Oh ! Si tu déchirais les cieux et si tu descendais." dit le prophète Esaïe (63/19).

En chantant : " Gloire à Dieu dans les cieux, et paix sur la terre", les anges rappellent ce lien qui est rétabli entre le monde invisible et notre terre, et ce lien est réalisé par la naissance du Sauveur. Jésus le dira lui-même plus tard : " Je suis le chemin, la vérité et la vie, et nul ne vient au Père que par moi." (Évangile de Jean, 14/6)

Il est extrêmement encourageant de constater que ce "chemin ouvert" nous mène à Dieu, et que c'est un chemin de paix comme le dit Paul Gounelle :

" Il venait de Dieu et le ciel, avec lui, visitait la terre, pour y préparer le règne de la justice et de la paix."

Enfin, c’est aussi le rappel que la vie avec Jésus n'est pas déconnectée de la réalité. Il ne s'agit pas de vivre dans les nuages, mais Jésus nous propose une vie bien ancrée sur la terre, avec un cœur accroché au ciel.

 

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" Allons jusqu’à Bethléem... " ( Évangile de Luc 2/15 )

 

Quand on relit tous les récits de Noël dans les évangiles, on redécouvre tout un mouvement qui se crée autour de ce grand événement.

 

En commençant par Marie, qui, tout de suite après la visite de l'Ange Gabriel, est partie rapidement vers les collines où habitaient ses cousins Zacharie et Élisabeth.

Ensuite, nous avons le grand déplacement de Marie et Joseph qui, depuis Nazareth, se rendent, par obligation, pour le recensement, jusqu'à Bethléem. Et là nous connaissons la suite...

A l'annonce des Anges, les bergers émerveillés et stimulés par cette nouvelle, se dépêchent de se mettre en route en se disant l'un à l'autre : " Allons jusqu’à Bethléem..."

Enfin les mages, intrigués et poussés par une force invisible, se mettent en marche de très loin pour rendre visite à "ce roi qui vient de naître".

 

Nous connaissons bien ces récits mais, tout à nouveau, ils nous interpellent.

Nous voulons aussi nous "déplacer" en les relisant et en les assimilant pour notre vie d'aujourd'hui. Nous sommes constamment dans cette recherche de Dieu, cette recherche de Sa présence, alors nous voulons aller plus loin et ne pas rester dans des convictions anciennes. Cela me fait penser à ce texte de Saint-Exupéry : " Le Petit Prince, un jour rencontre un marchant de pilules perfectionnées qui apaisent la soif. On en avale une par semaine et on n'éprouve plus le besoin de boire. Le Petit Prince ne comprend pas l'utilité de ce remède.

- Mais oui, dit le marchand, c'est une grosse économie de temps ! On épargne 53 minutes par semaine !

- Et que fait-on de ces 53 minutes ? demanda le Petit Prince.

- On en fait ce qu'on veut, dit le marchand.

- Moi, se dit le Petit Prince, si j'avais 53 minutes à dépenser, " je marcherais " tout doucement vers une fontaine ! "

 

En ce nouveau Noël, nous sommes encouragés à faire un pas de plus, et à aller "plus loin". Tout en respectant les belles traditions de la fête, avec ses décorations, ses rencontres et les repas en famille, nous voulons nous acheminer vers quelque chose de nouveau.

 

La vie de foi est une vie de mouvement, de renouveau. Rien n'est figé, tout est fraîcheur, et quand nous nous approchons de Dieu dans la prière et la contemplation, Il renouvelle nos pensées et nous fait découvrir des horizons nouveaux.

Alors, comme les bergers, disons : "Allons jusqu'à Bethléem et voyons ce que le Seigneur nous a fait connaître."

Oui, pour ce Noël, faisons la démarche de nous " déplacer ".

 

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Méditation pour le temps de l'Avent

 

Jésus a dit: "Le ciel et la terre disparaîtront, tandis-que mes paroles ne disparaîtront jamais. Ne vous endormez pas, priez en tout temps, ainsi vous aurez la force de surmonter tout ce qui doit arriver." ( Luc 21:33 )

Jésus à déjà parlé à ses disciples de l'état d'esprit et des mœurs qui caractériseront l'époque précédant son retour. Ce sera une période faite d'excès de toutes sortes, à tel point que l'être entier en sera appesanti. L'indifférence religieuse sera à son comble et les gens seront sourds à toute mise en garde. Ils seront donc pris à l'improviste par l'avènement du Christ qui surviendra au moment où on s'y attendra le moins.
Pour pouvoir tenir ferme, dans ces temps d'immenses bouleversements, Jésus engage ses disciples à entrer dans une vigilance permanente. Il les avertit qu'ils auront à subir de grandes oppositions. Ils doivent s'y préparer en refusant de participer à toute action mauvaise. Cette attitude ne sera possible que par une détermination profonde à rester "éveillé " en priant, malgré les ténèbres environnantes.
Nous allons bientôt entrer dans le temps de l'Avent et de Noël. Les préparatifs vont remplir beaucoup de nos journées. L'avertissement que Jésus nous adresse est toujours actuel. Ne laissons pas notre esprit s'alourdir par les fêtes ou les soucis de la vie. Gardons une place pour une "veille" lucide et responsable, en consacrant du temps à la prière.
Ce temps de l'Avent ne nous prépare pas seulement aux célébrations de Noël, mais il nous maintient dans un esprit d'attente du retour de Jésus. Les difficultés et les problèmes qui nous assaillent souvent, ne doivent pas nous voiler l'immense espoir contenu dans cette parole de l'Évangile placée en titre. Car, en nous exhortant à "veiller et prier", Jésus nous invite aussi à lever nos têtes car "la délivrance est proche."

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Méditation pour la Toussaint

 

En parcourant la France ces dernières années, j'ai découvert beaucoup de sites, de villes et de villages portant le nom d'un saint.

Il y a, bien sûr, les nombreux St Etienne de..., St Paul..., ou St Jean..., mais il y a des noms très originaux et complètement inconnus.

Peut-être connaissez-vous St Inglevert, petit village du Pas-de-Calais, St Riquier dans là Somme, St Pé au Pays Basque, St Cucufat qui est le nom d'un bois de la région parisienne...

Et ces braves Saintes telles que Ste Perpétue, qui, avec Ste Félicité ont donné leur nom à une église de Nîmes...

Dans la région de Lyon nous rencontrons St Symphorien, et même l'Abbaye St Chef... Il y en a vraiment pour tous, et la liste serait vraiment trop longue pour les énumérer ici, mais ces noms sont pleins de saveur et d'originalité. Tous ces personnages ont marqué leur temps par une vie consacrée, et sont souvent morts en martyrs.

II y a aussi des chapelles et des oratoires se trouvant sur l'Ile de la Réunion et qui sont consacrés à St Expédit. Quelqu'un de très intéressé par cette question a recensé 337 lieux portant le nom de ce Saint dans ce lointain département. A ce Saint créole on attribue le pouvoir de résoudre les affaires urgentes, les plus délicates, le plus rapidement, comme l'indique son nom. Il est le dernier recours avant une échéance, pour réussir un examen, améliorer une situation délicate. St Expédit peut faire beaucoup et vite ! Il est habituellement représenté en tenue de légionnaire romain, tenant dans sa main un crucifix portant l'inscription latine "HODIE" qui signifie "Aujourd'hui". De son pied droit il foule un corbeau lâchant le mot "CRAS" c'est-à-dire "Demain".

Le message est évident. Ce Saint est un rapide, il ne repousse pas au lendemain sa tâche du jour présent.

Si l'adage bien connu nous conseille "de ne pas remettre à demain ce que pous pouvons faire aujourd'hui" il est bon, toutefois, de ne pas trop célébrer ce Saint de la vitesse, de la rapidité, de l'impatience, car St Expédit se déguise parfois en Saint Téléphone, Saint Fax, Saint Portable, Saint Couriel, Saint Crédit, St Auto, etc... Tous ces Saints de la rapidité moderne, et pourtant grands "mangeurs de temps", permettent d'obtenir vite, très vite, encore plus vite l'objet de nos désirs. Ils nous poussent à réagir au quart de tour, dans la seconde même, à préférer systématiquement la riposte instinctive à la réaction pondérée et soigneusement réfléchie. Ils déclenchent aussi colères et frustrations, car ils ne répondent pas encore assez vite à nos demandes incessantes... quand ils ne tombent pas en panne au moment le plus stratégique...!

Pour nous, chrétiens, parfois DIEU nous rappelle de diverses manières ( épreuves, maladies ) que "nos temps sont dans sa main " et qu'il fait toutes choses en son temps.

DIEU reste le maître du temps, de notre temps. Il peut nous arrêter dans notre course ici-bas, quand il veut, comme il veut, pour la durée de son choix. Tantôt il use de la lenteur d'un escargot, tantôt d'une rapidité à faire pâlir une étoile filante. Il n'obéit pas au doigt et à l'œil à nos demandes exigeantes.

Le DIEU vivant, manifesté en Jésus-Christ est le Seigneur absolu du temps. Nous pouvons donc, en toute quiétude lui confier notre vie, et expérimenter cette parole de l'Apôtre Pierre :

" Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous." ( 1 Pierre 5/7 )

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" Ils trouvent dans leur cœur de chemins tout tracés " ( Psaume 84/6 )

 

En ces temps de rentrée scolaire, permettez-moi une page de publicité... Et à propos de page, je dois dire que je n'achète plus que des cahiers de la marque "Clairefontaine". D'abord parce que le papier est de très bonne qualité, mais surtout parce que son logo est d'origine biblique. En effet, le célèbre logo triangulaire, qui authentifie la marque depuis 1950, représente une verseuse d'eau et fait référence à Rebecca, dont l'histoire nous est relatée dans la Bible au chapitre 24 de la Genèse.

Ce récit un peu romanesque est magnifique et riche d'enseignements:

Abraham, soucieux du bonheur de son fils, charge son serviteur Eliezer de retourner dans la région d'origine de sa famille pour y chercher une épouse. C'est une mission délicate et presque impossible, mais il semble qu'auprès d'Abraham Eliezer ait appris l'efficacité de la relation avec Dieu. Il va donc prier.

Arrivé près d'un puits, il dit à Dieu : "Fais-moi rencontrer ce que je désire... Que la jeune fille, à laquelle je dirai "penche ta cruche pour que je boive", et qui proposera de donner aussi à boire à mes chameaux, soit celle que tu destine à Isaac." La belle Rebecca, une cruche sur l'épaule, s'avance et lui offre à boire. La prière est exaucée. Nous connaissons la suite : le serviteur d'Abraham reconnaît la direction de Dieu dans cette démarche, et se prosterne dans la reconnaissance. "Le Seigneur a guidé mes pas" dit-il.

En relisant attentivement ce récit, on se rend compte que toute "l'affaire" est imprégnée de prière. L'âme du serviteur est entièrement tournée vers Dieu, et les circonstances s’emboîtent les unes dans les autres, comme dirigées par une volonté invisible.

En effet, Dieu dirige la démarche d'Eliezer parce que celui-ci est entièrement soucieux de rester dans sa volonté. Il croit fermement que Dieu dirige sa mission, qui somme toute est très humaine.

Ce récit nous encourage à faire de même avant toute tâche particulièrement délicate, une rencontre que nous redoutons... Parfois nous avons le désir de renouer une relation rompue depuis longtemps et nous sommes impuissants, le dialogue est devenu impossible, la réconciliation semble difficile ?

Seule la prière peut rétablir les choses en faisant concourir les circonstances comme pour le serviteur d'Abraham, Dieu dirigera les choses à notre insu.

J'en ai fait l'expérience moi-même encore ces derniers temps. Et combien ce verset du Psaume 84 est devenu une réalité pour moi : " Heureux ceux qui placent en Dieu leur appui, ils trouvent dans leur cœur des chemin tout tracés." (Psaume 84/6)

 

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"Conduis-moi sur le rocher que je ne puis atteindre" (Psaume 61/3)

 

Les sportifs qui pratiquent l’escalade savent que des règles strictes sont à respecter si l’on veut atteindre les sommets sans courir trop de risques.

Tout d’abord, il faut prendre des renseignements auprès d’alpinistes qui ont déjà escaladé ce pan de montagne. Ensuite, il faut toujours être au moins deux, et bien s’encorder. Pendant la montée, il faut constamment observer les gestes de l’autre et être à son écoute. Ainsi, on se surveille mutuellement, on se soutient, on se rassure, on se motive.

Pour l'auteur du Psaume 61, il n'était pas question de faire de l’escalade pour le plaisir, mais de se mettre à l’abri, le plus haut possible, afin d’échapper à l’ennemi, et plusieurs passages bibliques expriment cette même pensée :

"Sois pour moi un rocher protecteur où je trouve un abri." (Psaume 71/3)

Dans notre parcours spirituel, ce "rocher" peut être abordé de trois côtés différents.

   - Il est bon de nous rappeler que notre foi repose sur la solide certitude que Jésus est le "Rocher des siècles", lui qui a été offert et brisé pour notre salut. Combien de fois n’avons-nous pas chanté ce cantique:

  Divin Rocher brisé pour moi,

  Laisse-moi me cacher en Toi.

C’est bien ce qu’affirme l'apôtre Paul en parlant du peuple d’Israël dans le désert:

"Ils buvaient à un rocher spirituel, et ce rocher était Christ." (1 Corinthiens 10/4).

   - Mais ce "rocher" peut symboliser aussi un échec, une décision difficile à prendre, une relation familiale compliquée, un témoignage à rendre, une mission particulière à accomplir, un temps de maladie et d’épreuve...

Sans tomber dans le piège d’une réponse facile et vite faite, nous savons que Jésus a promis de se tenir à nos côtés si nous restons "encordés" avec Lui. Je viens encore d’en faire personnellement l’expérience. Jésus m’a aidée à atteindre ce "rocher" trop haut pour moi, et je veux l'en bénir au travers de ces lignes.

A l’exemple de l’alpiniste, gardons constamment notre attention fixée sur "le premier de cordée", c’est-à-dire gardons les regards "sur Jésus, le chef de la foi" (Hébreux 12/1).

Nous savons aussi que l’aide et le soutien dans la prière de nos frères dans la foi ne sont pas négligeables.

   - Enfin, je trouve dans l’image du rocher un dernier enseignement. Dans un épisode de la vie de Moïse (Exode 33/11-23), il nous est dit que Moïse s’entretenait avec Dieu "comme avec un ami". Moïse était déjà sur un rocher élevé, mais dit à Dieu: "Fais-moi voir ta gloire" un peu comme s’il disait: Je veux aller plus loin et plus haut encore!

A cette demande audacieuse, voire inconsciente, un peu folle, Dieu répond que ce n’est pas possible, mais sa réponse n’est pas complètement négative: "Je te cacherai au creux du rocher, et tu me verras de dos."

Comme Moïse, nous avons parfois le désir de connaître une plus grande intimité avec Dieu… de sentir la présence de Jésus d’une manière plus tangible. Nous aimerions avoir davantage de réponses aux questions qui nous angoissent, nous voudrions pouvoir percer certains mystères de la vie, de la maladie, de la mort... Mais Dieu ne laisse pas sans réponse nos requêtes ardentes et un peu ambitieuses. Il vient à nous d’une manière particulière. Dans des moments de silence et d’adoration, son Esprit nous visite et sa présence est si intense qu’elle semble vraiment palpable. Ce passage de l’Écriture a inspiré à Fanny Crosby ce poème chanté bien des fois :

   Jésus est pour moi un Sauveur merveilleux,

   Il est à nul autre semblable,

   Pour sauver mon âme, il est venu des cieux,

   Il est un Sauveur admirable.

   Jésus me conduit à l’abri du danger,

   Sa main m’est une douce étreinte,

   Il me cache en Lui, comme au creux du Rocher,

   Mon cœur ne connaît plus de crainte.

 

Je souhaite qu'il en soit ainsi pour vous aussi.

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" Le Seigneur en a besoin..." ( Matthieu 21/3 )

L'âne est mon animal préféré. La plupart de mes amis le savent. Étant originaire du sud de l'Italie, mon enfance a été familiarisée avec cette sympathique bête de somme. D'ailleurs, une petite ânesse est née le même jour que moi dans l'étable qui jouxtait notre maison. Comme dit Francis Jammes dans son poème : "J'aime l’âne si doux", et j'ajouterai : si intelligent, si indépendant, si têtu et qui n'en fait qu'à sa tête.

On sait que l'âne ne se dresse pas, mais qu'il s'éduque, et une fois qu'il a bien appris le chemin il le suit parfaitement.

Dans les traditions de Noël, l'âne est une vraie vedette, et on ne conçoit pas une crèche sans le santon de l'âne. Au moyen âge, il était présent dans les crèches vivantes, et on allait même jusqu'à chanter la messe de l'âne : "Hi-han ! Hi-han !..." On est toujours enclin à glisser dans la dérive...

Il en est tout autrement dans les récits de la Passion d'où est tiré le titre de ce propos. L'âne participe, sans le vouloir, au grand événement de l'entrée de Jésus à Jérusalem. Nous connaissons bien ce passage des Évangiles. Au moment de rentrer dans la ville, Jésus demande à ses disciples d'aller chercher un ânon et, leur dit-il,

" Si quelqu'un réagit, vous répondrez: "Le Seigneur en a besoin ! "

On peut se demander pourquoi Jésus a fait toute cette mise en scène ? Pourquoi n'est-il pas arrivé à pieds, comme à l'accoutumée, ou bien sur une autre monture ? La réponse est dans la suite du récit : " Or ceci arriva afin que s'accomplit ce qui avait été annoncé par le prophète: Dites à la fille de Sion, voici ton Roi vient à toi, plein de douceur, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse." ( Matthieu 21/4-5 )

Je suis tout à nouveau émerveillée devant le souci de Jésus de respecter et d'accomplir, jusques dans les moindres détails, tout ce qui était prédit par les prophètes, et à mettre en pratique toute la loi. Ne rappelle-t-il pas lui-même, "qu'il n'est pas venu pour abolir la loi, mais pour l'accomplir." Jésus, dans sa sainteté et sa légitimité de Fils de Dieu, ne s'est pas placé au-dessus de la loi, mais l'a accomplie totalement dans l'humilité.

En tant que chrétiens, nous sommes encouragés à parfaitement connaître les Écritures, afin de ne pas être, par ignorance, à côté de ce que Dieu attend. Nous sommes appelés à faire preuve de sérieux jusque dans les détails des commandements de Dieu. Et même pour les lois humaines de notre pays, nous devons faire preuve de la même exigence et ne pas laisser la place aux petits arrangements.

Pour en revenir à l'âne, ceux qui en possèdent un, peuvent lui donner un nom. Selon le calendrier officiel pour l'année 2015, ce nom doit commencer par la lettre F. Je trouve que cette lettre correspond bien au caractère de l'âne : " F " comme Fermeté. En Hébreu, ânesse se dit "athon", qui vient du verbe "athana" et signifie "être ferme" dans ses décisions et ses desseins.

En conclusion, ce sont ces mots que je partage avec vous : fermeté, persévérance. Le Seigneur a besoin de notre foi, de notre amour sans faille, et de notre fermeté.

" A celui qui est ferme dans ses sentiments tu assures la Paix,

la Paix parce qu'il se confie en Toi." ( Esaïe 26/3 )

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Silhouettes de Pâques

En relisant les récits de la Passion, deux personnages ont inspiré tout à nouveau ma réflexion : Joseph d'Arimathée et Nicodème.

- Le premier est "juste et bon" et "conseiller de distinction". Il n'a pas participé "aux discussions et aux actes des autres" (Marc 15/42 et Luc 23/50).

- Le second est "chef des Juifs" et docteur d'Israël (Jean 3/1 et Jean 19/39). Tous deux sont disciples de Jésus en secret.

Ils se rejoignent et engagent leur notoriété pour demander à Pilate la permission de descendre Jésus de la croix afin de lui donner une sépulture honorable. Ils utilisent aussi des moyens financiers en mettant à disposition un tombeau neuf et en achetant des aromates de grand prix.

Bien qu'étant disciples en secret, leurs actes, à ce moment précis de la mort de Jésus, prennent un relief particulier.

Ces faits me font penser qu'au début de son ministère, Jésus envoie les disciples deux par deux pour annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume, en leur demandant de partir sans or ni argent, sans manteau et sans bâton. Ils étaient témoins, dénués de toute préoccupation matérielle.

Pour Nicodème et Joseph d'Arimathée, c'est leur silence et leur discrétion, en même temps que leur notoriété et leurs biens matériels, qui vont leur permettre de témoigner de leur attachement pour leur Maître.

Tous sont des messagers du projet de Salut de Dieu, et ce projet s'accomplira dans les plus petits détails.

Témoins à l'éloquence persuasive ou témoins silencieux, mais tous disciples de Jésus.

Quel stimulant pour nous !

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Le Messie

Avec quelle ferveur, des milliers de chrétiens ne chantent-ils pas le jour de Pâques :

"A toi la gloire, o ressuscité, à toi la victoire pour l'éternité..."

La musique de ce chant a été composée par George Frédéric Haendel en 1747 et pourrait s'inscrire dans son œuvre magnifique bien connue "Le Messie", car il est de la même inspiration. Dans cette œuvre grandiose dont « l'Alléluia» final nous ravit toujours, Haendel a exalté la résurrection du Christ en même temps qu'il a voulu exprimer aussi sa propre résurrection.

En effet, à l'âge de 52 ans, Haendel est victime d'une grave attaque cérébrale. Il reprend vie, très lentement, mais son médecin désespère: "Nous pouvons peut-être sauver l'homme, mais nous avons perdu le musicien" dit-il.

On lui prescrit un bain brûlant à Aix-la-Chapelle. Il le pratique pendant 9 heures tous les jours et montre une formidable volonté et une grande confiance.

Le dernier jour de sa cure, Haendel se rend à l'église d'Aix et "s'aventure" sur les touches de l'orgue, et...ô merveille, de sa main qui avait été paralysée, jaillit une source pure d'accords et d'harmonie !De nouveau, il pouvait faire de la musique ! Et au fond de lui, il se sent guéri: "Je suis sorti de l'Hadès !" s'écria-t-il.

Mais, à côté de cette joie retrouvée, ses affaires marchaient mal. Peu de sollicitations et d'invitations. Ses ressources financières s'amenuisaient de jour en jour.

Au milieu de ce marasme, le 21 août 1741, Haendel reçoit une lettre d'un ami lointain, Jennens, qui était poète, et qui avait autrefois écrit un texte. Il lui demandait s'il voulait bien mettre de la musique sur ses paroles. Haendel accepte mal cette lettre, ne la comprend pas, et la déchire, tant il est en colère. Puis Haendel retrouve son calme. Il ramasse les morceaux de la lettre et découvre unpoème sur le "Messie". Les premiers mots de ce poème sont : "Console-toi !"

- Ce ne sont pas des mots ! s'écrie-t-il, c'est la réponse donnée par Dieu !

A peine a-t-il fini de lire ce poème qu'Haendel est "transporté" par l'esprit de la musique, le poème continue: "Ainsi parle le Seigneur, Il te purifiera !" Haendel ressent une telle gratitude que, dans un soupir qui monte de son cœur, il dit :

- Merveilleux Consolateur que le Seigneur ! Comment ne pas chanter gloire à Dieu ! Puis il lit d'autres pages de la lettre : "Réjouis-toi, il est le vrai Sauveur !"

Haendel réalise que la Vérité parle par la bouche de Jennens. A cet homme si simple, si ordinaire, Dieu avait donné la parole, et elle était venue d'En-Haut. Haendel cherche un mot qui exprimerait son esprit de louange et d'adoration. Ce mot périssable, humain, mortel, pouvait être transformé par la beauté et la ferveur, en une chose éternelle. Ce mot c'est : Alléluia !

Haendel est devenu comme ivre. Il ne voit plus passer les heures. Les notes s'alignent dans une frénésied'accords. Il travaille sans trêve et illustre ainsi la vie de Jésus, sa mort, sa résurrection, pendant 21 jours, et le 14 septembre 1741, l'œuvre est terminée avec le "AMEN" final, c'est "Le MESSIE".

Après ce travail colossal, Haendel dort une nuit et un jour sans discontinuer. On appelle le médecin qui accourt, se préparant pour une saignée. Mais Haendel vient de se réveiller, et s'installe devant une table remplie de victuailles; il témoigne:

- Je crois que c'est Dieu qui était à mes côtés !

 

Cette œuvre a été jouée en Irlande, à Dublin. Et au moment où on lui propose de l'argent, Haendel refuse en disant :

- Je ne veux pas d'argent pour cette œuvre, car je la dois à un Autre ! Le profit doit aller aux malades, et aux prisonniers, car j'étais malade moi-même et Il m'a guéri. J'étais prisonnier, et Il m'a libéré.

Quand le roi d'Angleterre entendit, à son tour, cette musique, il fut si bouleversé qu'il ne put rester assis, et se tint debout jusqu'à la fin.

A l'abbaye de Westminster, il y a une statue de Haendel devant son clavecin. Il tient à la main une feuille de musique sur laquelle sont gravés ces mots : "Je sais que mon Rédempteur est vivant".

 

Extrait de "Les très riches heures de l'humanité" de Stéfan Zweig (Editions Pierre Belfond)

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La Pluie de l'Arrière-Saison

 

"Demandez à l’Éternel la pluie du printemps ou de l’arrière-saison " ( Zacharie 10/1 ).

Au sommet du Mont Aigoual, un des points culminants des Cévennes, l’Observatoire Météorologique nous fournit des informations intéressantes sur la pluviométrie par région et par année. On y apprend, par exemple, qu’une petite commune de l’Ardèche, Loubaresse, détient le record national des communes les plus "arrosées" et que le Mont Aigoual, lui-même, est l’endroit en France qui bat le record national de pluviométrie.

 

Au pays de la Bible, l’année se divise en deux périodes d’après les chutes d’eau : la saison pluviale (d’octobre à mars) et la saison sèche (d’avril à septembre).

La saison des pluies se répartit en trois périodes :

- Les pluies d’automne, ou "première saison". Elles humectent le sol après l’été, et préparent les labours et les semailles.

- Les pluies hivernales, plus abondantes, qui pénètrent le sol, remplissent les citernes et alimentent les sources.

- Enfin les pluies printanières, ou pluies de l’arrière-saison, qui surviennent en mars-avril. Ce sont les fameuses "giboulées", subites et brèves, qui favorisent la préparation de la récolte à venir.

Ces pluies-là préviennent la sécheresse dont les bulletins météo nous parlent ces jours-ci.

La Bible parle de la pluie comme d’une bénédiction porteuse d’abondance de riches récoltes :

Le prophète Jérémie reproche au peuple de ne pas demander la pluie de la première et de l’arrière-saison :

" Ils ne disent pas dans leur cœur : Craignons l’Éternel, notre Dieu, qui donne la pluie en son temps, la pluie de la première et de l'arrière-saison." ( Jérémie 5/24 ).

Le prophète Zacharie lui fait écho, comme l’exprime la parole qui introduit cette méditation, enjoignant le peuple à demander cette pluie.

 

Pour nous aussi, la pluie est le symbole de la bénédiction de Dieu, car notre vie aussi est faite de saisons, et c’est une bénédiction que nous ne recevons pas une fois pour toutes. Nous constatons, en effet, que parfois nous sommes complètement "secs", rien ne se passe... Il nous semble que nous avons tout expérimenté, tout vu... Et nous sommes sans force, sans vision d’avenir...C’est la morte-saison.

Dans le livre de Job, nous trouvons une expression amusante :"Ils ouvraient la bouche comme pour une pluie du printemps" (Job 29/23). On imagine des enfants courant en ouvrant la bouche pour attraper les premières gouttes. C’est une simple image qui nous incite à désirer ardemment cette bénédiction du renouveau spirituel intérieur et à le demander.

On peut se dire, logiquement : "Pourquoi demander ?... Dieu sait que je suis complètement sans force et que j’en ai besoin !"

J’aime cette parole de Charles Spurgeon : "Que cela vous plaise ou pas, demander fait partie de la règle du Royaume".

Ce n’est pas facile de demander. Cela implique une analyse humble et lucide de nos besoins. C’est aussi le signe d’un sursaut de vie qui dit "NON" à l’indifférence, car tout ne tombe pas tout seul du ciel. C’est à notre demande que le Seigneur déverse sur nous un temps de renouveau.

Jésus dit a ses disciples : "Jusqu'à présent vous n'avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite." ( Jean 16/23 ).

Ne considérons pas nos demandes comme l’expression d’un manque de maturité ou un signe d’égocentrisme; Jésus nous encourage à prier et à demander, afin que nous soyons renouvelés dans notre paix, dans notre joie, dans nos certitudes.

 

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" Le petit ruisseau " ou " L'art de remonter à la source "

 

Au détour d'un chemin très escarpé, un murmure continu et léger attire mon attention. Un petit ruisseau coule, là, au fond du ravin. Je descends un peu le sentier en faisant attention de ne pas glisser, et je suis devant un spectacle absolument merveilleux : une cascade de trois mètres de haut d'où jaillissent des franges argentées d'une eau fraîche et limpide.

Je suis envahie par cette beauté et cette fraîcheur que la brise pulvérise sur mon visage.

En faisant une coupelle avec mes mains, je bois à grandes gorgées.

Mais quand j'ai fini de boire, je vois, au bas de la cascade, des feuilles, des bouts de bois moisis, des insectes morts, et même une petite souris qui s'était noyée imprudemment. La pollution était passée par là.

Un peu écœurée, je reprends mon chemin en remontant le cours du ruisseau. J'arrive près d'un petit rocher tout couvert de mousse, d'où s'échappe un mince filet d'eau. C'était la source.

Pour ceux qui ont visité la source de la Loire au Mont gerbier de Joncs, ils savent que c'est un tout petit filet d'eau qui est à l'origine du plus long fleuve de France.

 

Cette anecdote illustre bien cette parole de la Bible: " A celui qui a soif, je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement" dit Jésus, (Apocalypse 21/6) et cette parole nous invite tout simplement à "remonter à la source". Ce que nous devons faire constamment, car la pollution guette non seulement la nature et l'atmosphère, mais aussi la morale, les relations humaines, la lecture de la Bible, et la vie spirituelle.

Nous sommes invités à "remonter à la source" lorsque nous entendons des propos douteux sur une personne, car, en vérifiant bien l'origine de ces paroles, nous nous rendrons vite compte que les faits ne sont pas tout à fait tels que nous les avons entendus.

Il est bon aussi de "remonter à la source" de nos connaissances au plan culturel, pour approfondir les choses apprises autrefois, et qui sont seulement des souvenirs superficiels. ( lectures, visites de Musées... )

Mais surtout, il est bon de "remonter à la source" dans le domaine de la foi. Il nous arrive parfois d'être lassés ou déçus, nous n'avons plus envie de prier.

" A celui qui a soif, dit Jésus, je donnerai de la "Source"...Gardons notre soif, et remontons vers "la source" qui est Jésus-Christ. Lui seul reste une eau pure et jaillissante qui désaltérera notre cœur.

Cette démarche de foi est à recommencer souvent, en demandant à DIEU de purifier nos pensées et nous redonner de nouvelles forces.

 

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© Pauline Etcheverry - Auteur